Pas de valise, donc, pas de pyjama, pas de rasoir, pas de linge de rechange et... pas de cadeaux pour les proches. Et au numéro de téléphone des bagages de British Airways, pas de réponse. Bien sûr, devrais-je dire, tant il est évident que cela doive mal fonctionner. C'est ce que je ne voudrais pas avoir à dire mais que je suis bien obligé de constater. J'appelle 50 fois, entre diverses activités matinales, et c'est tantôt occupé rappelez ultérieurement tantôt libre et sans réponse. Mais c'est samedi, bien sûr, et demain dimanche !...

En sortant, suis presqu'arrosé par un nettoyeur de rue muni d'un karcher géant (j'en verrai plusieurs autres dans la journée — Paris semble hystériquement nettoyée, ce qu'Isabelle confirmera plus tard...). Au Monoprix des Gobelins pour le minimum vital. Une carte de téléphone (pour continuer mes tentatives d'appel) après dix minutes de queue dans un tabac surenfumé de joueurs de divers jeux de La Française des jeux — l'espoir fait vivre... l'Etat.
Plus loin, j'achète Les Inrockuptibles, avec un supplément de 18 extraits des meilleurs livres de la rentrée, disent-ils, et Christine Angot en couverture. Elle a bonne mine. Je lis son extrait et comme d'habitude, j'accroche tout de suite. Je n'ai pas de problème avec la textualité d'Angot, au contraire.

Rendez-vous avec Cécile devant le MK2 Bibliothèque — chasse aux nuages en l'attendant. L'exposition consacrée à Michel Butor est très belle et très bien faite, très décomplexante, elle rend compte du foisonnement butorien et donne envie de s'y plonger (alors que la longueur de sa bibliographie déconcerte). Tout près de l'exposition, l'achalandage de la librairie en Butor est surprenant, sans doute pas mal d'ouvrages très difficile à trouver ailleurs. Avis aux amateurs... Hélas pour moi, ce n'est pas le moment d'accumuler du poids. Je prends deux catalogues de l'exposition et, à l'autre bout de la librairie, l'unique exemplaire de Rendez-vous.

Cécile et moi allons grignoter quelque chose de chinois rue de la Roquette en attendant l'arrivée d'Isabelle — l'Isabelle de Zazieweb, bien sûr. N'ayant aucune nouvelle de ma valise, s'ajoute au plaisir de nos retrouvailles au Café de l'Industrie la nécessité d'obtenir un rasoir (et un rasoir électrique car il ne m'est plus possible depuis longtemps d'utiliser autre chose), ce qui nous décide à traverser bavardeusement le Marais jusqu'au Darty de la place de la République, où j'obtiens satisfaction à l'heure pile (et sans se mouiller, une ondée s'étant abattue) de la fermeture !

Quelque peu fourbus par la marche, on ne résiste pas à la proposition de monter voir le nouvel appartement d'Isabelle (c'est entre chien et loup, avec vue imprenable quoique distante, sur la Tour Eiffel, Beaubourg et le Sacré-Cœur, et des petites rues de mon enfance, là, juste en bas, du temps où grand-mère habitait rue Volta...).
Et pendant qu'on y est (et que la maîtresse de maison n'a plus guère envie de sortir), on dîne à quatre à la bonne franquette (j'ai même l'honneur de découper le canard rôti) en causant réseau, souvenirs de Cerisy, contacts gardés, évolutions actuelles du web, comportements aberrants de commentateurs dans divers sites, fausseté de la plupart des restaurants japonais de Paris, et accessoirement du Japon ou de mes mésaventures britishairwaysques.