Chez mon père, déjeuner rapide. J'y suis pour tri d'affaires m'appartenant. Cinq ou six cartons, plus quelques babioles. Deux heures plus tard, grand sac pour la poubelle, et trois cartons à conserver. Je repars avec des chaussures de sport (elles étaient là, les chaussures de sport que je cherchais dimanche dernier) et une photocopie intégrale de la Corde raide de Claude Simon (1947), ce qui va me permettre de retrouver les italiques (personne ne s'étant manifesté depuis mon appel...).

Soir. Titine me demande de lui photographier une belle de nuit bicolore sur le balcon. En attendant le retour de Michel, on s'est loué Ring 2 (film japonais de Hideo Nakata, 1998, à ne pas confondre avec les remakes américains). On s'endort l'un après l'autre ou en même temps. On n'en voit que des bouts et ça ne fait pas du tout peur.

Lu dans le train de banlieue, cet après-midi, avec peut-être un début de réponse à mon questionnement de jeudi.
« Nous nous retrouvions au Mazarin, à l'ouverture duquel Simon avait participé et dont il faisait bon nombre de fermetures. Nous commencions à boire et à manger à deux ou trois pour finir à quinze et plus.
— À boire, ou je tue le chien.
— Bistrotier, apporte-nous ton mauvais vin.
— Francis, sers ta belle clientèle, elle a soif, disait Simon.
— Francis, t'occupe pas des touristes, ils ne reviendront pas. Ta nourriture est trop pitoyable. Sers-nous. Nous qui sommes là hiver comme été.
[...] Simon savait boire et il m'apprit. Il vivait en seigneur, travaillait par périodes, disposait de grandes plages pour boire avant de s'y remettre. Tony le retrouvait donc là, accompagné d'amis qu'il nous présentait par le prénom, ou embarquait tout le monde. Je suivais. Cette compagnie me satisfaisait ; je disposais de peu d'argent mais je ne m'en parlais pas. Tous me semblaient très adroits en reparties et faits d'amour, tenant bien l'alcool et vivant sur des revenus mystérieux ou de rentes.
[...] La compagnie du Mazarin, plutôt masculine, ne se renouvelait qu'en poivrots et Tony se targuait de filons de fiancées dans des quartiers capitaux où les gens faisaient des vraies choses avec plein d'énergie. C'était son mot.»
(Alain Sevestre, Le Slip, p 55-56.)