Impressionnant article de Jérôme Pintoux sur Alain Bashung, Un Dandy fuligineux. C'est tout ce qu'il est resté de mes lectures matinales. Et puis je l'avoue, j'ai beaucoup de retard dans l'agrégateur. Et tellement d'émissions de France Culture à rattraper... Puis courses et téléphonages de fin de séjour qui commence, hélas.

Aux Tuileries, d'étranges touristes sur d'étranges machines arrivent par la place de la Concorde. Les grilles m'empêchent de les photographier quand ils sont encore perchés dessus. Ils en descendent pour entrer dans les jardins, leur machine à la main. N'y voyant que deux roues, je me demande comment cela tient debout. Quelqu'un connaît-il ces engins ?

Déjeuner avec Nathalie Jungerman chez Véry. Le tarama n'y est pas mauvais, même s'il n'arrive pas à la cheville de celui que je prends chez Sitia (5, rue de Bazeilles). Que Cerisy nous semble proche, dans ce cadre végétal ! Nous faisons le tour de nos lectures. Elle boucle une Florilettres ces jours-ci, toujours passionnée — et passionnante — de poste et de correspondances. Elle me fait regretter de ne pas être en France pour Grignan et Manosque.

Détour par le Bon Marché pour la réserve de thé Kusmi que j'emporterai à Tokyo dimanche.

Puis, pendant qu'on travaille, Michel et moi, la soirée s'ordonne (par téléphone) autour du rendez-vous que j'avais pris avec Philippe De Jonckheere : Constance peut venir, puis Nathalie, Michel aussi.
L'un après l'autre, à trente minutes d'intervalle, ils arrivent à la terrasse du Monge où Constance nous offre des exemplaires vintage de 00h00.com — et ne nous offre pas le premier pdf jamais réalisé en littérature française, en 1997 si j'ai bien vu, celui de Candide, qu'elle garde dans sa collection personnelle.
Le temps s'est nettement rafraîchi, on ne dînera pas en terrasse.

Michel nous emmène à l'Huître et demie, rue Mouffetard. La carte est axée poisson, mais je n'ai pas la tête à la marée, j'opterai pour le rumsteack au poivre vert (tout à fait acceptable, avec un gratin dauphinois de bon aloi).
Il est beaucoup question des activités réticulaires de chacun, de nos croisements et accointances webiques (il y a très très longtemps, sur la liste Balzac-L, si je me souviens bien, j'avais appelé ça la post-webance, aujourd'hui encore nullax de Google, c'est dire le peu d'influence que j'ai, et c'est très bien comme ça).
Ces discussions, en relation pour moi avec une actuelle réflexion sur la nature ontologique de l'intimité, m'ont fait prendre conscience d'une forme de réserve ou de complexe dans mon rapport à l'image de l'autre. Par respect de celles et ceux que je photographie mais aussi pour m'éviter certains effets pervers de la mise en ligne, j'en suis venu à presque proscrire de mes pages les photos de portrait, au détriment de détails, de silhouettes, d'à-côtés comme les plats des restaurants (dont je sais qu'ils énervent bien des lecteurs). J'ai ainsi des centaines de photos sublimes de diverses personnes (ou des photos de diverses personnes sublimes) mais je ne les diffuse pas, sauf au coup par coup, en envoi privé.
Ma thérapie commence donc aujourd'hui, après accord dûment demandé à Nathalie et à Constance (et obtenu, je les en remercie). Je ne demande pas l'accord de Philippe, on en a parlé. Ni celui de l'écrevisse, pourtant ici morte et obscène.

La bouillabaisse que propose le restaurant est en effet, de l'avis d'une Marseillaise, loin d'en être une. Ce que nous pouvons vérifier par la charte (à comparer avec la photo).
Philippe, tu n'as donc toujours pas mangé de véritable bouillabaisse ! Mettons cet objectif à notre prochaine rencontre, en novembre, si tu veux bien.
En revanche, Constance le savait. Mais d'autres propos nous ont tellement portés ailleurs qu'il n'en a nullement été question pendant.
Et puis j'ai très bien dormi.