Je ne sais pas comment commencer. Peut-être par le matin. Donc matin, rien.
Midi. Une heure, en fait. Je fais des pâtes, sauce parfaitement réussie avec deux grosses tomates, ail sauté, huile d'olive, sucre, sel, poivre, poivre de Cayenne, coriandre et, en fin, des tomates séchées à bien écraser dans la sauce. Et puis ça me fait des sucres lents pour après. On ne laisse rien dans la casserole. Ensuite, on travaille ou on essaie.
Vers 17h45, il bruine depuis quelques heures. L'étudiant français qui a repris l'appartement d'Arnaud au bout du couloir frappe à la porte, mouillé, en T-shirt, slip et pieds nus... Il explique. Il fumait une cigarette sur son balcon et le loquet un peu lâche de la porte-fenêtre a tourné... Il a escaladé le balcon, a descendu un étage, fait le tour du bâtiment et le voilà, désemparé. On le fait entrer, T. propose de téléphoner à un serrurier — alors qu'elle est en train de rédiger son discours de mardi — et commence à chercher des numéros (je rappelle que c'est dimanche soir). Je vais sur notre balcon pour voir si l'on ne pourrait pas glisser quelque chose entre les deux portes-fenêtres pour faire tourner le loquet de l'extérieur. Un objet fin et dur est bloqué par une rainure, mais un fil de fer un peu sérieux devrait se courber et passer la rainure pour atteindre le loquet et le faire descendre... Pas chez nous parce qu'il est un peu dur. Après plusieurs tests, je décrète que ça doit le faire. En théorie. Pendant ce temps, T. a pris des tarifs et on est prêt à fixer le rendez-vous. Le voisin veut tenter le coup du fil de fer, on demande quelques minutes au serrurier. Et le voilà reparti — je ne l'accompagne pas parce que je prépare mon sac — faire le tour du bâtiment, escalader son balcon et — un moment passe — revenir frapper à notre porte... après avoir réussi avec le fil de fer, un gros trombone déplié, en fait. Et une bonne bouteille de vin en cadeau pour nous. T. décommande le serrurier et j'ouvre la bouteille, un Rouge Cabernet & Le Noir Négrette 2004, du comté tolosan. On sert dans des verres à pied en faisant les présentations (on ne se connaissait que de vue). Je finis mon sac, aussi (j'y mets Le Slip de Sevestre mais j'oublie d'y mettre un slip de rechange, je ne m'en rendrai compte qu'après, bien sûr). Vers 18h45, le voisin retourne normalement chez lui, bien content. Peut-être même qu'il va essayer d'arrêter de fumer. Cinq minutes après, je pars, laissant T. dîner seule et finir son discours.

Squash, c'est le squash. Au Do Sports de Shinjuku. Thomas et moi avons réussi à fixer cette date et à s'y tenir. Je suis allé au sport hier pour me remettre en train, vérifier les muscles, le souffle et tout (puisque je n'avais rien fait depuis un mois, sinon marcher dans Paris). J'ai mangé des pâtes au déjeuner exprès. Et je me dis que c'est peut-être bien le verre de vin de Frédéric, le voisin, qui va faire la différence (euphorie + calories). Eh bien, ça n'a pas raté ! J'ai battu Thomas 17 à 15. Une seule partie qui a duré près de trente minutes, avec beaucoup de changements de service. Mais au bout de vingt minutes, Thomas, qui place mieux ses balles que moi, qui rattrape mieux dans les coins, qui anticipe aussi très bien, Thomas n'a plus de souffle. Christine passe nous faire un coucou et s'inquiète un peu pour lui. Je remonte de 9-12 à 12-14, puis on reste un bon moment sur 14-15, 15-14. Finalement, j'en place quelques dernières quand Thomas est plié en deux, cherchant de l'air... Moi, rien. Ni hypoglycémie, ni soif, ni genou qui claque, même pas essoufflé. On dirait un autre.
Ensuite c'est bain chaud, bain froid, sauna, bain froid et retour en métro tous les trois. J'ai mis mon pantalon sans slip. J'explique pourquoi à Thomas et Christine qui me racontent ensuite leur journée, assez mouvementée aussi. Assiette froide à la maison, en trois fois le temps de la version ultra-courte du Big Lebowski.
Un dimanche enlevé.