Des écrans et la cause
Par Berlol, mercredi 27 septembre 2006 à 23:58 :: General :: #405 :: rss
La présence d'un ancien combattant et de deux acteurs du film au 20-heures de France 2 hier soir m'ont ému et amusé ; je n'aurais pas voulu manquer ce moment-là — qui était pour moi celui du petit déjeuner.
Mais ce n'est pas tout ! Passons à Ce soir ou Jamais — que je regarde en dînant. Grosse surprise : faire fort une première fois, comme lundi (lien direct vers la vidéo), c'est exceptionnel, mais faire aussi fort dès le lendemain, pour de la télévision, c'est miraculeux ! Dans cette deuxième émission, on a d'abord eu droit à un débat sur le cinéma et les séries télé, gentiment chahuté par des metteurs en scène qui semblaient tout droit sortir du Mazarin un jeudi, mais quand même intéressant. Puis une interview d'Amélie Nothomb (qui a de très belles reparties et l'intelligence de considérer la Princesse de Clèves comme un grand livre érotique) et un entretien poétique et républicain avec Abd Al Malik, avant d'en arriver au débat final sur... Indigènes, avec réalisateur, acteurs et quelques autres intervenants — où l'on essaie de départir le film en tant qu'œuvre à projeter sur des écrans et la cause qui va faire son chemin dans la société, là encore de façon vive et constructive. Il faudra quand même attendre la fin pour qu'Anna Moï rappelle l'étymologie du mot indigène, qui veut qu'un étranger s'adressant à des Français en France parle à... des indigènes.
Malheureusement, je ne verrai pas le film tout de suite mais je devrai subir tout
son bruit médiatique... ce qui pourrait gâcher mon futur plaisir. Bah..., il
ne faut pas s'en faire, et puis il y a tellement de livres à lire. Ce que je
n'ai même pas le temps de faire : les jours de reprise des cours sont
assez chargés. Surtout quand il y a en sus une réunion, comme c'est le cas
aujourd'hui. Alors je me contente de quelques blogs...
Darrieussecq,
dans Télérama, avouant que Duras était le premier auteur vivant qu'elle ait
lu, puis la dénigrant pour valoriser son propre « métier »
d'écrivain — ce qui doit être indiciel de ce pourquoi je n'apprécie pas
ses livres. Pour effacer cette bêtise, commande d'un livre
sur Échenoz, annoncé sur Fabula et qui a l'air passionnant. Début de
téléchargement des œuvres
de Daniel Defoe, je me dis que j'arriverai bien à en lire une ou deux
avant d'être à la retraite...
Enfin, je renonce à aller au sport. Il vaut mieux me reposer en prévision de demain et aller retrouver le plaisir d'ouvrir un livre au lit... (L'internet ne me fait pas oublier ça.)
Commentaires
1. Le mercredi 27 septembre 2006 à 12:00, par caroline :
Darrieusecq dénigre Duras ? Ca fait mal... Quant à télérama, nouvelle formule ou pas, c'est pas pour moi.
2. Le mercredi 27 septembre 2006 à 15:11, par brigetoun :
l'histoire d'Indigènes il se trouve que je suis familialement assez bien placée pour la connaître, mais si le coté un peu cabotin de Djamel Debouze peut faire passer, outre la revalorisation, le fait qu'il s'agit de français à partir du moment où ils en décident ainsi.. Ce que je retiens de cette émission ce sont les textes de Abd al Malik, surtout le premier, assez remarquables
3. Le mercredi 27 septembre 2006 à 15:34, par cgat :
quant on lit ses propos md ne dénigre absolument pas md : elle affirme simplement se sentir plus proche de sarraute ou ernaux et avoue (avec un peu de regret il me semble) être "moins folle" que duras
quant à taddeï, même si une quotidienne culturelle est une bonne chose, je trouve qu'"exceptionnel" et "miraculeux" sont des qualificatifs un peu excessifs
4. Le mercredi 27 septembre 2006 à 16:22, par Berlol :
Oui, avec "exceptionnel" et "miraculeux", j'ai bien conscience d'être allé dans l'hyperbole, mais c'est celle de quelqu'un qui n'a vu évoluer la télé française que de loin et avec peu de sympathie pour tous ces nouveaux présentateurs et nouvelles présentatrices (hormis Yves Calvi que j'ai dit apprécier), les anciens itou d'ailleurs (Ardisson et Durand, mon dieu...). À chaque passage en France, j'essaie de voir un peu comment ça change, le PAF, et je n'ai presque que des mauvaises surprises. Alors, pour une fois ! Que les métropolitains me pardonnent... Et puis, on verra sur la durée...
En revanche, pour MD par MD, il y a bien dénigrement. Moi, je vais te dire qu'adolescent j'ai beaucoup aimé "E=Mc², mon amour" de Patrick Cauvin, c'était le premier auteur vivant que je lisais, mais que bon, ensuite, j'ai découvert autre chose (i.e. la vraie littérature), par exemple Sarraute et Claude Simon et qu'à partir de là j'ai su ce que je voulais et que maintenant j'ai une belle vie bien calée... Si je dis cela, il n'y a pas un tout petit peu de dénigrement envers Cauvin... Voilà, Darrieussecq n'emploie pas directement de "mots" pour dénigrer Duras mais le mouvement de son texte est bien celui-ci.
5. Le mercredi 27 septembre 2006 à 16:25, par Berlol :
Le deuxième texte d'Abd Al Malik commençait par un couplet de "chez ces gens-là", puis brodait en récupérant quelques bouts de "Jef", donc hommage à Brel, au passage. Une belle performance, qui plus est en direct !
6. Le jeudi 28 septembre 2006 à 01:50, par cgat :
je persiste à trouver que tu déformes un peu le propos de marie darrieussecq : ce que moi je lis (et ressens) c'est que le modèle duras (totem, dit-elle) est pour une femme écrivain très lourd à porter (en partie d'ailleurs pour des raisons extérieures à l'écriture) : je trouve plutôt honnête de la part de darrieussecq d'avouer qu'elle ne parvient pas à brûler toute sa vie sur l'autel de l'écriture ; il y a tant d'écrivains qui affichent en la matière des postures qui justement ne sont que des postures
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