Quand je parlais, il y a un an et demi, de la future et lointaine sortie du film Indigènes, j'étais loin d'imaginer d'abord qu'il aurait un tel succès à Cannes, qu'il ferait maintenant la une des journaux et des télés, que les politiques s'en empareraient (pour de la poudre aux yeux ou pour une véritable revalorisation ?) et qu'il susciterait autant de débats polémiques... J'espère surtout qu'il marchera bien en salles, tout simplement, suis-je tenté de dire.
La présence d'un ancien combattant et de deux acteurs du film au 20-heures de France 2 hier soir m'ont ému et amusé ; je n'aurais pas voulu manquer ce moment-là — qui était pour moi celui du petit déjeuner.
Mais ce n'est pas tout ! Passons à Ce soir ou Jamais — que je regarde en dînant. Grosse surprise : faire fort une première fois, comme lundi (lien direct vers la vidéo), c'est exceptionnel, mais faire aussi fort dès le lendemain, pour de la télévision, c'est miraculeux ! Dans cette deuxième émission, on a d'abord eu droit à un débat sur le cinéma et les séries télé, gentiment chahuté par des metteurs en scène qui semblaient tout droit sortir du Mazarin un jeudi, mais quand même intéressant. Puis une interview d'Amélie Nothomb (qui a de très belles reparties et l'intelligence de considérer la Princesse de Clèves comme un grand livre érotique) et un entretien poétique et républicain avec Abd Al Malik, avant d'en arriver au débat final sur... Indigènes, avec réalisateur, acteurs et quelques autres intervenants — où l'on essaie de départir le film en tant qu'œuvre à projeter sur des écrans et la cause qui va faire son chemin dans la société, là encore de façon vive et constructive. Il faudra quand même attendre la fin pour qu'Anna Moï rappelle l'étymologie du mot indigène, qui veut qu'un étranger s'adressant à des Français en France parle à... des indigènes.

Malheureusement, je ne verrai pas le film tout de suite mais je devrai subir tout son bruit médiatique... ce qui pourrait gâcher mon futur plaisir. Bah..., il ne faut pas s'en faire, et puis il y a tellement de livres à lire. Ce que je n'ai même pas le temps de faire : les jours de reprise des cours sont assez chargés. Surtout quand il y a en sus une réunion, comme c'est le cas aujourd'hui. Alors je me contente de quelques blogs... 
Darrieussecq, dans Télérama, avouant que Duras était le premier auteur vivant qu'elle ait lu, puis la dénigrant pour valoriser son propre « métier » d'écrivain — ce qui doit être indiciel de ce pourquoi je n'apprécie pas ses livres. Pour effacer cette bêtise, commande d'un livre sur Échenoz, annoncé sur Fabula et qui a l'air passionnant. Début de téléchargement des œuvres de Daniel Defoe, je me dis que j'arriverai bien à en lire une ou deux avant d'être à la retraite...

Enfin, je renonce à aller au sport. Il vaut mieux me reposer en prévision de demain et aller retrouver le plaisir d'ouvrir un livre au lit... (L'internet ne me fait pas oublier ça.)