Vite dans le débat troll et stérile
Par Berlol, vendredi 29 septembre 2006 à 23:58 :: General :: #407 :: rss
« Pour
entrer dans le soir, je vous invite à lire mes textes comme formant une seule
et même tentative, celle de situer, sur chaque face des œuvres ou des problèmes
étudiés, la brisure symbolique entre l’élément plastique et l’élément
graphique de la pensée. Je cherche en effet à lier la question de la
structure différentielle de la forme et, à l'inverse, celle de la structure
formelle de la différence à l'énigme du rapport entre figure et
écriture. Je tente de comprendre, avec toute la constance dont je suis
capable, les relations de transformation entre les deux et la raison
pour laquelle le dialogue entre forme et écriture s'impose
justement comme une structure.» (Catherine
Malabou,
La Plasticité au soir de l’écriture / Dialectique, destruction,
déconstruction, Paris : Éditions
Léo Scheer,
2005, p. 16)
Quand j'ai lu ça, je n'y croyais pas. Je me suis frotté les yeux. J'ai relu, plusieurs fois (faites-le aussi, vous verrez). J'étais posté devant le grand Laox d'Akihabara, j'attendais Jean et Masako pour acheter quelques babioles électroniques, et ce que je lisais était en train de me transpercer de part en part de sa justesse, de m'éclairer de l'intérieur sur mon propre questionnement mieux que ne le faisait le soleil caressant de la fin septembre. Des foules traversaient l'avenue, puis cédaient la place perpendiculairement aux voitures qui à leur tour...
J'ai vécu le reste de la journée dans la tranquillité de cette révélation. Jean a choisi un I-River d'un giga de mémoire et équipé d'un micro (j'ai vu d'ailleurs ce que je pourrai bientôt ramener à Cécile). Nous avons rejoint T. au Saint-Martin où il n'y avait plus de poulet-frites mais du très consolant gigot d'agneau. Un voyage en Grèce s'est esquissé pour l'année prochaine (Jean travaille à Athènes, où il retourne demain), ce qui a atténué la tristesse de se quitter quelques instants plus tard. Puis je suis revenu à la maison et me suis enfermé pour travailler.
J'en suis sorti pour dîner et regarder l'émission Ce soir ou Jamais d'hier soir. Fred Vargas était là, un peu décevante, pour parler de Battisti et non de littérature — elle voudrait surtout que cette affaire finisse pour ne plus avoir à s'instrumentaliser elle-même. Amusement (non moqueur) ensuite des débats sur Emmanuelle, film qui a plus de trente ans... Sylvia Kristel, Just Jaeckin, Jean-Pierre Mocky, Catherine Breillat sont là, tentent d'en parler, de ce qui s'est passé (ou pas) depuis, mais on retombe vite dans le débat troll et stérile de la différence entre érotisme et pornographie. Alors je salue à la Dubuffet et je retourne à Malabou.
Commentaires
1. Le vendredi 29 septembre 2006 à 08:53, par Dom :
Derrida et Malabou, c'est l'histoire qui se répète en farce. Ohimè !
2. Le vendredi 29 septembre 2006 à 23:41, par caroline :
Alerte à Malabou !
3. Le samedi 30 septembre 2006 à 01:58, par brigetoun :
je tourne autour de ces phrases - et mon esprit fatigué est séduit mais non pas éclairé par une révélation comme le votre, c'est comme une coquille dans laquelle je ne peux pas entrer - sauf à leur trouver une parenté avec Dubuffet ou est ce l'allusion à ce dernier qui me ferme l'accès ?
4. Le samedi 30 septembre 2006 à 04:16, par cgat :
j'aime beaucoup la façon dont Catherine Malabou mêle dans ses livres des disciplines très diverses et j'ai trouvé très belle son idée de "soir de l'écriture" (temps de mélancolie et de métamorphose)
je conseille aussi "Que faire de notre cerveau?" (Bayard, 2004) où elle s'intéresse à ce que les sciences du cerveau ont à dire sur la notion de plasticité
5. Le samedi 30 septembre 2006 à 04:58, par vinteix :
Je ne suis pas non plus vraiment pénétré par "le miracle" de ces phrases de C.Malabou... Au passage, la lecture de Derrida me semble plus "simple", plus claire. Quel est ce "dialogue entre forme et écriture" ? Il semberait (?) qu'on en revienne à une manière de penser assez structuraliste... mais peut-être me trompe-je. Je dis ceci très vite, m'appuyant seulement sur deux ou trois phrases, et cela demanderait encore réflexion...
Peut-être songeais-tu, Berlol, en lisant ces phrases à ta propre pratique de l'écriture littéRéticulaire ? à cette "forme" ou "figure" particulière que constitue l'écriture d'un blog ? J'aimerais bien que tu nous éclaires en retour sur ta propre illumination d'hier ? Pour un peu, on te verrait presque en Claudel sous les voûtes de Notre-Dame ! Hi ! hi !
Par contre, "le soir de l'écriture" me semble aussi très beau et propice à pas mal de méditations...
6. Le samedi 30 septembre 2006 à 05:10, par le consul :
le propre des revelations c est quelles sont personnelles... ensuite on essaye de convertir les autres, ceux qui n ont pas ete eclaires...
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