Couché à 4h15 en n'ayant fini qu'à 80 % ce que je voulais achever d'écrire... Pas si mal. N'oublions pas que le mieux est l'ennemi du bien. T. avait d'ailleurs donné ce proverbe à une de ses anciennes étudiantes qui est maintenant dans une école de couture réputée. La phrase, en français accompagnée de sa traduction, a fait le tour de la classe et... a été prononcée quand un exercice difficile n'avait pu être mené parfaitement à bien — et l'enseignante estomaquée de demander qui leur avait dit ça... Puis elle aurait reconnu que ce n'était pas si faux...

Avec retard, j'ai écouté Jonathan Littell dans les Matins de France Culture du 22 septembre... C'était intéressant, le personnage est agréable et son projet pas né d'un conseil de marketing. Ceci dit, au terme de l'entretien, je n'ai pas été conduit à vouloir lire son livre. J'en essaierai quelques pages quand il passera à ma portée, pour me faire par moi-même une idée de cette écriture.

En début d'après-midi, suite du colloque Beckett. Je retourne au centre de conférences de Waseda et assiste à trois interventions instructives sous la présidence d'Évelyne Grossman (Fujiwara Yo, Julia Siboni, Mireille Raynal-Zougari), puis, après une pause café et alors que la pluie forcit dehors, trois autres interventions (Agnieszka Anna Tworek, Ôno Manako) dont celle de Bruno Clément, intéressante par la perspective vingtiémiste dans laquelle il replace Beckett, mais qui n'a rien d'originale à mes yeux. Ma mention spéciale pour l'originalité, justement, et la fraîcheur du propos va sans conteste à la camarade Manako qui a su faire entendre les voix des Actes sans paroles, les faire résonner comme des moralités des anciens temps, se démarquant ainsi des étiquettes absurdistes qui collent encore un peu aux basques de Sam. Pince-sans-rire, elle nous a dit aussi que « la carotte n'est pas infinie...»
Car dans Actes sans paroles II, ils sont deux et, parmi les péripéties, mangent l'un après l'autre d'une carotte. Ces péripéties proviennent de machines qui n'ont pas de raison de s'arrêter. Tandis que la carotte, elle... 

En soirée, de retour sur France Culture, Beckett encore, grâce à Tom Bishop et Raymond Federman dans Ça me dit, l'après midi, l'émission de Frédéric Mitterrand que j'écoute pour la première fois. Il est un peu cabotin, le Mitterrand, non ? Il flatte deux ou trois fois Tom Bishop qui, pas vaniteux pour deux sous, le remet à sa place. Parce qu'un public le voit là où l'émission est enregistrée, il se croit à la télé... Déjà, le titre de l'émission...
Enfin, il y a quand même de bons moments beckettiens, des lectures — il faudrait juste réussir, en écoutant cela, à ne pas trop se détendre.