dimanche 1 octobre 2006
La carotte n'est pas infinie
Par Berlol, dimanche 1 octobre 2006 à 23:59 :: General
Avec retard, j'ai écouté Jonathan Littell dans les Matins de France Culture du 22 septembre... C'était intéressant, le personnage est agréable et son projet pas né d'un conseil de marketing. Ceci dit, au terme de l'entretien, je n'ai pas été conduit à vouloir lire son livre. J'en essaierai quelques pages quand il passera à ma portée, pour me faire par moi-même une idée de cette écriture.
En début d'après-midi, suite du colloque Beckett. Je retourne au centre de conférences de Waseda et assiste à trois
interventions instructives sous la présidence d'Évelyne Grossman (Fujiwara
Yo,
Julia Siboni,
Mireille Raynal-Zougari), puis, après une pause café et alors que la pluie forcit
dehors, trois autres interventions (Agnieszka Anna Tworek, Ôno Manako) dont celle de Bruno Clément,
intéressante par la perspective vingtiémiste dans
laquelle il replace Beckett, mais qui n'a rien d'originale à mes yeux. Ma mention spéciale pour l'originalité,
justement, et la fraîcheur du propos va sans conteste à
la camarade Manako qui a
su faire entendre les voix des Actes sans paroles, les faire résonner
comme des moralités des anciens temps, se démarquant ainsi des étiquettes
absurdistes qui collent encore un peu aux basques de Sam. Pince-sans-rire,
elle nous a dit aussi que
« la carotte n'est pas infinie...»
Car dans Actes sans paroles II, ils sont deux et, parmi les
péripéties, mangent l'un après l'autre d'une carotte. Ces
péripéties proviennent de machines qui n'ont pas de raison de s'arrêter.
Tandis que la carotte, elle...
En soirée, de retour sur France Culture, Beckett encore, grâce à Tom Bishop et Raymond
Federman dans
Ça me dit, l'après midi, l'émission de Frédéric Mitterrand que j'écoute pour la première fois.
Il est un peu cabotin, le Mitterrand, non ? Il flatte deux ou trois fois
Tom Bishop qui, pas vaniteux pour deux sous, le remet à sa place. Parce qu'un
public le voit là où l'émission est enregistrée, il se croit à la
télé... Déjà, le titre de l'émission...
Enfin, il y a quand même de bons moments beckettiens, des lectures — il
faudrait juste réussir, en écoutant cela, à ne pas trop se détendre.