Un tumulte de paroles (pour FB...). Des bambous dans les coins. Comme des franges noires au bord des sables. Un gamin portant une torche. Aller vivre chez les anthropophages ! (Intratext est un des plus beaux outils de concordance disponibles.)

Prendre la mesure de la crispation d'Alain Finkielkraut est aujourd'hui possible (purée refroidie et rance). Jusqu'à maintenant, à mes yeux tout du moins, il y avait encore de la marge, du discours possible. Or la façon dont il s'est donné en spectacle hier, dans Répliques, l'instrumentalisation flagrante de Marc Weitzmann et de  Jean-Éric Boulin pour rediffuser en automate son aigreur stérile, ont achevé de le disqualifier en matière de pensée. Déjà qu'il n'était pas philosophe, contrairement au sous-titre qu'on lui avait attribué dans Ce soir ou Jamais, mais il n'est même plus penseur. Ce qu'il est ? Comment dire ? Comment dire, sans lui donner matière à se victimiser, puisque l'essentiel de ses paroles entre dorénavant dans cet entonnoir ? Crieur de sa surdité. Oui, ça irait, peut-être, crieur de sa surdité.
Vous verrez, la semaine prochaine, ce sera sûrement pire...

Pendant que je suis sur France Culture, j'en profite pour signaler un abus de langage. Ce n'est pas parce qu'un mot est nouveau qu'on peut lui faire dire n'importe quoi et ramasser les fruits de la branchitude. Dans plusieurs pages d'émission, il est question de « blog », comme ici, chez Science publique. Or, comme on peut le voir en regardant la page de l'émission de la semaine ainsi que celle d'avant et d'après, il n'y a pas vraiment d'interactivité synchrone et seuls les commentaires acceptables sont a posteriori mis en ligne. Le fait que l'on réponde succintement à certains des messages n'en fait pas non plus un blog. Il s'agit d'un « courrier des auditeurs », qui peut être pris en considération avant et après l'émission, et je trouve que cette expression n'a rien de honteux.
Essayer de faire croire à du blog alors que ce n'en est visiblement pas serait plutôt de nature à ridiculiser l'entreprise... Encore une fois, c'est parce que j'apprécie ce genre d'émissions et d'initiatives que j'estime utile de critiquer de la sorte.
Il m'arrive même de m'énerver et de ne rien dire, comme par exemple prétéritif quand je constate un certain manque d'imagination dans les noms d'invités : dans Du grain à moudre du 6, Alain Finkielkraut et Adbelwahab Meddeb, tous deux producteurs d'une émission de la chaîne ; même émission, le 4, Pascal Bruckner, invité récurrent et autre à penser, avec Finkie, qu'il n'a pas assez la parole ; dans Tout arrive du 5, Alain Fleischer et Alain Veinstein, le premier invité pour la centième fois, au bas mot, dans une émission de la chaîne, le second producteur d'au moins deux émissions de la chaîne ; dans la même émission le lendemain, Jean-Jacques Aillagon, invité des dizaines de fois quand il était ministre revient en directeur de fondation. Et on pourrait en relever des comme ça chaque semaine. La maison ronde vit-elle en autarcie ? Est-ce parce qu'on se perd dans les couloirs qu'on invite toujours les mêmes ?
En revanche j'ai bien aimé les Travaux publics du 3 octobre sur la crise de la parole avec Philippe Breton ; il y a une nécessité à réhabiliter la rhétorique, à savoir écouter et réfléchir avant de parler pour argumenter. Comme quoi...

C'était notre journée de chercheurs, sans sortir, préparant les trois repas à la maison, respectant mutuellement le silence (je mets un casque pour écouter la radio), regardant le soleil dehors, le temps de juin encore aujourd'hui, sans qu'aucun chef de bureau ne nous retienne. Nous aimons l'étude. Demain nous aimerons le sport.

« Si jamais, rêve Poil de Carotte, on me donne, comme à grand frère Félix, un cheval de bois pour mes étrennes, je saute dessus et je file.» (Jules Renard, Poil de Carotte, Éd. Pocket n°6051, p. 201)