Ce matin, j'ai mis le dernier livre de Virginie Despentes dans ma prochaine commande Amazon. La vie continue...

Pourtant, il y a deux ans, j'apprenais la mort de Jacques Derrida. Un jour comme les autres, en apparence, où j'avais commencé un cours sur La Mare au diable et revu le film Je t'aime, je t'aime ! d'Alain Resnais.
Deux ans après, d'abord, je n'ai pas du tout l'impression que cela fasse deux ans. Six mois, un an maximum. Mais non, deux ans. Plusieurs livres sont parus sur son œuvre, que je n'ai pas lus. Excepté celui de Catherine Malabou que j'ai commencé et interrompu il y a quelques jours parce qu'il y avait urgence à finir d'écrire un article (envoyé ce soir après ultime relecture). Mais je pense souvent à lui...

Des 9 octobre, il y en a eu d'autres. 1876, première ligne téléphonique. 1906, naissance de Léopold Sédar Senghor. 1947, naissance de France Gall. 1967, mort d'Ernesto Guevara. 1970, mort de Jean Giono. Celui de 1981, avec l'abolition de la peine de mort (Robert Badinter sera d'ailleurs à l'Institut franco-japonais à la fin du mois pour un colloque sur ce sujet — qu'on se le dise !).
La Corée du Nord risque bien de marquer celui de cette année. Si j'ai bien compris les infos, elle a procédé à un essai nucléaire. Et les réponses ne vont pas tarder. Franchement, je plains les Nord-Coréens, d'autant qu'ils ne sont pas vraiment responsables de la scission qui les a fait naître dans ce pays. Si on peut appeler ça un pays.

Jour férié au Japon, calme dans les rues. On sort pour déjeuner au Saint-Martin et nous promener un peu. Puis T. retourne à son travail de correction de coquilles et je vais (comme jour férié, c'est le jour du sport...) au centre de sport à Shibuya, où il y a pas mal de monde, la moitié agglutinés devant des téléviseurs, j'ai d'abord cru à un tremblement de terre en Corée du Nord...
Ça ne m'a pas empêché de bien transpirer. En sortant, je pesais un kilo de moins qu'en entrant. Et j'ai acheté un camembert et des fruits. Et j'ai préparé pour deux une grande salade de légumes. On a regardé un épisode de 24 Heures dans lequel Jack Bauer enlève un Chinois dans le Consulat chinois de Washington et braque un chirurgien en cours d'opération pour l'obliger à s'occuper de son blessé — ce qui veut dire : habituez-vous-y tous, la raison d'État est au-dessus de toutes les lois et de toutes les conventions, elle autorise l'emploi de tous les moyens par celui qui est mandaté et vous devez tous y être préparés... Et comme tout le monde aime Jack Bauer parce que c'est le héros...

« J'accumulais ainsi des notes pour une histoire du sandinisme ou même du Nicaragua. Ou de l'Amérique centrale dans son ensemble. Et éventuellement pour des récits qui rassembleraient un jour lointain certains couples historiques, sur le modèle des Vies parallèles de Plutarque, la vie et la mort de Simon Bolivar et de Francisco Morazán, de Narciso López et de Louis Schlessinger, d'Augusto César Sandino et de Tacho Somoza, d'Antonio de la Guardia et de Roque Dalton, du vrai Che Guevara et du faux, le Che punto-50... Il ne m'échappait pourtant pas, à la présenter ainsi, qu'une entreprise d'aussi vaste envergure devait de loin excéder les modestes forces à ma disposition, et que les précipiter dans une telle aventure équivaudrait à lancer une poignée d'Indiens à l'assaut des tuniques bleues en terrain découvert, ou une poignée de mercenaires au-devant de l'armée hondurienne.» (Patrick Deville, Pura Vida, p. 173-174)