Très au-delà des limites constructeur
Par Berlol, dimanche 15 octobre 2006 à 23:59 :: General :: #424 :: rss
Dans
Jeux d'épreuves d'hier, que j'enregistre ce matin, il était question de King Kong Théorie...
(Et je viens de lire chez
Grapheus
qu'il en avait aussi été question dans
Du Grain à moudre du 9 octobre, que je suis en train d'enregistrer
en rédigeant ce billet — si, si, c'est possible, j'ai lu quelque part qu'avec
les nouvelles technologies, nous compactions près de 40 heures en une
journée...)
Littérairement dans la première émission, sociologiquement et
anthropologiquement dans la seconde, les critiques sont au beau fixe pour
Despentes, fors quelques réserves de Sylviane Agacinski. Je m'attendais à une
levée de boucliers, à de l'orageux façon Gisèle Halimi (peut-être que Virginie
Despentes aussi, qui a renoncé à venir pour faire une télé lyonnaise, nous
dit-on).
Je pensais en recopier des bouts, de l'une comme de l'autre, mais il y aurait
trop à citer, tellement c'est intéressant !
Nous
ne sommes pas sortis aujourd'hui.
Nous avons écrit, lu, discuté, fait la cuisine, la vaisselle, du ménage et du
jardinage. Et même la sieste. En fin d'après-midi, je suis monté au 4e étage
pour faire des photos, voir le chantier monter et bientôt nous cacher le
paysage, couper des plantes grimpantes, ramasser les dernières tomates, celles
qui ne mûriront pas...
T. m'a appelé, alarmée, parce qu'elle venait de constater que nos deux
imprimantes, celle d'il y a cinq ans et celle de février, imprimaient de
travers, ne savaient plus gérer la feuille droite. Nous devons d'ailleurs être
allés très au-delà des limites constructeur, avec l'une comme avec l'autre,
surtout du fait des milliers de pages de la thèse de T.
Donc
recherche en ligne, choix prévisionnel d'une
HP
7810, et décision d'y aller demain...
« Assis là, dans cette gargote de
Sixaola,
j'avais confié à mon tortionnaire potentiel que, parmi le peu d'actions qu'on
ne regretterait pas d'avoir accomplies au moins une fois dans sa vie, il y
avait survoler le Sahara en avion à hélice avec la porte ouverte, traverser
l'Atlantique en voilier, écrire la vie de William Walker, et encore quelques
autres, mais pas tant que ça, finalement, dont nous avons aussitôt entrepris de
dresser la liste en riant de plus en plus fort. Son rêve faramineux semblait
être de se livrer aux fornications les plus complexes à bord d'une navette
spatiale.
— ¡ Pura Vida !, concluait-il, extasié.» (Patrick Deville,
Pura Vida, p. 222)
Commentaires
1. Le dimanche 15 octobre 2006 à 10:56, par brigetoun :
sur Despentes ils donnaient plutôt envie de la lire - m'interessait le Fils unique, à première vue le genre de livres que j'aime bien mais quel dommage d'avoir voulu en faire tant, être le frère de Jean-Jacques et tenté par le coté picaresque oui (en évitant de penser à Tom Jones ou d'autres et de comparer la virtuosité dans la façon de s'incorporer le 18ème) mais pourquoi éprouver le besoin de lui faire rencontrer des personnages célèbres - un peu peur que ça fasse reconstitution historique - on verra
2. Le dimanche 15 octobre 2006 à 11:41, par vinteix :
V.Despentes, je ne l'ai pas lue et n'en parlerais donc pas... mais en même temps tous ces "tapages" panurgiques, moteurs du mercantilisme régnant, ou ces sur-concentrations médiatiques focalisées sur certains titres ou auteurs sont un peu fatiguants, voire écoeurants.
Le fait que les "critiques soient au beau fixe" est d'ailleurs un peu suspect... quoique la tendance générale des critiques semble bien être à la louange.
3. Le dimanche 15 octobre 2006 à 17:28, par Berlol :
C'est que tu n'as pas connu (en un autre monde que tu étais !) les critiques contre elle depuis "Baise-moi". Critiques peu littéraires, au demeurant, où la bassesse le disputait à la méchanceté... Pour une fois, j'ai la certitude que ce n'est pas une orchestration, mais véritablement une bonne surprise.
4. Le dimanche 15 octobre 2006 à 21:08, par vinteix :
Bon, ben, tant mieux... (où étais-je alors, non d'une pipe ?!) Néanmoins, la surconcentration médiatique est (toujours) là.
Sinon, j'ai regardé hier soir l'émission de télé avec le "débat" entre Despentes et Halimi... il est vrai qu'Halimi se ringardisait pas mal, comme tu disais, mais en face, que disait Despentes ? rien, ou presque. Il est vrai que le travail d'un écrivain n'est pas spécialement de répondre à des questions sur un plateau de télé, on en connaît qui sont incapables de sortir un mot, d'autres (rares) qui refusent d'y aller, opposant une fin de non-recevoir et restant dans leur réserve choisie... Peut-être était-ce aussi un peu de la responsabilité du présentateur, bien transparent et foireux sur ce "coup" là.
5. Le dimanche 15 octobre 2006 à 21:50, par vinteix :
A propos, avais-tu remarqué (mais je suppose que oui...) que dans la version en ligne du "Monde", les critiques de livres sont rangées dans la rubrique "Pratique", où se côtoient "Météo", "Jeux", "Voyages", "Shopping", etc.
Signe des temps... et d'un magma, gentiement estampillé "démocratisme", où la littérature est récupérée et pilonnée par le label "loisir"...
Ainsi, avant de partir pour les vacances de Noël, dans quelque non-lieu du tourisme moderne, chacun pourra facilement choisir d'abord son île ensoleillée, réserver ses billets d'avion, vérifier la température de l'eau, acheter son livre de plage (VG ou autre...)... et en attendant le grand départ faire ses mots croisés... tout ceci sans quitter son écran. C'est pas beau le progrès ! (en même temps, soyons juste : "Le Monde des livres" n'en est pas encore à nous présenter son hit parade des ventes et donne encore des comptes rendus d'ouvrages hors du champ commercial dominant...)
6. Le lundi 16 octobre 2006 à 02:11, par brigetoun :
les guides de voyage comportent maintenant une rubrique "livres à emporter" - qui parfois cachent de jolies surprises, surprises de les voir citées là
7. Le lundi 16 octobre 2006 à 02:16, par vinteix :
oui, c'est vrai... je ne critique d'ailleurs pas les guides de voyages... il y en a d'excellents... mais plutôt le magma édulcoré, fourre-tout des temps où l'on consomme les livres, comme de la merde, avec la trivialité des achats quotidiens
8. Le lundi 16 octobre 2006 à 05:44, par vinteix :
...petit mouvement d'allergie misanthropique (face au carnaval médiatique) et de ressassement paranoïaque... conforté et en quelque sorte réamorcé par la lecture vivifiante du jour : "Tout le monde devrait écrire" de Georges Picard, chez Corti.
9. Le lundi 16 octobre 2006 à 07:26, par Berlol :
Oui, je vais le commander, celui-là aussi. Ton emploi du mot "carnaval" m'a rappellé qu'à ses meilleures heures Kristeva travaillait sur le carnavalesque dans le langage des avants-gardes. On peut parfois envier les poètes morts jeunes.
10. Le lundi 16 octobre 2006 à 07:37, par vinteix :
Un des derniers chapitres du livre de Picard s'intitule d'ailleurs "le carnaval social"... vraiment une très fraîche et roborative lecture !
11. Le lundi 16 octobre 2006 à 15:47, par cgat :
tout à fait d'accord avec Vinteix pour recommander la lecture du livre de Georges Picard (en passant)
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