Cette fois, ce n'est pas moi qui le dis (et je doute que ceux que je vais nommer m'aient lu...) : c'est Anne Delbée dans La 107e Minute, c'est Jean-Philippe Toussaint dans La Mélancolie de Zidane (à partir du 9 novembre) et c'est — excusez du peu — Bernard Stiegler dans La Télécratie contre la démocratie. Que disent-ils ? Que le geste délibéré de Zinedine Zidane en finale de la Coupe du monde de football est une chose considérable (au sens propre) et qu'il y avait plus à en penser que la simple condamnation dans laquelle presque toute la presse s'était engouffrée dès le lendemain. Deux sous de jugeote, la presse ne les a pas eus ! À fond dans le pulsionnel, qu'ils habillent de dentelles intellectuelles brodées au point de doxa, ils ont été incapables (des dizaines, qu'ils sont à diriger nos journaux et nos télés !) d'un raisonnement.
« Je pense que Zidane a été assez sublime !... », c'est ce que dit Stiegler dans sa dernière minute avec La bande à Bonnaud (France Inter, le 9 octobre), faisant référence à un propos de son livre — alors qu'il a été question de tout autre chose dans le reste de l'émission. Et comme cette émission n'est plus disponible sur le site, j'en donne ici la partie qui concerne Stiegler, soit 27 minutes, auxquelles j'ai ajouté un petit cadeau...

Là, je suis en train d'écrire ma journée à l'envers ! Bon, tant pis.
Juste avant d'écouter la radio, je regardais en dînant Ce soir ou Jamais d'hier, sans que ça m'intéresse follement, sauf un peu le débat sur la musique classique parce que c'est très rare de donner la parole à la jeune génération dans ce domaine.

Faut dire qu'avant, j'avais passé un bon moment de réalité, en direct, grâce à David qui m'avait emmené à l'Alliance française pour rencontrer, avec quelques collègues, le nouveau conseiller culturel. Après la visite de l'ambassadeur lui-même il y a quelques mois, nous avons l'impression que notre ville devient un enjeu majeur du réseau, ou tout simplement un lieu considérable, pour reprendre le même mot dans le même sens. Juste une prise de contact, donc, un petit geste, comme on dit, mais un geste qui n'avait pas été accompli par ses prédécesseurs, et que nous devons, à notre tour, considérer comme un encouragement à promouvoir la langue française et ses cultures.

En début d'après-midi, me faisant sauter le déjeuner, c'était la rencontre, au secrétariat de notre département, entre nos étudiants de français et trois étudiants français venus perfectionner leur japonais. Quelques boissons, gâteaux et trucs à grignoter, une ambiance un peu protocolaire et artificielle pour commencer, et puis, après une vingtaine de minutes, des conversations qui s'engagent ici et là, timides d'abord, puis quelques rires, des gênes qui s'effacent, des débits de paroles qui gagnent en vitesse, on sollicite ses voisines pour avoir un mot... Alors, nous, les trois quatre profs qui étaient là pour lancer la machine, nous reculons et laissons faire. Certains y seront encore deux heures plus tard quand je repasserai, à échanger des numéros de téléphone...

Ce matin, en arrivant au bureau, j'avais un paquet. Pas tout à fait une surprise, puisque l'ami m'avait prévenu. Mais quand même : un envoi d'un ami prévenant, donc, un collègue de Tokyo qui savait que ça m'intéresserait : une quinzaine de cassettes vidéo d'émissions littéraires vintage, d'Apostrophe à Bouillon de culture, dans ce genre. De quoi occuper intempestivement quelques soirées d'hiver. Merci à toi !