Combien d'horloges
mortes
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Pas grand chose à dire sur un beau jeudi à trois cours. Sinon l'effarement de constater, au hasard, que mes étudiantes du séminaire de cinéma ont vaguement entendu parler d'une révolution quelque part vers 1917, ignorent qu'il s'est passé des choses en France en 1968, tombent des nues quand on leur dit que la génération de leurs grands-parents était, en France et dans quelques autres pays, dont le Japon, celle des hippies, du Peace & Love, de la libération sexuelle et des voyages à Katmandou — Oui ! de leur grand-mère, qui avait 20 ans en 1966 ! (Mais que tous ceux du même âge n'étaient pas tout à fait sur la même longueur d'onde, sans parler des autres âges, et que le virage à droite qui s'en était suivi avait été dur à avaler ; mais ça je ne le leur ai pas dit, ça faisait déjà pas mal...)
Mais pourquoi m'effaré-je, après tout ? Je suis quelque part un peu ici pour (essayer de) remédier à ça... Donc, faisons notre boulot.
(Tout cela pour cadrer un peu Tanguy, pour essayer de voir pourquoi il y a un résidu d'esprit libertaire chez les parents du jeune homme. Jeune homme qui serait, lui, pour le coup, plutôt dans un moralisme d'apparence austère que lui apporte (ou à quoi vient s'ajouter) l'étude du chinois. Et qu'au-delà de la question des trentenaires qui restent chez leurs parents, il y avait du chiasme générationnel jusqu'à la provocation, dans le film de Chatiliez...)

Ce soir ou jamais d'hier, en quatrième semaine. Que pouvait-on attendre d'un débat — ou seulement d'une mise en présence — entre Philippe Sollers et Michel Onfray ? Pour moi, c'était plié d'avance. Ça a commencé mou du genou, délayage et merci à Taddeï qui laisse parler (qui a le temps, ce qui n'est pas si courant à la télé). Bon, pourquoi pas, après tout. Ensuite, on s'attaque aux jarrets. Première escarmouche : Onfray fait allusion directe à l'allégeance papale de Sollers, qui tente de noyer le poison dans du Montaigne, mais personne n'est dupe. Seconde escarmouche, quelques minutes plus tard : Onfray accuse Sollers d'avoir mal (ou pas) lu Heidegger, défend Emmanuel Faye et assène qu'Heidegger a été nazi de 33 à 45. Pour finir, Sollers fait la promotion de Jonathan Littell qui a déjà vendu 250.000 exemplaires mais qui ne serait sans doute pas lu par tous ses acheteurs. Prenez juste le son, si vous voulez. Vous verrez, ça se laisse écouter ! (Et ne me demandez pas ce que j'en pense...)

Je finis là parce que j'ai rendez-vous avec une Christine...