Combien d'horloges
mortes               
          sont mortes
pendues d'en trop        dire

Des quais
                         épars    mais
des quais
que pillent           
les                  oiseaux

* *
*

Non, en dépit de ma ruse de Sioux, c'était bien avec Christine Angot que j'avais Rendez-vous hier soir dans mon lit. Et puis je la retrouvais ce matin au centre de sport, suant aux pédales sans voir passer mes quarante minutes. Lire Angot, c'est comme ouvrir un robinet : ça coule dans la page, ça s'évacue par le corps, et si on laisse la bonde, c'est mort. C'est ce qui déplaît à ceux qui refusent le débit et le bidet...

« Mais mon malaise venait d'autre chose, je me disais : si tu revenais avec Pierre, ça voudrait dire que jamais de ta vie, tu n'aurais eu le courage, tu n'aurais réussi à connecter l'admiration et l'amour, à réunir les deux, à ce que ça ne fasse qu'un. [...]
C'était le dialogue de deux déprimés qui s'étaient aimés, qui s'étaient retrouvés, et qui n'y arrivaient plus. Ni ensemble, ni chacun de son côté.»
(Christine Angot, Rendez-vous, Paris : Flammarion, 2006, p. 41 et 44)

« bele amie, si est de nus
ne vus sanz mei, ne mei sanz vus ! »
(Marie de France, (Lai du) Chevrefoil, vers 1160-1175)

À saisir : un entretien en deux parties avec Hélène Cixous sur la Radio Suisse Romande (Entre les lignes, 16 et 17 octobre), puis autre entretien en deux parties, les deux jours suivants avec Pascal Quignard.

La journée ? Bah, comme un vendredi. Après le sport, déjeuner avec David au Downey ; il se demande lui aussi où on pourrait acheter du temps en gros et combien ça coûterait...
Arrivé à la fac, c'est grave ! Je ne retrouve pas mon transfo d'ordinateur portable. Il a dû rester dans la classe du séminaire hier... Fébrile, accompagné de David qui porte la trousse de premiers secours, j'y vais... et je l'y retrouve en effet, ouf ! — après avoir dérangé un prof anglophone qui marchait plus ou moins dessus sans arrêt en écrivant au tableau. Retour au calme, c'est bon, range la seringue. Puis des courriels auxquels répondre. Un dossier administratif à boucler pour le voyage du mois prochain.
Plus tard dans le train, je fais des transferts de documents, des conversions d'enregistrements audio et je commence à ranger mes notes sur les trois chapitres de Poil de Carotte au programme de demain. Ce que je dois continuer, après le dîner chinois concocté par  T., jusqu'à ce que les paupières m'en plombent.