Voilà une journée, ah que, une par semaine, ça suffit ! Et même, s'il pouvait n'y en avoir qu'une par an, je serais preneur. Trois cours bien tassés, deux dossiers administratifs à faire avancer dans les intervalles, avec des vrais morceaux de japonais dedans, une réunion de département heureusement cerise sur le gâteau fort courte.
Et encore un peu de force pour me translater jusqu'au centre de sport où, pédalant, je lisais Chevillard. Et non Angot, car son livre trop gros entre difficilement dans mon sac et tient mal sur le cadran du vélo statique. Or Démolir Nisard, je l'avais déjà commencé dans le train vendredi dernier (et ne l'avais point celé dans ce journal). Angot restera à la maison, à lire entre canapé et futon (mais ça avance aussi), alors que Chevillard voyage.

« Il se sentait "un peu amoureux éconduit" c'était normal qu'il fasse cette tête, il ne comprenait pas que je ne comprenne pas. Je n'avais pas pris cette clé. Au contraire. J'avais dit : mais alors là je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment tu peux te sentir amoureux éconduit. Je ne comprends pas. J'avais remis la main sur la porte. Et puis je l'avais de nouveau enlevée. Il disait : si, tu dis ça tourne en rond, ne nous revoyons pas puisque ça tourne en rond.» (Christine Angot, Rendez-vous, p. 80-81.)

« La souplesse de son échine est un objet d'envie pour les couleuvres et les limaces qui rampent sous Louis-Philippe. Après avoir soutenu le gouvernement de ce dernier, il passe dans le camp des libéraux, ces volte-face dont il sera toute sa vie coutumier obéissant aux exigences d'un idéal pur et dur entièrement confondu avec l'ambition personnelle et la soif d'honneurs de ce vil courtisan qui fera son chemin sous tous les régimes : certainement il avait assez d'huile dans ses burettes pour graisser toutes les girouettes de Paris. Pensez-vous qu'il le fit ? Oh non ! Tout pour sa gueule ! » (Éric Chevillard, Démolir Nisard, Éd. de Minuit, p. 17-18.)

Oui, petit plaisir de les accoler quand tant les voudraient s'exclure...
À suivre, sur Radio Suisse Romande : Éric Chevillard était hier à l'émission Entre les lignes pour parler de Démolir Nisard (ce dernier lien effectif et précieux car par Bibi bidouillé après constat d'invalidité de celui proposé dans la page officielle).

« Sous ce rapport, j'étais et je suis encore sous l'empire des impressions populaires, lesquelles forment peut-être le fonds le plus sérieux de l'opposition en France, et qu'on n'a jamais pu ni égarer par la diplomatie, ni réconcilier par la paix.» 
Moi aussi, je peux citer Nisard ! Ici, dans sa Lettre au directeur de la Revue des Deux Mondes, publiée dans la revue du même nom en 1836. Et comme il est né en 1806, il y a des gens assez sérieux pour une commémoration universitaire (17 novembre, à l'ENS).

23h50 au Japon. On annonce sur France Info que le Grand prix de l'Académie a été attribué à Jo... Allez, je change de radio, musicale celle-ci, j'écris ça et je me couche.