Tout à fait d'accord avec Chloé : « France 3, Taddeï, là j’étais vraiment contente d’y aller pour voir l’aspect fabrication. A noter que, conformément à ce qu’il a annoncé dans la presse, Frédéric Taddeï n’invite pas les gens pour qu’ils effectuent leur promo dans son émission. J’ai été contactée pour une discussion sur l’art et les jeux vidéo, le bouquin assorti à la thématique date de novembre 2003, donc j’ai apprécié la démarche. Son assistante, Sophia Guellaty, est charmante mais surtout pas conne du tout. Je suis certaine qu’à eux deux, si France 3 ne sabote pas l’émission pour les bienfaits de l’audience, ils vont réussir à sauver un tas de cerveaux humains devenus à leur contact moins disponibles.» (Chloé Delaume, le reste du billet est passionnant, merci Christine !)

Déjeuner avec Manu, comme d'habitude dans ce repaire d'espions qu'est devenu le Champ de Soleil, près Kanda. On prend du waterzooï de poulet — si c'est pas exotique, ça, hein !
On se croirait en juillet, j'ai remis une chemisette !
Je rentre en faisant des courses pour le dîner et me remets au boulot.
Le soir, on regarde quelques épisodes de la série 24 Heures, saison 5. Ça va faire bisquer, en France... Mais je ne dirai rien.

Les détails qui suivent, insérés entre deux épisodes de la nouvelle relation (avec Éric, l'acteur), considérée comme sincère, celle-là, permettent de comprendre la stratégie littéraire de Christine Angot, et pourquoi elle a placé en tête du livre le repoussoir banquier, panneau de vulgarité dans lequel bien des critiques en vue sont déjà tombés.
Et que l'on ne me dise pas que cette écriture n'est pas travaillée, ou qu'il n'y est pas question avant tout de lutte des classes ! (La petite cuillère me rappelle d'ailleurs une célèbre fenêtre à ouvrir, si quelqu'un voit ce que je veux dire...)

« Avec le banquier, j'avais toujours eu honte de cette chambre, qui ne répondait pas à ses exigences. Il se plaignait que la salle de bains était froide, il n'y avait pas de radiateur mais un infrarouge qu'on allumait quand il faisait froid et ça chauffait en moins d'une minute. Je lui disais : mais, tire sur la cordelette, tu vas voir ça va chauffer tout de suite. Il ne le faisait pas, il préférait se plaindre du froid. Ou alors peut-être qu'il ne savait pas tirer sur une cordelette, il ne préparait presque jamais son petit déjeuner lui-même, peut-être qu'il ne savait pas tirer sur une cordelette. Je l'avais vu une fois demander à son gardien à la campagne de lui apporter une petite cuillère qui était à deux mètres de sa main, alors qu'elle était à cinq ou six mètres du gardien lui-même, qui avait dû traverser tout la pièce en diagonale pour aller chercher la cuillère devant le banquier, qui n'aurait eu que deux pas à faire. À propos de ce gardien, il m'avait dit : tu seras gentille avec Joël, c'est quelqu'un d'important pour moi.
[...] demandant des nouvelles de je ne sais qui et en donnant aussi de ses amis à lui que Joël connaissait, pour les avoir servis dans cette maison du Var, de vacances, vers laquelle nous roulions, et qui l'été se transformait quasiment en hôtel, comme Jean-François Mausen, vous vous souvenez Joël, eh bien, il vient d'être nommé président de Auchan, c'est formidable, c'est formidâble, il avait les â caractéristiques, (c'était formidable pour lui parce qu'il devenait son banquier, le chiffre d'affaires d'une boîte comme Auchan était évidemment énorme) mais il ajoutait à l'intention de Joël, pour se mettre à son niveau : on pourra demander des réductions. Il ne devait donc entrer que dans des pièces chauffées à l'avance.»
(Christine Angot, Rendez-vous, p. 87-89)