À part le changement d'heure, la trêve des expulsions et l'arrivée du froid ?
Par Berlol, jeudi 2 novembre 2006 à 23:59 :: General :: #442 :: rss
Oh, un inédit de Gourmont ! En voilà, de l'intempestif.
En toute simplicité, Bertrand Leclair vient de réaliser la connexion dont j'avais besoin — littéralement remué — pour lire en priorité son livre arrivé le mois dernier. En niant que Littell ait trouvé une langue propre pour parler d'horreurs ainsi laissées dans la vulgarité voyeuriste de notre temps, et en enchaînant sur le souci de Meschonnic de savoir ce que dire dit (ou ce que dire fait dire au dit), me parlant au passage d'un livre inconnu (Le Sang du ciel, de Piotr Rawicz).
Passées ces lectures et découvertes matinales, je me décide à aller au centre de sport pour bouger autre chose que des neurones. Nisard étant resté au bureau, j'emporte le dernier Sevestre pas encore lu : Entrées en matière, sur quoi je sue sans peine quarante minutes. On est à de l'inauguration dans le chantier du Stade de France — et (le narrateur de) Sevestre n'aime pas les survestes...
« Quant aux costumes, ils permettent de déceler une bataille discrète, une discrimination souterraine, une lutte de reconnaissance entre sérieux et touriste, efficace et pièce rapportée, le présent solide et le figurant, l'investi de pouvoirs et l'invité léger, l'élu au pouvoir et l'anonyme élu, les premiers en surveste, cravate, veste, chemise et les seconds en manteaux contemplatifs. Un polo leur irait, un pull en V, des vêtements en laine. Mais ce n'est pas si simple. Les deux catégories aiment le foot et du reste je ne vois pas moi-même où je veux en venir avec ces deux catégories, c'est seulement que je viens d'apercevoir l'ancien directeur des programmes sportifs d'une chaîne cryptée plein de ses prérogatives et habitué des événements et vulgaire avec une cravate m'as-tu-vu et la chemise qui va avec et sa surveste marron [...] » (Alain Sevestre, Entrées en matière, Gallimard, 1999, p. 16)
Déjeuner
au Downey avec David bien content de quitter un moment la kermesse, les sonos
et les cris sous nos fenêtres de bureaux (ça s'appelle le Festival de
l'université). Il y retourne tandis que j'enfourche mon vrai vélo — sans
peur des chétives gouttelettes — pour aller à Fukiage,
au K's, supermarché d'électro-ménager et d'informatique où je trouve un casque
audio (pour finir le Festival et me chauffer les oreilles l'hiver) et un disque
dur externe I-O Data de 300 gigas (270, en réalité, formatage déjà
fait).
Retour et trois heures de travail en continu. Je rentre dîner avec l'espoir
de voir enfin Ce soir au Jamais de mardi, avec Nancy Huston, Alain
Chabat et les années 80... Alléchant, non ? Mais toujours pas en
ligne ! Pourquoi ? Il s'est passé quoi, en France, à part le
changement d'heure, la trêve des expulsions et l'arrivée du froid ?...
Je me rabats sur un film de télé, des transferts dans le nouveau disque dur
et quelques enregistrements de cédés.
« La place du mort en matière de poésie est rarement celle que l'on croit : parce que le temps du rêve n'a rien de commun avec le temps social, parce que tant d'hommes qui arpentent désertés par les rêves le terrain social parlent plus morts que vivants, et qu'il suffit d'ouvrir La Vie de Henry Brulard, de Stendhal, pour être saisi par la vie qui l'habite, le porte, nous emporte au brouillon des songes, là où les mots de Stendhal sont infiniment plus puissants et vivants que ceux des contemporains qui bavardent à nos côtés.» (Bertrand Leclair, Verticalité de la littérature, champ Vallon, 2005, p. 9-10)
Commentaires
1. Le jeudi 2 novembre 2006 à 14:08, par Bikun :
D'ailleurs, je n'avais jamais vu un site indiquant aussi clairement de telles restrictions. Autrefois on écrivait parfois "site recommandé...bla bla"...
La c'est fort quand même. Un site développé sous Microsoft Word avec le wizard je parie qui donne des fichiers 5x plus gros qu'ils ne devraient être...
C'est fini le bon vieux temps ou des fous comme moi tapaient tout le code sous un bon vieux notepad...
Mais bon, mieux vaut avoir un site pas optimisé que pas de site...
2. Le jeudi 2 novembre 2006 à 16:49, par Berlol :
J'ai essayé de transformer par Word des documents en page web. Et après, j'ai regardé ce que ça donnait en html... Le code généré est inutile à plus de 90 % ! Et c'est généralement ce code inutile qui rend la page incompatible ou mal affichée. Après avoir longtemps utilisé le Composer de netscape, j'emploie maintenant FrontPage (qui gère mieux les tableaux et les images, par exemple). Et il n'y a pas de production de code derrière mon dos !
En tout cas, je suis bien content de te voir au clavier ! Welcome back à Paname ! Il ne te reste plus qu'à te remettre au blog !
3. Le vendredi 3 novembre 2006 à 00:40, par vinteix :
"Ce soir ou jamais" : 1ere partie (je n'ai regardé que cela) plutôt comique, avec J.d'Ormesson, A.Comte-Sponville et N.Huston sur le thème de Dieu. Je dis "comique" car on se revoyait un peu de retour dans une conversation de cour de lycée après un cours de philo... En effet, étaient évoquées sur le ton plaisant de la conversation les grandes apories de la pensée : le temps, l'être, Dieu, le réel... en un enfilage de banalités et de platitudes. Comte-Sponville, en bon professeur de terminale, présentait avec une assurance de mandarin sa dissertation de philosophie, impeccable, en trois parties, assortie des citations les plus classiques, et assénait LA définition du temps (enfin, celle de Saint-Augustin, "la bonne" apparemment), tandis que d'Ormesson, en vieux bébé de 82 ans, découvrait avec une naïveté touchante l'aporie et le mystère du temps ! Entre les deux - le philosophe en "gros sabots" et l'aristocrate en pantoufles de nouveau-né - Nancy Huston tentait de dire une ou deux choses légèrement plus pertinentes ou originales, bien qu'elle se noyait un peu dans cette idée de "réel", tenue pour acquise comme une évidence apparemment indiscutable, se perdant dans un de ces dualismes tenaces qui schématisent trop souvent la pensée : le réel et l'imaginaire...
Comique, un peu, mais sans intérêt.
Pas vu la suite (Chabat, années 80...)
4. Le vendredi 3 novembre 2006 à 00:48, par vinteix :
Plus fine et stimulante était la conversation Onfray-Meschonnic, qui recoupait en partie le thème de l'émission de télé, notamment autour de la différence entre le religieux et le sacré, spirituel ou divin... en particulier à partir de Spinoza.
5. Le vendredi 3 novembre 2006 à 01:07, par Berlol :
Justement, je l'ai vu ce matin, Ce soir ou Jamais de mardi, j'allais dire que les questions Comte-Sponville / d'Ormesson, c'était ce que je m'étais dit en gros vers 15 ans. Depuis, je n'ai pas trop eu à y revenir et ça ne fait pas vraiment mystère pour l'athée que je suis. Je parlerai de la suite tout à l'heure...
6. Le vendredi 3 novembre 2006 à 01:35, par brigetoun :
j'en reste au plaisir de retrouver Bruard qui n'a pas survécu à mon déménagement. Me mets en quête
7. Le vendredi 3 novembre 2006 à 01:36, par brigetoun :
j'ai même perdu le "l" en route
8. Le vendredi 3 novembre 2006 à 02:14, par Berlol :
En effet, Brulard sans son "l", je me demandais ce que c'était... Il me semble que je l'avais en "folio"... Est-ce qu'il n'y avait pas deux volumes ?... C'est loin, pour moi aussi...
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