Pinceau pour torcher du kanji de sanglier
Par Berlol, lundi 13 novembre 2006 à 23:47 :: General :: #453 :: rss
Et Michon, chez Bon ! J'imprime, c'est rare, pour lire cela dans le train demain matin.
Ai beaucoup travaillé à l'ordinateur. Trop pour être long ce soir.
Juste assez pour écrire que tout cela m'étonne quand même, bientôt trois ans de
JLR, l'équivalent de 2500 pages A4, et si peu de retour, si peu de
discussion, pour tellement d'éparpillement de tous, et dans un mouvement
centrifuge qui semble s'accélérer. Je ne demande ni des compliments ni des
accords, surtout pas, en fait. Je n'ai pas à craindre que l'on intervienne ici
dans le but de se montrer (comme les types qui se mettent derrière les
présentateurs de télé dans la rue, comme ceux qui laissent des commentaires
dans les blogs des gens célèbres) et je puis aspirer à quelque sincérité.
Vraiment, l'asymétrie me déçoit de mon prochain. Rien n'a-t-il changé depuis le
22 août 2004 ?
Nous avons bien marché, dans un superbe soleil blanc, jusqu'à Ichigaya où
j'ai commandé un siège de bureau ergonomique, chez Office Depot, pour arrêter
de me tuer le dos au bureau. Je le recevrai début décembre. Puis nous sommes
revenus par l'avenue qui mène à Kudanshita. T. voulait aller à la poste pour
acheter des cartes de nouvel an. En effet, n'ayant pas eu de décès familial
dans l'année, nous aurons à nouveau le droit d'envoyer nos vœux. Et je compte
bien reprendre mon pinceau pour torcher du kanji de sanglier.
Détente en soirée avec Angel.A,
(Besson, 2005). Un beau conte et des images de Paris féériques qui m'ont
rappelé... Comment s'appelait cet extraordinaire film muet qui se passait dans
Paris quand quatre ou cinq personnes seulement n'avaient pas été immobilisées
par un arrêt du temps... J'ai vu ça il n'y a pas si longtemps, pourtant.
Commentaires
1. Le lundi 13 novembre 2006 à 09:06, par caroline :
Trois ans de JLR ! Bravo ! j'y viens toujours et régulièrement avec plaisir. Ce qui m'épate le plus c'est la quantité de choses lues, vues, entendues et faites dans une de vos journées. Je n'ai plus la télé depuis un an et demi et ne la regarde pas plus sur internet, j'apprécie le temps dégagé. Mais, insuffisant pour faire la moitié du quart de ce que vous faites. C'est peut-être qu'au Japon, le temps n'a pas la même durée ?
2. Le lundi 13 novembre 2006 à 13:29, par Philippe De Jonckheere :
P., je crois que tu veux parler du "Dernier combat" du même.
A dans deux semaines alors.
Phil
3. Le lundi 13 novembre 2006 à 13:31, par Philippe De Jonckheere :
Et le film n'était pas exactement muet parce qu'en se goinfrant d'air, à une bouteille d'oxygène, le personnage interprété par Jean Boisse parvenait à dire "Merci!"
Phil
4. Le lundi 13 novembre 2006 à 16:14, par jcb :
Tu sais bien que ce n'est pas le nombre de commentaires qui compte !
Bon anniversaire bien sûr, car on sait ce que cela représente et le nombre de questionnements et de doutes, la ténacité et parfois le courage qu'il faut.
Pas un jour sans Berlol !
Le doute peut être aussi chez le lecteur : à quoi bon répondre ... Qu'ajouter de plus (après trois quatre commentaires qui font le tour...) ... A quoi bon argumenter ... ?
N'attend pas toujours de retour...même si bien sûr parfois cela redonne du courage, fait plaisir , et c'est normal...
Par exemple je viens de regarder ASI comme tu dis, uniquement parce que tu disais que c'était bien. Je ne vais pas à chaque fois te le dire.
Mais la récompense c'est que je suis fidèle et n'en rate pas une (page).
Bien à toi, et peut-être à Paris !
JC
5. Le lundi 13 novembre 2006 à 17:11, par cgat :
tout pareil que JCB : le commentateur aussi, même s'il aime te lire, est parfois rejoint par l'à quoi bon face à la zone blanche de commentaires
si en plus tu t'arranges pour qu'on n'ose plus ni faire un compliment ni juste passer faire coucou derrière le blogueur célèbre que tu es, ne t'en déplaise ... on reste coi
mais même "centrifugée" par la vie et tout le reste, je passe te lire très souvent (et je n'ai même pas recours pour cela au rss, pour répondre à ta question litorienne)
alors très bon anniversaire et longue vie au JLR
6. Le lundi 13 novembre 2006 à 19:10, par patapon :
Ne serais-tu pas, cher Berlol, un classique au sens sartrien du terme ? Le classicisme, c’est, selon Sartre, quand une élite écrit pour une élite (composée de lecteurs qui sont souvent eux-mêmes des écrivains). Réhabilitons l’élitisme, et adressons-nous des épîtres en alexandrins !
7. Le mardi 14 novembre 2006 à 00:10, par vinteix :
Question d'asymétrie... Ma lecture aussi est quasi quotidienne, comparable à celle du journal... S'y tissent, même si elles ne sont pas toujours dites, des connivences, des "communautés de pensée" (ce qui bien sûr ne signifie pas "être d'accord sur tout")... j'aime bien cette expression (à l'encontre de Sollers, qui la refusait justement il n'y a pas si longtemps, dans l'émission "Ce soir ou jamais")... et je pense qu'elle est défendable dans un monde qui souffre quand même pas mal d'individualisme ou plutôt d'égoïsme, me souvenant qu'elle fut souvent employée par des gens comme Mascolo ou Blanchot, pour qui, avec toutes les différences inévitables et enrichissantes, elle s'enracine dans une "communauté impossible".
Après, qu'il y ait "asymétrie", cela me semble normal et quasiment inévitable, le monde étant ce qu'il est, Internet étant ce qu'il est, je veux dire un système très centrifuge précisément. Et je pense aussi que pas mal de gens sont occupés, font d'autres choses... mais prennent le temps de lire les billets quotidiens. Comme JCB, je ne pense pas que ce soit le nombre de commentaires qui compte.
Si tu veux fédérer ou susciter plus de débats, je ne suis pas sûr que l'outil "blog" soit suffisant... il faut peut-être créer une association ou je ne sais quoi... à la manière de Bernard Stiegler, peut-être...
8. Le mardi 14 novembre 2006 à 02:26, par Berlol :
Ça y est, j'ai retrouvé le film auquel Angel.A m'a vaguement fait penser, pour le Paris en noir et blanc, avec des paysages lumineux et presque sans personne que les deux personnages. Il s'agit du film de René Clair, Paris qui dort (1923). Tu l'as vu, Philippe ?
Patapon, là, tu m'en bouches un coin ! Je comprends ce que tu veux dire mais ça ne me plaît guère de me dire ou d'être d'une élite, surtout si cette élite n'a qu'elle-même pour finalité... Pour les alexandrins, je te laisse essayer...
Merci à vous de montrer ainsi le bout de votre nez ! D'ailleurs, ce n'est pas vraiment à vous que cela s'adresse puisque je connais déjà votre présence régulière ici. Si même cela s'adresse à quelqu'un... Comme on me l'écrit aussi par mail, c'est sans doute la notion de "salon" (littéraire) qui se révèle utopie. Ceci dit, on fait mieux salon à 8 ou 10 qu'à 350. Donc, vive le petit nombre ! Et en route pour trois autres années ! (la vraie date anniv' du JLR, c'est le 19.)
9. Le mardi 14 novembre 2006 à 02:55, par JF Paillard :
... ou peut-être, pour récolter plus de retours, monter de temps à autre ce que le sociologue Luc Boltanski appelle une "affaire", moyennant 1 - l'invention d'une représentation collective, pas forcément légitime mais sûre de sa légitimité, cad consciente d'elle même (association de blogs littéraires dont je ne vois pas en quoi ils pourraient moins que d’autres " faire " l’actualité littéraire), 2 - des sujets d'indignation (ils ne manquent pas et ils font de la France la risée du monde : prix littéraires guidés par des compromis intergroupes d’édition , hyper concentration éditoriale, travail lamentable des journalistes littéraro-médiatruc, mort programmée des éditeurs indépendants...), une cible sur laquelle concentrer ses salves (jury, groupe d'édition, syndicat ou centre national, chaîne télé, Etat...) afin de se hausser vers elle et récupérer en quelque sorte sa légitimité, 3 - le 'trigger : saisir un prétexte à dénonciation (quoi, chaque année, sept mois durant, de mai à décembre, une poignée de jurés finauds – pardon, d’une exquise distinction- relayés par une poignée de journalistes aux bottes – pardon, complètement débordés- phagocytés par trois groupes d’édition cyniques – pardon, au service des actionnaires - façonneraient le visage de la littérature de langue française? ) - un prétexte aussi à "dévoilement" : malheureusement nécessaire si l'on veut attirer l'oeil et faire scandale,4 – Ne pas reculer devant les attaques ad hominem (de Zola aux surréalistes, elles font partie du jeu. Poursuivons l'exemple juré : ces trente pékins finauds, qui sont-ils, c'est vrai, quoi, on n'en parle jamais. Il faut lever ce tabou) - évidemment, ce dernier point délicat, car non seulement devenu tabou, en ces temps d'ultra libérale violence feutrée, mais susceptible de poursuites pénales. Reste que ces attaques n’auraient rien à voir avec les éructations d’un Moix ou Nabe uniquement destinées à " grandir " leur auteur ; 5 - Enfin, lancer après dénonciation (action en justesse et justice), une action concrète : manifeste, appel à boycott et… Pardon? Non non non ? Ah. Heu, dès lors se résoudre à accepter que toute autre attitude, non collective, guidée par la dérision, l’indifférence, l’humour, ou, s’agissant de ton blog, tempérance de bon aloi, n’attirera pas forcément de commentaires de la part du lecteur, même si comme moi assidu et toujours intéressé. Bon anniv, JFP
10. Le mardi 14 novembre 2006 à 03:57, par brigetoun :
s'il vous plait, surtout pas un marketing, et gardez un petit côté "inutile"
11. Le mardi 14 novembre 2006 à 08:41, par grapheus tis :
Déjà en août 2004, l'auteur du Journal LiitéRéticulaire déplorait le désert.
Ce que vous ne pouvez mesurer dans les silences des commentaires, c'est vers quels horizons nouveaux vous avez parfois propulsé votre lecteur muet.
12. Le mercredi 15 novembre 2006 à 08:30, par Véronique :
Bonjour, je fais partie de ces anonymes qui profitent quotidiennement de la lecture de votre blog et qui ne se manifestent jamais. Comme je me doutais que vous ne cherchiez ni compliments ni accords, je préférais me taire. Je n’écris pas, je ne tiens pas de blog, je ne crois pas avoir un commentaire pertinent à ajouter à ceux que je lis avec intérêt. Je ne suis pas arrivée chez vous par hasard mais par ricochet : j’ai découvert en 2001 le site du Désordre, en tapant « André Breton amour fou lettre », de là j’ai trouvé le site de Remue.net, puis le blog de Jean-Claude Bourdais, les Notules dominicales et enfin votre blog. Grâce à vous quatre, j’ai élargi le champ de mes lectures, j’ai découvert des auteurs, je me suis intéressée à des débats – sans y participer – sur l’édition, la place d’Internet dans la littérature contemporaine et les pratiques d’écriture, je sais où manger de bons sushis à prix modique à Tokyo et tant d’autres choses. Pour ces raisons, pour tout ce que la lecture du Journal LittéRéticulaire m’apporte, merci.
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