Belle prise de judo — quand c'est pour la bonne cause, celle de la recherche : demander à quelqu'un qui avance des chiffres d'en fournir la preuve. S'il répond, cela l'honore. S'il ne répond pas... Bec dans l'eau. Nous aviserons...

Jeudi à trois cours, plus derniers préparatifs. Mais tout se passe très bien et j'arrive sain et sauf vers 21h30 à la soupe que T. m'a préparée. Et pour finir les valises...

Au séminaire de cinéma, avec Tanguy, deux figures de style isolées et étudiées.
Une mise en abyme : dans la classe de chinois, un élève de Tanguy lit la traduction qu'il a préparée et qui décrit taoïstement le caractère de Tanguy (Celui qui a & b, celui qui c & d, celui-là, on l'appelle le sage — quelque chose dans le genre), alors même que les parents de Tanguy s'acharnent à lui rendre la vie impossible (réveil à 5h du matin, bruits de ponceuse, poisson puant caché dans sa chambre, père simulant l'insomnie, etc.).
Un sous-entendu évident par effet du montage : la secrétaire du département de chinois a préparé un voyage d'étude pour Tanguy pour le remercier d'avoir fait des remplacements, elle lui dit qu'il n'aura pas affaire à une ingrate, il lui répond à peu près la même chose ; le plan suivant montre les parents de Tanguy pendant la nuit, réveillés par les « cris de plaisir » (sous-titre pour les malentendants) de l'invitée de leur fils ; séquence suivante, au petit déjeuner, la secrétaire du département, qui a l'âge de la mère de Tanguy, arrive comme une fleur et la mère de Tanguy est sidérée...
Mes étudiantes ont tout très bien compris.

Aujourd'hui, j'ai présenté publiquement des excuses. Devant pas beaucoup de gens et pour une chose pas importante, mais tout de même. Je l'ai fait sans honte ni humiliation.
L'étranger ne doit laisser accumuler contre lui aucun ressentiment qu'il a le pouvoir d'effacer, dis-je, tanguysé.