jeudi 30 novembre 2006
Quelle belle blog brochette !
Par Berlol, jeudi 30 novembre 2006 à 23:59 :: General
Fi-ni ! C'est fini ! Six mois de préparation en mode mineur,
plus un mois en mode intensif avec option semaine élagage, pour préparer
30 minutes d'Effets
d'intime dans l'écriture réticulaire !Et ce, le jour où l'hiver se décide à nous tomber sur le rable. Et Méchamment, encore. J'étais à l'arrêt du bus 89 à 8h45, sous un couvercle entièrement gris et bas — à vrai dire, un temps de fin-novembre. Puis sur l'esplanade de la BnF à 9h20...
La suite au prochain épisode (C'était histoire de poster quelque chose, quoi !...).
Le surlendemain (une première dans la tenue du JLR)...
Je m'aperçois bien sûr que comme à chaque fois qu'il y a ce genre d'événement, il m'est impossible d'en faire un compte rendu. D'abord parce que l'honnêteté me pousserait à entrer dans des détails de restitution qui prendraient à être écrits plus de temps qu'il n'en ont pris à être vécus. Et qui me demanderaient en outre des efforts de mémoire que je ne puis fournir. La transcription des enregistrements serait alors nécessaire pour être fidèle à ce qui s'est dit... Mais alors pourquoi recourir à la transcription si l'on peut diffuser l'original ?...
Or une telle diffusion, que d'aucuns pourraient dire sauvage ou illégale et que pour ma part je trouverais simplement démocratique, n'est pas prévue par ce qu'il est convenu d'appeler au Japon dans le cadre des invitations officielles la puissance invitante. J'aurais donc des gants à prendre.
Une autre solution consisterait, comme je l'ai un peu fait à Cerisy l'an dernier, à chroniquer les à-côtés, les anecdotes marginales, le climat. Mais comme je l'ai déjà fait...
Ou bien à attaquer bille en tête. Philippe Lejeune, Françoise Simonet-Tenant et Claire Paulhan
pour avoir pris trop de temps. Catherine
Viollet pour avoir pensé jusqu'à la fin que la salle allait
la manger, ce qui faisait sa langue hésiter et son débit cahoter.
Philippe Artières pour avoir présidé débraillé
et pour avoir été injuste avec la troisième intervenante
après avoir été laxiste avec les deux premiers — mais
remarquable aussi dans les propos de transition, et noble de sa part d'avoir
renoncé à son intervention à cause du retard pris (sachant
qu'il sera invité prochainement à une autre conférence
à la BnF). Moi-même pour ne pas m'être spontanément
présenté à Philippe Lejeune (et l'occasion ne s'est
plus présentée, et son départ précipité...).
Mais rien là de grave ou d'irrémédiable.Alors plutôt remercier : l'équipe d'organisation et les personnes qui ont pensé à moi, à me proposer de venir, de si loin ; les personnes qui m'ont encouragé à ne pas faire un exposé carré, et qui m'ont soutenu quand je pataugeais dans l'océan saumâtre des blogs dits intimes ; les autres intervenants de qui j'ai appris somme toute pas mal de choses (d'où l'intérêt d'écouter les autres, dans un colloque, et de ne pas seulement venir faire sa communication et repartir comme on le voit trop souvent — sont-ils tellement occupés ou imbus d'eux-mêmes ceux qui n'entendent pas écouter les autres ?).
Déjeuner (privé).
Puis au café, toujours à l'intérieur de la BnF, on retrouve Sereine Berlottier, Laure Limongi, Philippe De Jonckheere, dans la salle Isabelle Aveline, Cécile, Nathalie, Constance. Mais pas Marguerite, tiens...
Bon exposé d'Oriane, qui aurait mérité d'être un peu plus long.
En ce qui me concerne, connexion très rapide en effet, qui donne de la fluidité à mon intervention. Juste dommage qu'on n'ait pas le son, cela m'oblige à narrer la séquence finale (Philippe dit que c'est encore mieux comme ça...).
Beau débat qu'essaie d'animer Antoine Perraud comme si c'était
un feu Tire ta langue — et il s'en tire bien, si je puis dire... Des
lignes de fracture se manifestent entre deux types de pratiques que je ne
peux me résoudre à séparer en deux mondes — nous sommes
tous dans le même (bateau). Des cultures, des pratiques, des métiers,
des obligations et des addictions nous font, chacun d'entre nous, être
de mêmes groupes et de groupes différents. Ainsi Sylvie Gillet
et Philippe De Jonckheere qui manifestent des pratiques peu conciliables,
plutôt qu'ils n'appartiennent à des mondes différents,
si l'on voit la nuance.Malheureusement, il n'a pas été ménagé au préalable un moment d'intimité entre les futurs débatteurs (comme je l'ai fait avec Laure et Philippe), temps d'un cernement et d'une mesure de l'autre qui permet souvent d'éviter les malentendus d'une parole cueillie à froid — ce qui ne manque pas d'arrivée. Et le débat sur l'intime passe derrière une lutte verbale entre des pratiques qui se clivent pour se différencier, se défendre, se faire exister, en dépit du sens profond de la parole de l'autre. Bref, Sylvie Gillet jette des pavés en croyant lancer des gravillons, elle finit malencontreusement une phrase en parlant d'état solide de l'écriture, pour le livre et son métier d'éditrice, forcément opposé à des états liquide et gazeux, ce que Philippe prend à raison pour lui présentement... Et vogue la galère.
On entendra cela ultérieurement, si j'obtiens le droit de diffuser.
Pendant que T. passe la soirée chez un émérite professeur dixseptiémiste, je me retrouve dans l'entrée de l'auditorium avec Cécile, Laure, Christine, Isabelle, Constance et... Philippe De Jonckheere (mais aucun des intervenants éditeurs...). Prenons le RER pour Châtelet et allons boire un coup en terrase fermée du Père Fouettard (où j'allais un peu dans ma jeunesse, les années 80), qui se transforme moins d'une heure après en dîner à cinq à l'intérieur (bonne entrecôte, en ce qui me concerne). On refait la journée, on règle des comptes, on s'esclaffe, on se met à la place des autres pour faire mieux qu'eux, bref, on décompresse. Quelle belle blog brochette !
J'ajoute ici le programme car il n'est pas sûr du tout que le site BnF — comble — conserve cette page... Au passage, je l'ai rectifié pour qu'il corresponde précisément à la journée que nous avons réellement vécue.
Bibliothèque nationale de France / Journée d'étude / Les ateliers du
livre :
Jeudi 30 novembre : « Éditer l'intime ? »
Matinée : Éditer l'intime aujourd'hui
Présidée par Philippe Artières, chercheur en histoire, CNRS/IIAC (Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain) - EHESS
9h30 : Comment l'intimité est venue au journal
Par Philippe Lejeune, co-fondateur de l'Association pour l'autobiographie
10h15 : Tenir un journal intime (1830-1980)
Par Françoise Simonet-Tenant, maître de conférences à l'Université Paris XIII
11h15 : Editer des écrivains morts
Par Claire Paulhan,éditrice spécialisée dans la littérature autobiographique et l'histoire littéraire du XXe siècle, IMEC (Institut Mémoires de l'édition contemporaine) et journaliste au Monde des Livres
11h45 : Diaristes russes francophones (XVIIIe - XIXe siècles)
Par Catherine Viollet, chargée de recherche à l'Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS-ENS)
Après-midi : L'explosion du phénomène des blogs « intimes »
14h30 : Du cahier à l'autopublication en ligne : métamorphoses du journal personnel
Par Oriane Deseilligny, docteur en sciences de l'information et de la communication, pôle des Métiers du livre de Saint-Cloud, Université Paris X
15h00 : Effets d'intime dans l'écriture réticulaire
Par Patrick Rebollar, maître de conférences, Université Nanzan (Nagoya, Japon)
15h30 : Du cahier à l'écran : qu'est-ce que ça change ?
Table ronde animée par Antoine Perraud, journaliste
Avec Philippe De Jonckheere, auteur du site Le désordre ;
Sylvie Gillet, éditrice, éditions Calmann-Lévy ;
Laure Limongi, écrivain, directrice de la collection "laureli" aux Éditions Léo Scheer ;
Richard Figuier, éditeur en sciences humaines et sociales.