Quelle belle blog brochette !
Par Berlol, jeudi 30 novembre 2006 à 23:59 :: General :: #470 :: rss
Fi-ni ! C'est fini ! Six mois de préparation en mode mineur,
plus un mois en mode intensif avec option semaine élagage, pour préparer
30 minutes d'Effets
d'intime dans l'écriture réticulaire !Et ce, le jour où l'hiver se décide à nous tomber sur le rable. Et Méchamment, encore. J'étais à l'arrêt du bus 89 à 8h45, sous un couvercle entièrement gris et bas — à vrai dire, un temps de fin-novembre. Puis sur l'esplanade de la BnF à 9h20...
La suite au prochain épisode (C'était histoire de poster quelque chose, quoi !...).
Le surlendemain (une première dans la tenue du JLR)...
Je m'aperçois bien sûr que comme à chaque fois qu'il y a ce genre d'événement, il m'est impossible d'en faire un compte rendu. D'abord parce que l'honnêteté me pousserait à entrer dans des détails de restitution qui prendraient à être écrits plus de temps qu'il n'en ont pris à être vécus. Et qui me demanderaient en outre des efforts de mémoire que je ne puis fournir. La transcription des enregistrements serait alors nécessaire pour être fidèle à ce qui s'est dit... Mais alors pourquoi recourir à la transcription si l'on peut diffuser l'original ?...
Or une telle diffusion, que d'aucuns pourraient dire sauvage ou illégale et que pour ma part je trouverais simplement démocratique, n'est pas prévue par ce qu'il est convenu d'appeler au Japon dans le cadre des invitations officielles la puissance invitante. J'aurais donc des gants à prendre.
Une autre solution consisterait, comme je l'ai un peu fait à Cerisy l'an dernier, à chroniquer les à-côtés, les anecdotes marginales, le climat. Mais comme je l'ai déjà fait...
Ou bien à attaquer bille en tête. Philippe Lejeune, Françoise Simonet-Tenant et Claire Paulhan
pour avoir pris trop de temps. Catherine
Viollet pour avoir pensé jusqu'à la fin que la salle allait
la manger, ce qui faisait sa langue hésiter et son débit cahoter.
Philippe Artières pour avoir présidé débraillé
et pour avoir été injuste avec la troisième intervenante
après avoir été laxiste avec les deux premiers — mais
remarquable aussi dans les propos de transition, et noble de sa part d'avoir
renoncé à son intervention à cause du retard pris (sachant
qu'il sera invité prochainement à une autre conférence
à la BnF). Moi-même pour ne pas m'être spontanément
présenté à Philippe Lejeune (et l'occasion ne s'est
plus présentée, et son départ précipité...).
Mais rien là de grave ou d'irrémédiable.Alors plutôt remercier : l'équipe d'organisation et les personnes qui ont pensé à moi, à me proposer de venir, de si loin ; les personnes qui m'ont encouragé à ne pas faire un exposé carré, et qui m'ont soutenu quand je pataugeais dans l'océan saumâtre des blogs dits intimes ; les autres intervenants de qui j'ai appris somme toute pas mal de choses (d'où l'intérêt d'écouter les autres, dans un colloque, et de ne pas seulement venir faire sa communication et repartir comme on le voit trop souvent — sont-ils tellement occupés ou imbus d'eux-mêmes ceux qui n'entendent pas écouter les autres ?).
Déjeuner (privé).
Puis au café, toujours à l'intérieur de la BnF, on retrouve Sereine Berlottier, Laure Limongi, Philippe De Jonckheere, dans la salle Isabelle Aveline, Cécile, Nathalie, Constance. Mais pas Marguerite, tiens...
Bon exposé d'Oriane, qui aurait mérité d'être un peu plus long.
En ce qui me concerne, connexion très rapide en effet, qui donne de la fluidité à mon intervention. Juste dommage qu'on n'ait pas le son, cela m'oblige à narrer la séquence finale (Philippe dit que c'est encore mieux comme ça...).
Beau débat qu'essaie d'animer Antoine Perraud comme si c'était
un feu Tire ta langue — et il s'en tire bien, si je puis dire... Des
lignes de fracture se manifestent entre deux types de pratiques que je ne
peux me résoudre à séparer en deux mondes — nous sommes
tous dans le même (bateau). Des cultures, des pratiques, des métiers,
des obligations et des addictions nous font, chacun d'entre nous, être
de mêmes groupes et de groupes différents. Ainsi Sylvie Gillet
et Philippe De Jonckheere qui manifestent des pratiques peu conciliables,
plutôt qu'ils n'appartiennent à des mondes différents,
si l'on voit la nuance.Malheureusement, il n'a pas été ménagé au préalable un moment d'intimité entre les futurs débatteurs (comme je l'ai fait avec Laure et Philippe), temps d'un cernement et d'une mesure de l'autre qui permet souvent d'éviter les malentendus d'une parole cueillie à froid — ce qui ne manque pas d'arrivée. Et le débat sur l'intime passe derrière une lutte verbale entre des pratiques qui se clivent pour se différencier, se défendre, se faire exister, en dépit du sens profond de la parole de l'autre. Bref, Sylvie Gillet jette des pavés en croyant lancer des gravillons, elle finit malencontreusement une phrase en parlant d'état solide de l'écriture, pour le livre et son métier d'éditrice, forcément opposé à des états liquide et gazeux, ce que Philippe prend à raison pour lui présentement... Et vogue la galère.
On entendra cela ultérieurement, si j'obtiens le droit de diffuser.
Pendant que T. passe la soirée chez un émérite professeur dixseptiémiste, je me retrouve dans l'entrée de l'auditorium avec Cécile, Laure, Christine, Isabelle, Constance et... Philippe De Jonckheere (mais aucun des intervenants éditeurs...). Prenons le RER pour Châtelet et allons boire un coup en terrase fermée du Père Fouettard (où j'allais un peu dans ma jeunesse, les années 80), qui se transforme moins d'une heure après en dîner à cinq à l'intérieur (bonne entrecôte, en ce qui me concerne). On refait la journée, on règle des comptes, on s'esclaffe, on se met à la place des autres pour faire mieux qu'eux, bref, on décompresse. Quelle belle blog brochette !
J'ajoute ici le programme car il n'est pas sûr du tout que le site BnF — comble — conserve cette page... Au passage, je l'ai rectifié pour qu'il corresponde précisément à la journée que nous avons réellement vécue.
Bibliothèque nationale de France / Journée d'étude / Les ateliers du
livre :
Jeudi 30 novembre : « Éditer l'intime ? »
Matinée : Éditer l'intime aujourd'hui
Présidée par Philippe Artières, chercheur en histoire, CNRS/IIAC (Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain) - EHESS
9h30 : Comment l'intimité est venue au journal
Par Philippe Lejeune, co-fondateur de l'Association pour l'autobiographie
10h15 : Tenir un journal intime (1830-1980)
Par Françoise Simonet-Tenant, maître de conférences à l'Université Paris XIII
11h15 : Editer des écrivains morts
Par Claire Paulhan,éditrice spécialisée dans la littérature autobiographique et l'histoire littéraire du XXe siècle, IMEC (Institut Mémoires de l'édition contemporaine) et journaliste au Monde des Livres
11h45 : Diaristes russes francophones (XVIIIe - XIXe siècles)
Par Catherine Viollet, chargée de recherche à l'Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS-ENS)
Après-midi : L'explosion du phénomène des blogs « intimes »
14h30 : Du cahier à l'autopublication en ligne : métamorphoses du journal personnel
Par Oriane Deseilligny, docteur en sciences de l'information et de la communication, pôle des Métiers du livre de Saint-Cloud, Université Paris X
15h00 : Effets d'intime dans l'écriture réticulaire
Par Patrick Rebollar, maître de conférences, Université Nanzan (Nagoya, Japon)
15h30 : Du cahier à l'écran : qu'est-ce que ça change ?
Table ronde animée par Antoine Perraud, journaliste
Avec Philippe De Jonckheere, auteur du site Le désordre ;
Sylvie Gillet, éditrice, éditions Calmann-Lévy ;
Laure Limongi, écrivain, directrice de la collection "laureli" aux Éditions Léo Scheer ;
Richard Figuier, éditeur en sciences humaines et sociales.
Commentaires
1. Le vendredi 1 décembre 2006 à 02:13, par jcb :
Formidable. J'espère que ce n'est qu'un début. J'attends les résultats de cette journée avec impatience et curiosité, et grand intérêt. Si tu pouvais donner tous les liens des communications ou discussions quand elles ont été transcrites ou mises en ligne...
merci.
2. Le vendredi 1 décembre 2006 à 08:08, par brigetoun :
mais le lisant, je grelotte. J'espère que la suite sera plus revigorante
3. Le vendredi 1 décembre 2006 à 10:13, par Berlol :
Il n'y a pas d'autres communications en ligne... Personne d'autre que moi ne fait ça ! Il y aura sans doute des suites mais pas sous cette forme, disons, directe... Hélas.
4. Le vendredi 1 décembre 2006 à 15:30, par jcb :
Oui, et pourtant Internet le permet non ?
Si les défenseurs d'Internet et ses possibilités extraordinaires d'efficacité ne le font pas, qu'en penser ?
mais je pense de Philippe dJ va nous faire partager
aussi quelques documents et réflexions.
mais les autres (Bnf...)?
Ils vont chercher à faire une publication écrite qui va demander 6 mois ou plus (financement, récolte des textes, retranscriptions, mise en page...) ?
5. Le samedi 2 décembre 2006 à 03:38, par brigetoun ou brigitte célérier :
il y a un long passage sur désordre avec le solide et le gazeux et les blogs caractériels. Passionnant - je me recroquevillais et sentais plus parasite que jamais.
6. Le samedi 2 décembre 2006 à 06:45, par christine :
totalement entre deux chaises (tiraillée entre mon appartenance professionnelle à la "puissance invitante" et mes amitiés réticulaires), ma position est inconfortable mais, après hésitation, j'opte pour le commentaire (jouant le jeu du blog) plutôt que pour le mail (off) car je souhaite te remercier publiquement pour le grand intérêt de ton intervention (merci de la proposer en ligne!) …
… et préciser, aussi, que Philippe et Laure, très injustement traités par leurs interlocuteurs (totalement excusables car sur la défensive et asticotés par un modérateur intéressant mais fort peu lénifiant), ont été remarquables et ont totalement retourné la discussion à leur profit, convainquant très probablement la majeure partie du public du grand intérêt de certains blogs (j'ai eu des échos dans ce sens de la part de collègues présents)
un grand merci également à T. (que j'ai eu grand plaisir à rencontrer) pour son cadeau impromptu et si japonais qui m'a beaucoup touchée ...
7. Le samedi 2 décembre 2006 à 06:57, par christine :
j'oubliais quand même : je te trouve injuste avec les intervenants du matin : Philippe Lejeune (passionnant et pétillant) et Françoise Simonet-Tenant s'étaient vu accorder 45 minutes chacun et n'ont par conséquent pas tellement débordé, Claire Paulhan un peu en revanche car elle était comme toi contrainte dans 30 courtes minutes, d'où le rappel à l'ordre ... et pourquoi "débraillé", Philippe Artières ? parce qu'il n'avait pas de cravate ? j'ai trouvé sa chemise verte ouverte très élégante, moi...
8. Le samedi 2 décembre 2006 à 07:20, par Laure L :
... c'est vrai que c'était un drôle de dialogue de sourds cette table-ronde... assez instructive en même temps - quant à la capacité de désinformation de certains...
J'ai été très heureuse des moments passés en votre compagnie, ô internautes namedroppés par Berlol - ainsi que Berlol lui-même, bien entendu - , et des discussions échangées... il y a encore beaucoup à penser, écrire, partager... À bientôt !
9. Le samedi 2 décembre 2006 à 13:30, par Berlol :
Merci, Christine, pour l'option. Outre la question du temps et du fait d'avoir bousculé C. Viollet qui ne le méritait pas, les exposés de Lejeune et de Simonet-Tenant étaient excellents. Je n'en disconviens pas. Pardon de faire bref, on y reviendra...
10. Le dimanche 3 décembre 2006 à 01:33, par Laure L :
... J'ai, pour ma part, publié ici : rougelarsenrose.blogspot....
mes notes préparatoires à la table-ronde... rien à voir avec une communication écrite et pensée comme telle, donc ! Ce sont juste quelques réflexions et notations descriptives jetées à la va-vite…
11. Le dimanche 3 décembre 2006 à 03:15, par Berlol :
J'ai vu, oui, et c'est très très intéressant. François Bon l'a déjà chroniqué ! Rapide, l'ami ! On va continuer dans cette direction. Mon départ ne met un terme à rien... (Heureusement.)
12. Le dimanche 3 décembre 2006 à 06:10, par christine :
sans égaler la vitesse de réaction de FB je me suis permis de relayer à mon tour ces notes, Laure, qui sont passionnantes et permettent de lire ce qui malheureusement n'a pu être dit
je me rends compte en rédigeant ce commentaire qu'il eût été plus logique de le laisser chez rougelarsenrose : cela démontre (s'il en était encore besoin) à quel point ton salon réticulaire, berlol, est devenu l'endroit où l'on cause : même reparti (je sens un peu de mélancolie dans ta remarque) tu es encore là ...
13. Le dimanche 10 décembre 2006 à 11:41, par Laure L :
... en épilogue, une "lettre à internet" de Christophe Atabekian ici :
xacha.livejournal.com/195...
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