Bourrage et pesage de valise sont les deux mamelles du départ. On arrive au poids autorisé. Appel pour un taxi, j'ai failli indiquer une mauvaise heure, comme si je ne voulais partir, dit T., qui n'a pas tort. Derniers instants dans le canapé à prendre ces notes à la lueur de la cour pendant que tout près une jeune fille révise ses leçons avec sa mère, digne exemple d'un samedi matin dans une famille française.

Dernières courses rue Mouffetard, T. fait vidéo de tout, ça servira pour des souvenirs comme pour des cours. On croise même Frédéric Beigbeder qui fait aussi tout bonnement ses commissions. On passe à la poste, chez le boulanger. Un rosbif et des rates à sauter, des fromages droits venus de l'enfer. C'est parti pour un dernier déjeuner, familial et de grande ambiance...

Juste avant de fermer l'ordinateur, je vois rapidement que Laure Limongi, suite aux échanges de ces derniers jours, vient de poster un important récapitulatif de ses sites et activités d'écriture peu ou prou liés à l'intime, rappelant opportunément que le sujet était déjà dans la marmite et dans le désordre en septembre...
Mais voilà, y'a pas, faut fermer l'engin !
Taxi à trois heures. Embarquement à 6 et maintenant de l'avion à 9 (où la connexion est toujours gratuite, la prochaine fois mon profil créé sera reconnu et je verrai combien on me proposera de payer...).
Demain, je compléterai avec ma lecture ravageuse de la page 2 du Magazine des Livres. Si quelqu'un veut anticiper, à votre bon cœur...

Donc, quelques remarques sur la page 2 du Magazine des Livres, vol 1, novembre/décembre 2006 :
— Colonne de gauche, un encart publicitaire pour le magazine La Presse littéraire, qui est produit par la même équipe que ce magazine-ci. Dernière ligne : « Chez votre marchant de journaux » (sic).
— Milieu du paragraphe de texte : « La presse Littéraire a pour seule ambition de donner à lire ou à relire.»
— Colonne de droite, dans le « mode d'emploi du Magazine des Livres », §.2, li.5 : « Le magazine des Livres a pour ambition de donner à lire ou relire.»
— §.1, li.11 : « positionnement », mot de la LQR (il y en a beaucoup dans tout le magazine, très dans le ton chiffré, économique et soumis au pouvoir de Livres Hebdo ou des Échos).
— §.1-2 : « tous domaines confondus [...] tous styles confondus », « Loin des mouvements [...] au-delà des stratégies [...] », j'ai l'impression qu'on est déterminé à (em)brasser large, dans cette rédaction. Le choix du mot « confondus » pourrait bien être une forme d'acte manqué.
— §.4, li.3 : « la mécanique éditoriale, cette mystérieuse alchimie ». On m'avait appris à ne pas confondre la mécanique et la chimie.
— §.5, li.1 : « Un journal d'écrivains et de lecteurs », c'est-à-dire un journal sans cette lie de l'écriture que sont les journalistes ni cette plaie de la littérature que sont les critiques, où chacun, écrivain ou lecteur, peut s'improviser (ou être accepté comme) auteur d'article, quitte à ce que ce soit pour une enfilade de clichés et d'expressions toutes faites, comme nous le verrons bientôt avec le dossier des pages 4-11.