Faut que je m'y (re)fasse, c'est une condition matérielle de base, mais n'être pas à Paris empêche d'assister à toutes sortes de choses... Florence, par exemple, était où je n'étais pas : chez Tschann, le 3, pour écouter Henri Meschonnic. Apparemment, c'était un bien bon moment autour de la Dame d'Auxerre.

Il en était question dans le 20-heures de France 2, ça s'appelle le yoga bikram, je n'aurais pas pu l'inventer. Comment j'avais dit, l'autre fois, quand T. y était allée ?...

Ça c'était dans le 20-heures de France 2, au petit déjeuner, comme d'habitude. Puis, mon cerveau s'étant un peu désembrumé, je me suis souvenu de France 24 et j'ai essayé l'adresse.
Miiiiraaaaaaaacle !!!!!!! Enfin, une chaîne francophone, directe, gratuite et permanente. J'ai laissé tourner plusieurs heures au bureau et le flux ne provoque pas d'erreur réseau, ni de bloquage quelconque. J'ai juste remarqué, par instants, un problème de son, dans les intermèdes quasi silencieux, où une rémanence faible d'anglais et d'arabe se fait entendre...
Ceci dit, comme on disait plus tard avec David, au Japon, il n'y a quasiment rien de réticulaire chez les médias audio-visuels, juste quelque petits bouts de programmes de rien du tout en ligne, aucun envergure. Pourquoi ? Parce qu'il y a déjà saturation de formules payantes... Cela veut-il dire qu'une majorité de Japonais aiment mieux payer pour de la merde que d'avoir de la qualité gratuite ? Y'a d'ça, je crois... Ou bien je fais erreur.

Deuxième grand événement de la journée : la visite pour conférence chez nous du ministre-conseiller de l'Ambassade de France au Japon, Christophe Penot. Dans un amphi plein à craquer (plus de 300 étudiants et enseignants), il parle une heure durant de l'Europe, de la formation d'icelle à ses problèmes actuels et aux perspectives qui s'offrent à l'Union.
S'ensuit une demi-heure de questions, auxquelles il répond précisément. Puis un déplacement vers une salle protocolaire pour une réception à vingt-cinq, avec notre président, d'où cette mémorable photo (finalement, c'en est une autre, qui synchronise France 24 sur l'arrivée de C. Penot...).

Je me déçois. Je croyais que je savais faire ça. Et j'ai découvert, après m'être tordu l'esprit pendant un bon quart d'heure, que je n'y arrivais pas, que mon esprit, dont j'étais si fier (oui, je sais, je ne devrais pas), ne venait pas à bout normalement de cette opération mentale. J'ai bien eu une petite intuition, que j'ai essayé de pousser sur un coin de bloc-note, mais le résultat ne m'apporte aucune lumière d'évidence ou de vérité et je reste perplexe.
J'aimerais bien que quelqu'un me mette sur le chemin de pensée, dans la veine de raisonnement qui mène avec clarté à la solution.
Voici de quoi il s'agit : « Lors d'une horrible guerre moyenâgeuse, 85 % des combattants perdirent une oreille, 80 % un œil, 75 % un bras et 70 % une jambe. Combien au minimum de combattants ont perdu à la fois oreille, oeil, bras et jambe ? » (c'est une énigme trouvée sur ce site, où je puise parfois des petits problèmes pour mes étudiants).
Mon intuition ? Allez !, je me lance, c'est une première (au risque de révéler au monde entier ma crasse bêtise arithmétique) : pour minimiser les taux, je considère que les 30% qui n'ont pas perdu de jambe ont perdu un bras, de sorte que seulement 45% ont perdu à la fois un bras et une jambe. Il y aurait alors 55% à ne pas avoir perdu bras et jambe, parmi lesquels seraient au maximum ceux qui auraient perdu un œil, ce qui ferait qu'il y aurait 25% à avoir perdu bras, jambe et œil. Par conséquent, 75% n'auraient pas perdu en même temps les trois, qui se retrouveraient en majorité parmi ceux qui ont perdu une oreille, de sorte qu'il ne resterait que 10%, au minimum, à avoir perdu les 4.
Maintenant que je l'ai écrit (ouf !), ça a l'air de tenir. Mais au fond je n'en sais rien... Je patauge dans la boue d'une tranchée de neurones et je n'ai pas l'impression que le ciel se dégage (d'ailleurs, il pleuviote, ce soir) — et puis, c'est con, la guerre, aussi.

Je refroidis la boîte crânienne en cliquant mollement une petite centaine de fois sur le vote Ce soir ou Jamais du nouveau sondage de (ces sourds et aveugles de) Livres Hebdo (qui n'ont toujours rien compris à l'internet)*, puis je finis la soirée avec l'émission de mardi soir : les enfants des révolutionnaires, ça m'intéresse (notamment avec Christophe Bourseiller qui n'est finalement pas venu au Colloque des Invalides, même que quelqu'un en a fait la remarque comme quoi qu'il n'aurait pas prévenu et que c'est pas poli mais qui, ce soir, est là et parle bien, comme souvent). En revanche, les débats d'actualités avec une brochette de gens qui parlent tous en même temps, notamment Alain Finkielkraut, Gisèle Halimi, Jean-Jacques Beineix, etc. Ça, c'est pas tellement recommandable, c'est juste bon si on n'a rien à faire — ce qui n'est quand même pas mon cas.

* D'ailleurs, depuis le 22 novembre, on n'a toujours pas vu venir la liste des 333 romans qui n'ont fait l'objet d'aucune critique et que chez Livres Hebdo on prétendait avoir établie, à moins que ce ne soit pas vrai.