« Dans le contraste entre modelé et abstraction, il y a du perceptible et de l'imperceptible.» (Henri Meschonnic, Le Nom de notre ignorance, la Dame d'Auxerre, p. 45)

C'est sur cette phrase, ruminée, la dernière lue sous la couette hier soir, que je me suis endormi.

Ce matin, au sport où je retourne enfin, changement de siècle.

« Il y a une fierté de domestique à devoir avancer entravées, comme si c'était utile, agréable ou sexy. Une jouissance servile à l'idée de servir de marchepieds. On est embarrassées de nos puissances. Toujours fliquées, par les hommes qui continuent de se mêler de nos affaires et d'indiquer ce qui est bon ou mal pour nous, mais surtout par les autres femmes, via la famille, les journaux féminins, et le discours courant.» (p. 20)
« Qu'on se promène en ville, qu'on regarde MTV, une émission de variété sur la première chaîne ou qu'on feuillette un magazine féminin, on est frappés par l'explosion du look chienne de l'extrême, par ailleurs très seyant, adopté par beaucoup de jeunes filles. C'est en fait une façon de s'excuser, de rassurer les hommes : « regarde comme je suis bonne, malgré mon autonomie, ma culture, mon intelligence, je ne vise encore qu'à te plaire » semblent clamer les gosses en string. J'ai les moyens de vivre autre chose, mais je décide de vivre l'aliénation via les stratégies de séduction les plus efficaces.» (p. 21-22)

Et c'est comme ça depuis le début, cette superbe écriture, cette justesse du propos. Oui, je sais ce que je dis. Déjà dans le bus qui nous ramenait de la Bibliothèque nationale vendredi dernier — une semaine déjà — quand j'ai lu les premières pages de Virginie Despentes, j'étais saisi. Ça bouchonnait pour arriver au pont d'Austerlitz et j'étais content de ce retard, T. regardant la Seine sur le siège à côté, qui me permettait d'entamer en beauté sa King Kong Théorie.
J'y reviendrai. je n'ai déjà plus le temps pour aujourd'hui.
Après le déjeuner avec David, chez Downey où j'étais content de retourner bien que le déjeuner n'y était pas terrible, aujourd'hui, je suis monté au bureau finir mon dossier administratif de voyage en France (petit rapport sur la journée d'étude, factures, texte de mon intervention) et le transmettre au service en charge. Puis partir et, dans le temps d'un shinkansen, une centaine de minutes, écrire la présentation et les questions qui serviront jeudi prochain à l'entretien avec Jean-Philippe Toussaint à l'Alliance française de Nagoya.