vendredi 8 décembre 2006
La Seine sur le siège à côté
Par Berlol, vendredi 8 décembre 2006 à 23:31 :: General
C'est sur cette phrase, ruminée, la dernière lue sous la couette hier soir, que je me suis endormi.
Ce matin, au sport où je retourne enfin, changement de siècle.
« Il y a une fierté de domestique à devoir avancer entravées, comme si
c'était utile, agréable ou sexy. Une jouissance servile à l'idée de servir de
marchepieds. On est embarrassées de nos puissances. Toujours fliquées, par les
hommes qui continuent de se mêler de nos affaires et d'indiquer ce qui est bon
ou mal pour nous, mais surtout par les autres femmes, via la famille, les
journaux féminins, et le discours courant.» (p. 20)
« Qu'on se promène en ville, qu'on regarde MTV, une émission de variété sur
la première chaîne ou qu'on feuillette un magazine féminin, on est frappés par
l'explosion du look chienne de l'extrême, par ailleurs très seyant, adopté par
beaucoup de jeunes filles. C'est en fait une façon de s'excuser, de rassurer
les hommes : « regarde comme je suis bonne, malgré mon autonomie, ma culture,
mon intelligence, je ne vise encore qu'à te plaire » semblent clamer les gosses
en string. J'ai les moyens de vivre autre chose, mais je décide de vivre
l'aliénation via les stratégies de séduction les plus efficaces.» (p.
21-22)
Et c'est comme ça depuis le début, cette superbe écriture, cette justesse du
propos. Oui, je sais ce que je dis. Déjà dans le bus qui nous ramenait de la
Bibliothèque nationale vendredi dernier — une semaine déjà — quand j'ai lu les
premières pages de
Virginie Despentes,
j'étais saisi. Ça bouchonnait pour arriver au pont d'Austerlitz et j'étais
content de ce retard, T. regardant la Seine sur le siège à côté, qui me
permettait d'entamer en beauté sa
King
Kong Théorie.
J'y
reviendrai. je n'ai déjà plus le temps pour aujourd'hui.
Après le déjeuner avec David, chez Downey où j'étais content de retourner bien
que le déjeuner n'y était pas terrible, aujourd'hui, je suis monté au bureau
finir mon dossier administratif de voyage en France (petit rapport sur la
journée d'étude, factures, texte de mon intervention) et le transmettre au
service en charge. Puis partir et, dans le temps d'un shinkansen, une centaine
de minutes, écrire la présentation et les questions qui serviront jeudi
prochain à l'entretien avec Jean-Philippe Toussaint à l'Alliance française de
Nagoya.