samedi 16 décembre 2006
Seulement le saisir quand c'est le
Par Berlol, samedi 16 décembre 2006 à 23:59 :: General
Il en découle que le livre est fini, même si « L'Album de Poil de Carotte » qui suit contient encore de belles perles, comme on dit. Mais j'y vois plutôt comme des graines de chapitres que Jules Renard n'a pas trouvé moyen de faire pousser, qu'il a pu garder dans ses carnets en essayant de les scénariser, en vain. Et de rappeler l'importance aussi, pour un écrivain, du fait qu'il faut parfois ne pas écrire, se retenir d'en faire trop, voire en retirer, à l'instar de Jean Échenoz qui, dans Au Piano, laisse le titre du chapitre « Nuit d'amour avec Doris Day » alors qu'il en a supprimé le contenu, préalablement écrit, dit-il.
En janvier, le cours reprendra avec La Télévision, de Toussaint, dont j'achète l'édition dans la collection Double à la librairie de l'Institut afin de préparer mes notes avec la même pagination que les étudiants.
Déjeuner au Saint-Martin avec T. où, tandis que le ciel vire au gris froid,
on commence à discuter des dates d'ouverture durant les fêtes, de quand on y
viendra avec ma sœur et son ami, de plats spéciaux qui y seront proposés.
Nouveau passage à l'Institut où T. va saluer Kyoko et Kuniko. J'en profite pour
recommander Patrick Deville (Pura Vida et La Tentation des armes à
feu) et Virginie Despentes (King Kong Théorie) à Kyoko que cela
devrait intéresser.
Rapide aller-retour à Akihabara pour acheter un humidificateur au grand
Yodobashi Camera. Un étage au-dessus, je trouve une selle de vélo un peu plus
sportive mais surtout plus ergonomique, celle du Rover étant trop bombée, trop
rembourrée, m'écrasant le coccyx et les lombaires...
Dans mes essais d'enregistrements d'émissions de France Culture, j'ai
quelques problèmes ces jours-ci (depuis plusieurs semaines, en fait) : les
pages de
Surpris par la nuit ou de l'Atelier
de création radiophonique ne sont pas à jour, les morceaux de Tout
arrive ne sont pas toujours les deux bons, avec parfois une qualité audio
fort
dégradée (comme le 14 où l'on a
une moitié de Déon — oui, oui, Déon, la folle actualité de la lèche — et
une moitié de débat avec Henri Godard et Alain Finkielkraut — un
Finkielkraut qui commence à sérieusement patauger dans la semoule (ou à être
manipulé vers la sortie de lui-même), et je suis content que
Vive
le feu ! (l')ait (à) l'œil.
Je récupère quand même l'étonnant
Rien dans
les poches, « journal intime sonore » en deux parties de Laurie
Anderson, diffusé en novembre dans l'Atelier de création radiophonique.
Enfin T. met dans la machine le dévédé de
De battre
mon cœur
s'est arrêté et nous passons un très bon moment. L'ayant déjà vu
l'an dernier, je lui
en avais offert l'édition avec les sous-titres en japonais dès sa sortie, il y
a plusieurs mois, mais je sais, d'expérience, qu'il faut attendre que ce soit,
pour elle, le bon moment. Le
bon moment. Une chose
difficile à cerner. À moins qu'il ne faille même pas essayer, seulement le
saisir quand c'est le.
Dans les bonus, j'apprends d'où vient le titre du film. D'une chanson
de Jacques Dutronc, ce que je n'avais pas pu savoir à l'époque, tant il y avait
alors peu d'infos dans le réticule — ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Au
montage, Audiard aura retiré ou pas retenu la scène dans laquelle Romain Duris
chante
La Fille du Père Noël, pensant peut-être qu'elle desservirait la
densité et la tension recherchée. Les cinéastes aussi doivent se retenir d'en
faire trop.