En route pour la dernière semaine de cours de l'année (il y en aura deux autres en janvier pour (nous) achever). Dans le shinkansen, lecture des trois dernières pages de la Dame d'Auxerre, puis roupillon, puis lecture de divers passages de La Télévision de Toussaint, en vue de préparer un calendrier des cours, et encore un roupillon avant de débarquer...

Au cours de conversation de 3e année, un sujet mystère : comment répondre à la question « Où sommes-nous ? »
Passées les réponses évidentes, une étudiante a l'idée que ça peut être comme une devinette ou que ça pourrait être intéressant de savoir comment d'autres personnes répondent à la question... via Google, bien sûr. On visite des sites et on tombe sur celui-ci, d'un photographe japonais. Discussion un bon moment sur les modes de vie... Jusqu'à ce que je demande pourquoi un Japonais qui parle à peine anglais utilise en page d'accueil de son site une série de trois questions en français. Nouvelle recherche... Une seule source dans tous les résultats : « D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » est le titre d'un tableau de Paul Gauguin, peint à Tahiti en 1897-1898. Décrivons. Ce que ça veut dire. Ce que Gauguin n'aimait plus, fuyait, désespéré...
Sonnerie, on ne voyait plus le temps passer.

Manu m'écrit pour m'informer que : « Wii, la courroie est moins forte que toi ». Voici le texte de la brève : « Nintendo a lancé un vaste programme d'échange de courroies de sécurité, utilisées pour relier la manette de sa nouvelle console Wii aux poignets des joueurs qui vient d'être lancée en Europe. Le nombre d'unités concernées s'élèverait à 3,2 millions. La version initiale de la courroie s'avèrerait insuffisante par rapport à la force de certains clients. Selon Wiihaveaproblem.com, un certain nombre d'utilisateurs ont fracassé leur téléviseur ou leur lecteur de DVD en lançant la manette lors de matches virtuels de base-ball ou de tennis endiablés.»
J'en avais entendu parler aux infos. Quand le virtuel devient partiellement réel, il entre forcément en conflit avec le vrai réel...

Aucune nécessité de prendre la défense de Tokyo, petits Portraits de l'aube, de Michaël Ferrier — livre qui se défend seul. Juste souligner, comme je l'écrivais chez Lionel en commentaire, que l'érudition et l'argumentation (celles de Vinteix, en l'occurrence) ne viennent pas toujours à bout d'une intime conviction, fût-elle contraire à la nôtre...
« Si tu es parvenu jusqu'ici [le bar La Jetée], tu as bien mérité un verre. Mon saké préféré porte le titre d'un grand roman de Gabriel García Márquez. Tomoyo parle un peu français, mais prends ton courage à deux mains et demande-le-lui en japonais : Hyakunen no kodoku. Je ne sais quel alcoolique génial et fin lettré, par un soir de détresse, a concocté ce saké sec et un peu poivré, mais tu en boiras un verre, s'il te plaît, à ma santé.» (Michaël Ferrier, Tokyo, petits Portraits de l'aube, 2004, p. 105-106)

Au tout début de Ce soir ou Jamais de lundi soir. Jean-Marie Rouart, aussi bête que dans mon souvenir, mais d'une bêtise dangereuse : « Moi, je suis contre les sectarismes. Je ne voudrais pas détester les riches parce qu'ils sont riches. Je pense qu'ils apportent des emplois. Et c'est dommage de voir Johnny... Chais pas, il doit y avoir autour de lui des guitaristes, beaucoup de gens à qui il apportait un travail et... Un pays qui perd une de ses catégories, que ce soient les riches, les pauvres, les moyennement riches, je trouve ça dommage...» (C'est moi qui souligne.)