mercredi 20 décembre 2006
Le Fonds Ricœur depuis hier
Par Berlol, mercredi 20 décembre 2006 à 07:50 :: General
Il en avait été question lors d'un récent dîner : ouverture hier du site du Fonds Ricœur. De nombreux documents, une biographie détaillée et illustrée, les grands thèmes de son œuvre, une bibliographie, etc., sont déjà accessibles. Un très bel outil pour lecteurs et chercheurs qui voudront se renseigner, consulter, s'y associer.
« Le Fonds Ricœur sera ainsi composé de plusieurs ensembles :
– Les archives de Paul Ricœur liées à son œuvre (manuscrits, correspondances…)
– Un rayon de littérature primaire (livres dans diverses langues ; œuvre publiée, dont l'ensemble de ses articles publiés depuis 1936, tirés à part…)
– Un rayon de littérature secondaire (livres et articles commentant la philosophie, l'œuvre ou la vie intellectuelle de Paul Ricœur)
– La bibliothèque de travail du philosophe, constituée selon plusieurs cercles qu'il a lui-même ordonnés »
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Du coup, un peu tranquille dans l'après-midi, après le cours de
phonétique et le déjeuner hispanophone (avec un collègue mexicain et David
qui parle l'espagnol sans l'avoir appris, ce qui m'étonne toujours), j'ouvre Soi-même comme un autre,
reçu il y a quelques semaines. C'est tout de suite très intéressant. Mais
ardu.
En fait, avec des sujets d'examen à préparer, ce n'est pas le moment de se
plonger dans un livre comme ça. Je le remets à un autre jour.
Plus tard, une petite pause blogs me permet de voir Céleste... Celle de Proust. Quelle tristesse, quand même. Mais quelle merveille aussi d'avoir ce document !
Au dîner et après, dans Ce soir ou Jamais d'hier, brouhahas récurrents, comme si personne ne pouvait s'arrêter de parler en même temps que les autres. Aminata Traoré, Guy Sorman, Frédéric Mitterrand, Shan Sa, Romain Goupil et quelques autres parlent parfois tous en même temps... Mais c'est quand même très intéressant, dans l'ensemble. Après ça, et bien d'autres discours, on se sent tout petit pour résoudre les problèmes du monde, on voit bien que des athlètes y ont brisé toutes sortes de lances et l'on serait bien en peine de défendre une thèse plutôt qu'une autre — même s'il ne me viendrait jamais à l'esprit de dire une connerie comme Rouart hier (trouver dommage que la catégorie des pauvres puisse disparaître). Ce que j'apprends d'un débat comme celui-ci (ce n'est pas d'aujourd'hui, toutefois), c'est qu'il y a trop de diversité humaine, trop de variété d'intérêts, trop de points de vue défendables, et aussi trop de malentendus (qu'il faudrait d'abord appeler des malécoutés), pour qu'une idée, une théorie, une explication suffise, satisfasse, soit acceptée.
« Le rapport dialectique entre des idées contraires impose une gymnastique mentale à laquelle je ne me soustrais jamais sans une certaine gêne, étant entendu que la vie quotidienne s'arrange mal de ces incertitudes qui vous font passer pour un irrésolu ou un velléitaire. Il est généralement plus bénéfique de présenter à autrui l'image d'un obstiné. Savoir ce que l'on veut constitue l'un des premiers commandements de la morale pratique. Encore peut-on vouloir ne pas trancher, position difficile à tenir qui fait de vous un Oblomov ou un Pyrrhon, un ennuyé ou un ennuyeux.» (Georges Picard, Tout le monde devrait écrire, Paris : José Corti, 2006, p. 15)
Plutôt envie de se retirer en haut d'une montagne — virtuelle (sinon, il faudrait du matériel...).
À quand le jeu sur Wii d'un monastère avec vœu de silence...