On devrait s'interdire d'écouter Finkielkraut un jour de Noël, a fortiori quand il s'agit de parler des Bienveillantes, le livre que l'on fait suivre partout du nombre d'exemplaires vendus. Si j'étais l'auteur et si j'avais du tact, je ferais interdire cette indécence publicitaire. C'est comme les blogs qui pètent leur score à tout va. Mais quel rapport peuvent-ils bien voir entre le nombre de visiteurs et la qualité ? S'il y en avait un, depuis des milliers d'années, on le saurait.
(Sauf à vouloir dire que c'est le nombre de visiteurs qui fait la valeur — axiome de base de la démagogie.)

En cas d'injection de Répliques, malgré l'avertissement, l'antidote est ici :

« Triomphe de la littérature moyenne
J'observe toutefois que fleurit un secteur prépondérant de l'édition consacré aux romans et aux essais « grand public », livres d'une qualité très variable qui se disputent les meilleures ventes et dont la critique professionnelle fait son ordinaire.  Je serais tenté de nommer ce genre littérature médiatique dans la mesure où elle constitue l'objet dominant des recensions des grands journaux et celui, presque exclusif, des émissions littéraires télévisées. Pour la majorité des citoyens, ce sont ces ouvrages qui représentent la littérature. Les lecteurs en attendent du divertissement et des émotions, sans qu'il leur vienne à l'esprit d'aspirer à autre chose de plus fondamental qui touche à l'essence de l'art et de la vie. La littérature se trouve ainsi assimilée à un loisir noble, et valorisée en tant que culture vivante. Mais qui imaginerait qu'aucun de ces livres engage l'auteur et les lecteurs dans une confrontation existentielle décisive ? En réalité, la masse d'écrits lancés chaque saison en librairie relève d'une production semi-industrielle d'objets culturels de loisir qui n'est pas sans intérêt, notamment pour rivaliser avec les secteurs audiovisuels du divertissement.»
(Georges Picard, Tout le monde devrait écrire, p. 82-84)

C'est ce que j'ai trouvé de plus doux — de plus homéopathique. Surtout pour les foies délicats qui auraient abusé du champagne (ou d'autre chose) dans la nuit. Ajoutons qu'en sus des journaux, magazines, revues et émissions télévisées, cette littérature médiatique (que je dirais aussi doxique) qui doit bien représenter 90 % du marché a maintenant ses blogs spécialisés, des lycéens rédigeant résumés et fiches de lecture comme on binerait le dimanche aux apprentis journalistes qui singent les pages littéraires des journaux nationaux — espérant des piges ?

Aux indoxiqués : « Et ce n'est pas encore le jour de la multiplication des pains ! »

L'événement du jour, c'est que je me rends avec T. à l'université de Tokyo où elle reçoit solennellement, vers 16h20, son diplôme de docteur ès arts libéraux. Oui, un jour de Noël ! Je sais, c'est bizarre, mais ici, c'est comme ça. Ça ne dure guère plus de trois minutes, au demeurant.
Après ça, on passe au Sakuraya de Shibuya, où il y a moins de monde qu'on ne le craignait, pour l'I-Pod vidéo que T. me réclamait sous le sapin... Demain, la chasse à la musique mp3 gratuite va commencer pour elle.

Pour ce qui est du champagne, on vient de s'en finir une bouteille, avec quelques brisures de marrons glacés. Après un nabe pas si léger que T. le prétendait, après les tournedos de ce midi et les rillettes du petit déjeuner, va falloir qu'on freine...

Grand jeu-concours : fenêtre condamnée.
Trouvez la date exacte de mise en ligne dans le JLR de la photo originale.