Pluie, pluie et pluie. Le soir, annonce officielle de pluies torrentielles.

On a bien réfléchi (des mois) avant de déplacer la bibliothèque. Il n'y a que trois mètres à faire, mais pour un meuble chargé de centaines de volumes... J'en vide les étages supérieurs. Après quoi on arrive, à deux, à la glisser jusqu'où était mon bureau avant sa translation à l'autre bout de la pièce.
Comme aux échecs, ce mouvement d'une grosse pièce entraîne une redistribution des autres. Une table roulante, une petite table basse, un meuble à CD, le téléphone-fax, la cafetière électrique, etc., changent de place. Des tas de trucs vont à la poubelle.
Du palier, j'aperçois dans la rue un type trempé sous un parapluie, qui ressemble à Manu. J'attends un peu... C'est bien lui ! Il ne passe pas là par hasard, il est bien venu exprès ! Il dit qu'il m'a téléphoné plein de fois... C'est vrai : mon portable a reçu huit appels. Mais je n'ai rien entendu. Avec nos allées et venues, et les travaux du bâtiment à côté... Entre le Bureau de l'immigration et un entretien, il a le temps de déjeuner. Allez, zou ! (Et merci d'être venu jusqu'ici...)

T. reste pour se reposer et je vais au Saint-Martin avec Manu, sous la pluie, pour une crépinette de porc qui mérite le déplacement. Discutons des visiteurs qui vont arriver, ma sœur d'un côté, Bikun de l'autre, de la recherche de boulot et de l'intérêt pour Manu, éventuellement, d'en changer, du blog et d'une typologie des commentaires. Comme ça jusqu'au nougat glacé. On se sépare dans Kagurazaka, toujours sous la pluie.

Pour accueillir nos visiteurs, il ne manque rien... que... un rideau de douche (de m...).
Qui va m'obliger — ce bout de plastique — à faire les trois grands magasins de Ginza (Mitsukoshi, Matsuya et Matsuzakaya), puis Le Printemps. En vain.
C'est chez Muji, presque revenu au métro Yurakucho, après des kilomètres de couloirs souterrains et de galeries commerciales (pour éviter la pluie maintenant battante) que je trouve enfin un rideau de douche, par ailleurs le moins cher de la planète (à quoi j'adjoins des sels de bain).

« Pourtant, je ne connais pas une seule esthétique qui repose sur autre chose que sur le tempérament. C'est lui qui conditionne en dernière analyse les différents ingrédients formels de l'art d'écrire — quand ce n'est pas le cas, on est en présence d'un exercice, fût-il de très haute école, beaucoup plus que d'une œuvre sourcée au cœur de la personnalité du créateur.» (Georges Picard, Tout le monde devrait écrire, p. 55)