Dernières nébulosités qui titubent
Par Berlol, mercredi 27 décembre 2006 à 23:51 :: General :: #497 :: rss
Voyant ces derniers jours que les nuées voulaient faire la
bringue et que bien des groupes de nuages en avaient gros sur la patate, on
s'est dit qu'il valait mieux leur laisser carte blanche. On leur a dit :
« Allez-y !, chamaillez-vous !, pissez-vous les uns sur les autres !, tonnez !,
inondez !, foutez-nous-en partout mais... Car il y a un mais ! Que tout soit
fini, nettoyé, nickel pour le 27 !... »
Et là, je dois dire que c'est impec. Au réveil ce matin, grand ciel bleu, air pur
et sec, des flaques qui se dépêchent de s'évaporer, quelques dernières
nébulosités qui titubent vers l'horizon...
Pour fêter mon anniversaire, je m'étais promis d'entamer Vue sur l'ossuaire, d'Antoine Volodine. Dans le Narita Express qui me mène à l'aéroport puis dans le hall des arrivées en attendant l'heure, même assis à côté d'un type qui pue l'alcool, je me plonge dans les noires délices de la romånce...
Ma
sœur et son ami, appelons-les M.&B., ont voyagé sans problème. Leur premier vol
France-Japon. Je les ai filmés pimpants à leur sortie de la douane (M. a un
énorme pot de foie gras dans sa valise). Du train pour Tokyo, belle série de
cartes postales, que je commente sans excès : rizières inondées et bosquets de
pins, alignements de petites maisons préfabriquées, premiers immeubles, le Mont
Fuji profilé dans le lointain, puis des gares de plus en plus grosses, des
immeubles de plus en plus serrés, des fleuves bordés d'autoroutes et d'usines.
Repos. Explications sur l'usage des choses dans l'appartement. Vers 19h30, sortie pour dîner au restaurant Ootoya, simple, modique et bon. Faire quelques petites courses en arpentant une Kagurazaka toute illuminée. À suivre...
« À supposer que Maria Samarkande réussît à tuer le soldat et à sortir du bâtiment, et ensuite à franchir l'enceinte de la caserne, ce qui, il faut bien le dire, exigeait une conjonction de hasards et de négligences invraisemblables, elle aboutirait dans la rue et elle serait là sans aucune perspective de rejoindre la clandestinité ou de s'abriter chez des proches. Les réseaux clandestins n'existaient pas, c'était une invention littéraire qu'elle-même avait contribué à forger, dans des écrits propagandistes que l'officier de l'Aviation et le référent décortiquaient devant elle ligne à ligne afin d'y traquer des flous et des contresens, et des métaphores qui démontraient qu'elle vacillait idéologiquement depuis longtemps et que, loin de servir avec loyauté la Colonie, la société à qui elle devait tout, elle préparait avec cynisme sa défection. Les filières souterraines appartenaient au domaine des contes, et dans la réalité, loin des féeries romanesques, il y avait seulement deux systèmes totalitaires très semblables, la Colonie et les Nouvelles Terres, et, où que l'on se tournât, des camps : d'isolement, de relégation, de transit, de concentration, sanitaires, d'expérimentation, de bûcherons, de rééducation, d'extermination, de semi-liberté, autogérés, de quarantaine, de vacances.» (Antoine Volodine, Vue sur l'ossuaire, Gallimard, 1998, p. 17-18)
Commentaires
1. Le mercredi 27 décembre 2006 à 08:10, par Bikun :
Bon anniv!
2. Le mercredi 27 décembre 2006 à 12:16, par Dominique Fromentin :
on en dit autant, mais avec tous les achats faits tous ces jours et qui remplissent le réticulinaire, doit être difficile de trouver un cadeau ? - un deuxième ordi pour voir 2 télés en même temps + 1 dvd de séries américaine pour que 2007 en fasse encore plus que jusqu'ici ? un ordinateur alimenté par pédaleur automatique utilisable dans le train ?
voeu pour 20067 : plus de photos ? et poulet frites le samedi, oui, bon, on sera toujours content de l'apprendre...
3. Le mercredi 27 décembre 2006 à 12:37, par christine :
très bon anniversaire aussi !
(mais période critique en effet pour un anniversaire ... entre les cadeaux et agapes de noël et ceux du jour de l'an ... et vexant de s'être fait prendre de vitesse par le petit jésus!)
20067 cher Dominique Fromentin ... comme vous y allez ! je vous savais d'avant-garde mais là vous explosez le calendrier
4. Le mercredi 27 décembre 2006 à 16:20, par Berlol :
Merci à vous ! Et bonne fin d'année de votre côté ! Que ce soit doux et tranquille... et quand même bien animé ! Au passage, je confirme la difficulté pour tout le monde de trouver un cadeau qui me plaise...
5. Le mercredi 27 décembre 2006 à 22:45, par d'Orléans :
hokaron et saucisson de cheval
6. Le jeudi 28 décembre 2006 à 01:22, par Berlol :
Ah, ça, du saucisson de cheval ! je dis pas non...
7. Le jeudi 28 décembre 2006 à 12:13, par Dominique Fromentin :
honte à moi, je n'avais pas compris que l'assertion de réalité posée sur le saucisson de cheval, lors de l'arrivée supposée à Orléans un dimanche matin il y a 1 an, était à nouveau, comme si souvent dans ce blog, un montage méta-textuel à partir de la chanson de Bobby Lapointe - sans doute qu'il en est de même, ces jours-ci, avec les liens vers tous ces magasins de Tokyo posés comme allégorie benjaminienne de la marchandise technologisée ? est-ce que nous disposerons un jour de l'intervention récente à la BNF de Philippe Lejeune, celle qui s'intitulait donc "vies fictives et vie réelle, l'illusion du blog mise au profit de l'autofiction : l'exemple berlolien" ? notons que vous n'avez plus jamais parlé de vos parties supposées de ping-pong depuis qu'il fut démontré ici qu'il ne s'agissait que d'une métaphore de l'Internet
C'est un saucisson de ch'val
Un saucisson que de ch'val
Que je viens de faire à ch'val
C'est une chanson de saillies
- Ah ! chanson de saillies de ch'val
Moi qui suis esthète de ch'val
Ah je trouve ça beau de ch'val
Génial admirable de lapin
{Refrain:}
Huuuuuuuuu...c'est le refrain
Moi qui vins de Grèce de ch'val
Je m'appelle Oreste de ch'val
Tapaboufélos de ch'val
J'débarqu'à Paris de veau
Oh ! Oh ! quel régal oh ! de ch'val
De prend' le métro de ch'val
Quand on n'connait pas de ch'val
Oh ! c'qu'on s'amuse oh ! de bœuf
{et Refrain}
Huuuuuuu... Le refain c'est toujours Huuuuuuuu...
Mes enfants ma foi de ch'val
Sont d'vilains grognons de ch'val
Quand ils pleurent en chœur de ch'val
J'essaie d'les distraire les vaches
Je viens à bout d'un boudin de ch'val
Mais les aut's s'aussi sont de ch'val
Toujours dans l'besoin de ch'val
Ça n'peut pas et' pis de chèvre
Bééééééé... non... Huuuuuuuu
Quel est cet aztéque de ch'val
Qu'on vient de voir filer de ch'val
Du haut de la côte de ch'val
Dans le précipice en moto
peut et' bien est-ce Thomas de ch'val
Qui vient de me ventre de ch'val
Un complet à "garo" de ch'val
Et un gilet pied de poule
Huuuuuuuu... Huuuuuuuuu...
Je désirais m'achoir de ch'val
Et tu m'amenas au de ch'val
Canapé en rotin de ch'val
Et mon cœur vous fumiez mes cigares
N'étais pas l'affreux niais de ch'val
Qui fourbu s'affaisse de ch'val
Ça fait rire les groupes de ch'val
Ah ! comme l'écurie est gaie
Ah ! l'beau saucisson de ch'val
Ah ! chanson de saillies de ch'val
Ah ! je trouve ça beau de ch'val
Car je suis esthète...
Esthète de quoi...
Esthète de cheval !
Huuuuuuuuuuuuuu !
8. Le jeudi 28 décembre 2006 à 16:31, par Berlol :
D'habitude, on m'appelle plutôt tête de mule... Mais bien que je n'aie pas la culture de chanson de saillies, je m'insurge contre cette montée en épingle d'un unique détail de ma relation journalière. Après tout, qui est-ce qui se focalise sur le saucisson de cheval ? Hein ?...
Pour le ping-pong, on y reviendra.
Quoi qu'il en soit, merci de la fidélité et des clins d'yeux... de ch'val (qui ont de beaux grands cils, comme Claude Simon le faisait remarquer...)
9. Le jeudi 28 décembre 2006 à 23:24, par Dominique Fromentin :
mais non, ami, c'était du David Lynch que cette quête d'un homme arrivant en exil volodinien un dimanche matin froid dans cette province hivernale et ne trouvant pour subsistance que ce saucisson (de mule) - et c'est sans doute pour ça qu'on revient au jlr, et l'interrogation justement sur ce statut de présence du réel : la chenille du citronnier, les menus du St Martin et ainsi de suite, même mon cher magasin d'épicerie de gros où une fois ils m'ont fait acheter un régime de banane parce que je me présentais à la caisse avec 2 (bananes), et l'interrogation complémentaire qu'on peut avoir, de pourquoi et comment une telle lecture questionnante, par les livres (perso, je lis pas trop les compte rendus de télé et le feuilleton des films et dvd) peut maintenir un journal de cette façon même sans les coups de gong du deuil de l'année précédente ni rien de "notable" souvent, sauf cette attention aux gestes et aux gens - ai beaucoup apprécié cette année l'ouverture sur les cours et la vie professionnelle (plus côté Nagoya que Poil de Carotte, mais cet atelier hebdo récurrent, qu'on avait eu pour Balzac et Beckett, c'est aussi une des dimensions qui fait qu'ici on revient) - donc fidèlement
10. Le vendredi 29 décembre 2006 à 02:17, par Laure L :
Joyeux anniversaire (tardif) !
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