J'enregistre — en écoutant de longs moments — l'impressionnante lecture de Peau d'âne, en version originale de Charles Perrault, diffusée hier comme fiction de Mauvais genres.

Ça ne me met pas en avance mais ce n'est pas grave parce que le programme d'aujourd'hui est plus limité que celui d'hier. Pendant que T. continue ses devoirs de vacances (préparation de sujets d'examens), M. & B. et moi allons vers le Tokyo Dome. Par la voie nord, nous arrivons à Korakuen, dans le centre LaQua, où je fais un tour de grande roue avec ma sœur, en prenant des photos. Il y a une intéressante exposition photographique pour jalonner les 70 ans d'histoire du lieu. On y voit notamment l'évolution des bâtiments, les sports et autres activités accueillies, les modes vestimentaires et vedettariales.
Déjeunons au Sizzler (buffet de salades à volonté, tendre viande de bœuf).
Marche jusqu'à Jimbocho, où tous les bouquinistes sont fermés... Puis jusqu'au Budokan la queue est déjà commencée (il est 15h30) pour le show payant d'une star qui assurera le passage de l'an à ses ouailles frétillantes.
Traversons l'avenue pour entrer dans l'enceinte du sanctuaire Yasukuni et montrer à mes visiteurs ce lieu honni de ceux qui n'acceptent pas que le Japon se défile devant son histoire et veuille fonder le mythe de son passé...
Alors que nous observons une cérémonie rituelle de fin d'année, prêtres blancs et chapeaux noirs, un vieux monsieur japonais vient nous parler un petit quart d'heure. Pour nous demander, entre autres, s'il y a en France une discrimination des Japonais (spécialement) — je lui réponds que non, qu'il y a seulement une mauvaise éducation de certaines personnes travaillant dans les commerces et les administrations...

Yakitoris à la maison.

Sortie pour aller voir ce qui se fête à Roppongi, dans la tour et à côté...

De retour...
On monte de la station Azabu-Juban à la tour de Roppongi. On en fait le tour, on la traverse sur le coup des onze heures... Ce qui se fête ? Eh bien, pas grand chose !
C'est joli, toujours, bien sûr, et surtout pour nos touristes. Mais pas d'écran qui décompte les secondes, pas de liesse solidaire pour passage de galère. Des gens qui tournent en rond comme nous. Il y a bien une Countdown Party en haut, à 1500 yens mais déjà, dans la queue des billets, en bas, des éméchés qui puent de la bouche et nous bassinent. Pas pour nous.

On se contentera d'admirer le paysage urbain.
Soit, fantomale, la tour de Roppongi, les éclairages aux arbres de la rue montante, la Tour de Tokyo rouge et jaune au loin.
Ayant assez rentré le cou sous les vents tourbillonnants, revenons à la suggestion de T. : la librairie-café Tsutaya, ouverte toute la nuit, dans laquelle nous feuilletons jusqu'à minuit et quart, nous souhaitant discrètement une bonne année au moment opportun.
Je dois avoir un ticket de caisse imprimé à 23h53 pour un superbe livre illustré : The agile Rabbit Book of historical and curious Maps, avec un CD-ROM libre de droits en sus.

Nous ne sommes pas allés sonner des cloches dans des temples. Na !
J'ai même proposé qu'on boive un coup de champagne mais tout le monde est fatigué par les marches forcées, s'endort dans le métro de retour. On entre dans 2007 à reculons, d'un œil mal ouvert.