Changement de braquet. Après des jours de marche dans la ville, nous nous offrons deux jours de voiture dans la région — profitons-en pendant que les tokyoïtes sont à la montagne ou à l'étranger !...
Je crois qu'aucun de nous quatre n'est content de se lever vers 7 heures (quand on prévoit longtemps à l'avance, on n'imagine pas que ce qu'on aura fait la veille nous aura fatigué). On le fait quand même et on arrive à Takadanobaba, à deux stations de métro de chez nous, pour prendre une voiture au seul Nippon Rent-A-Car ouvert en cette période dans cette partie de la ville.

Et en voiture !...
Pour aller vers le port et les grands espaces, direction Ginza. On y arrive deux minutes avant dix heures et l'on voit — passant dans l'avenue à faible allure — les immenses processions de fukubururistes (acheteuses de sacs surprises) qui attendent massées devant les grands magasins l'ouverture des portes. Les petites rues parallèles que nous empruntons abritent également des queues qui finissent on ne sait où. Leur ticket d'entrée à la main, elles sont esclaves du tout-puissant dieu Commerce (j'emploie le féminin parce que 95 % des fukubukuristes sont des femmes).
À défaut de marché aux poissons (fermé), passons au temple de Tsukuji, Namiyoke-jinja, où l'on doit traverser trois fois un grand cercle de paille vertical pour être purifié deux-mille-septesquement. Puis à la gare maritime de Harumi, tout au bout d'un polder désertique qui faisait autrefois ma joie, cependant sans intérêt un jour de grisaille sans départ de bateau.

Grande boucle d'élévation et d'accès au Rainbow Bridge puis Odaiba. On se gare près de la copie de la statue de la liberté. Promenade puis visite du centre commercial Docks. Pas terrible.
Déjeuner au restaurant italien du Méridien ; très très moyen, le service comme la qualité culinaire. Sommes un peu déçus. Surtout T. qui n'aime décidément pas cette récente fausse île aux allures de Disneyland (et encore moins les pizzas à la mayonnaise).

Après ce nowhere culturel, en route pour la classe, la grande, l'internationale : quelques bretelles d'autoroute, des ponts au-dessus des industries qui asphixient Kawasaki. Ça roule bien partout, et nous voilà à Yokohama. Le centre, à pied, le parc Yamashita.
Bord de l'eau, mouettes (trop de). Le grand bateau à visiter qui était dans le port depuis des décennies, que T. a visité enfant, va être retiré — ça va être l'heure de devenir épave, pour lui ; ce qui n'émeut ni les mouettes ni les enfants, en nombre malgré la grisaille de chez grisaille.
Quartier chinois très animé (trop) — on peut même dire bondé !... Puis Motomachi, un des quartiers préférés de T., parce qu'un de ceux de son enfance aussi. Et mon seul achat (contrairement à nos visiteurs) : un sac Aigle qui me sera très utile et dans lequel je peux tout de suite mettre mon manteau, finalement inutile...

En voiture jusqu'au parking de Landmark Tower, à Minatomirai (trois kilomètres plus au Nord). Galeries commerciales et accès au panorama. Ascenseur à 750 mètres par minute pour aller au 69e étage (déjà pris le 18 août 2004).
Restaurant de crabe Chandler's où l'on était déjà allé, T. et moi, il y a deux ans (le 5 mars 2004)... Et où l'on mange aussi bien (crabe, langouste, etc., prix raisonnables).
(Voilà bien une des fonctions privées du JLR ; quand je disais que c'était d'abord une mémoire personnelle annexe...)
Retour par la féérie des autoroutes, qui enjambent les ponts au-dessus des ports, serpentent entre les tours de Shinagawa, puis de Shimbashi, puis partout, dessous, dessus jusqu'à la sortie de Kanda-bashi.

Mais où est donc passée la littérature ?

Elle (se) repose...