Convalescence et repos. Le mal de tête continue une bonne partie de la journée, pas invalidant, ni déprimant, juste présent. Il s'en ira après la sieste. Tout de même sorti en fin de matinée, je suis passé à l'Institut franco-japonais où j'ai eu l'occasion de dire des vœux en français et en japonais, puis à Hanamasa pour acheter des tomates et du basilic, chez Becker pour du pain et des bretzels, à la papeterie pour des enveloppes par avion — je vais pouvoir envoyer quelques vœux par écrit en France, aussi.

Pas mal d'heures à l'ordinateur pour du courrier, des lectures de blog et de presse, des compléments à mes billets, et aussi des enregistrements d'émissions de France Culture.

Dans Question d'éthique du 30 décembre, intitulé Les limites morales de la liberté artistique, Monique Canto-Sperber revenait avec Marcela Iacoub sur l'exposition Présumés innocents qui fait scandale des années après son événement (en 2000, l'émotion était plutôt locale), ou plutôt sur le scandale actuel de l'orchestration de ce scandale par de nouvelles ligues de vertu (on disait ça il y a longtemps...) — ou quand une ultra-minorité fait la loi en se faisant passer pour prescriptrice de doxa.
Il en avait été question le 20 décembre dans Ce soir ou Jamais, où, si je me souviens bien, on avait soulevé les questions mais... Emmanuel Pierrat s'était même montré cabotin — au lieu de répondre sur le fond.

Hier, Histoire de Monelle de Marcel Schwob, dans la Fiction de Mauvais Genres... « Celle qui est perdue sitôt trouvée »...

Célébrations de 2007, que choisir ? On a ces jours-ci du Walser partout (j'enregistre). Mes goûts me portent plutôt vers Madeleine de Scudéry, Pablo Picasso pour ses Demoiselles d'Avignon, Alfred Jarry qui partait. Mais aussi un petit pincement de tendresse pour des publications d'il y a cent ans : Arsène Lupin, gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc et Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux.

Super ! Génial ! J'espère que ce plan anagrammatique du métro de Paris fera le tour du monde ! En tout cas, je vois très bien comment s'amuser avec dans les cours de français. Merci à Gilles et à Philippe et à tous ceux qui font circuler l'information. J'ai des amis au métro Singer en dadaïste à qui ça devrait plaire...

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La justice s'acharne sur « Présumés innocents »,
par Édouard Launet, Libération du mercredi 20 décembre 2006.
« Imperturbablement, le juge d'instruction bordelais Jean-Louis Croizier continue d'instruire le procès de l'art contemporain. Il y a un mois, le magistrat mettait en examen Henry-Claude Cousseau, l'ancien directeur du centre d'art contemporain de Bordeaux (CAPC), où l'exposition «Présumés innocents» avait été présentée de juin à octobre 2000. Motif : «diffusion d'images à caractère pédopornographique» et «corruption de mineurs par exposition de documents portant atteinte à la dignité des enfants». Hier, pour les mêmes motifs, Jean-Louis Croizier a mis en examen les deux commissaires de l'exposition, Marie-Laure Bernadac et Stéphanie Moisdon-Tremblay.
Artistes renommés. Le 25 octobre 2000, près d'un mois après la fermeture de l'expo, une association agenaise de protection de l'enfance, la Mouette, avait porté plainte contre les organisateurs, les artistes et jusqu'aux organismes prêteurs : Centre Pompidou, musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Fonds national d'art contemporain, des fonds régionaux d'art contemporain et plusieurs grands musées étrangers. Etaient présentées environ 200 oeuvres de 80 artistes contemporains parmi les plus renommés : Christian Boltanski, Cindy Sherman, Annette Messager, Nan Goldin, Dan Graham, etc. «Présumés innocents» visait à faire un bilan des rapports que l'art contemporain avait entretenus avec l'enfance durant les trente dernières années.
Hier, Marie-Laure Bernadac, désormais conservatrice au Louvre, et Stéphanie Moisdon-Tremblay, critique d'art, se sont retrouvées à tour de rôle face au juge, à commenter pendant près de trois heures la façon dont ont été présentées diverses images d'artistes peu suspects de complaisance envers la pédopornographie : l'Américain Robert Mapplethorpe (mort en 1989), l'Américaine Nan Goldin, le Suisse Ugo Rondinone, l'Autrichienne Elke Krystufek, etc. Lesquels sont exposés hors de France sans problème, mais apparemment jugés «pornographiques» à Bordeaux. Elke Krystufek, mise en cause pour une vidéo (dont le contenu présumé est contesté par les organisateurs), est actuellement exposée au MAK (Museum für Angewandte Kunst) de Vienne, Ugo Rondinone travaille dans une église de Venise.
«Confusion». Par ailleurs, il semble y avoir «une confusion entre l'exposition et le catalogue : plusieurs des images incriminées étaient présentes dans le second, mais pas dans la première», note Stéphanie Moisdon-Tremblay. Qui dit : «J'ai le sentiment d'être face à une énorme manipulation.» Vingt-cinq photos ont été mises en cause par la Mouette. «Nous souhaitons un procès pour ouvrir le débat : est-ce que l'on peut tout faire en termes d'art quand cela concerne les enfants ?» déclarait Christine Maze, avocate de la Mouette, le mois dernier. Ce à quoi Henry-Claude Cousseau répondait, dans les colonnes de Libération : «Cette association se trompe de cible. Ce n'est pas aux artistes qu'il faut s'en prendre, mais à la mercantilisation de l'image de l'enfant dans la publicité et ailleurs.» 
Soutien ministériel. Le ministre de la Culture avait réagi dès la première mise en examen, soutenant Henry-Claude Cousseau, aujourd'hui directeur de l'Ecole nationale des beaux-arts à Paris, «personnalité respectée pour ses compétences et son sens de l'éthique». Le ministre ajoutait, à propos de l'exposition : «L'objet était de mettre en relief les agressions multiples dont les enfants peuvent être victimes, même si cela peut choquer, et je note que des mesures avaient été prises pour restreindre l'accès à certaines parties de l'exposition.» 
Durant les quatre mois de l'expo, une signalétique de mise en garde avait été affichée à l'entrée. Pour les dizaines de classes venues en visite, le personnel avait imaginé un circuit permettant de contourner les documents «sensibles». Parmi les dizaines de témoignages d'enseignants recueillis, seuls deux ont émis des réserves. Pour les autres, l'appréciation est enthousiaste, louant la pertinence des questions de société soulevées.
Six ans après la plainte, l'affaire est relancée. Des commissions rogatoires internationales avaient été lancées afin de retrouver certaines des oeuvres présentées lors de l'expo. En particulier, des enquêteurs se sont rendus à Vienne chez Elke Krystufek, où aucune pièce incriminée n'a pu être retrouvée. «Le dossier est vide, aucune oeuvre ne nous a été produite par le juge d'instruction», commentait hier Me Emmanuel Pierrat, avocat des deux commissaires.»