Métro Singer en dadaïste
Par Berlol, dimanche 7 janvier 2007 à 23:49 :: General :: #508 :: rss
Convalescence et repos. Le mal de tête continue une bonne partie de la journée, pas invalidant, ni déprimant, juste présent. Il s'en ira après la sieste. Tout de même sorti en fin de matinée, je suis passé à l'Institut franco-japonais où j'ai eu l'occasion de dire des vœux en français et en japonais, puis à Hanamasa pour acheter des tomates et du basilic, chez Becker pour du pain et des bretzels, à la papeterie pour des enveloppes par avion — je vais pouvoir envoyer quelques vœux par écrit en France, aussi.
Pas mal d'heures à l'ordinateur pour du courrier, des lectures de blog et de presse, des compléments à mes billets, et aussi des enregistrements d'émissions de France Culture.
Dans
Question d'éthique du 30 décembre, intitulé Les limites morales de
la liberté artistique, Monique Canto-Sperber
revenait avec Marcela Iacoub sur l'exposition
Présumés
innocents qui fait scandale des années après son événement (en 2000,
l'émotion était plutôt locale), ou plutôt sur le scandale actuel de
l'orchestration de ce scandale par de nouvelles ligues de vertu (on
disait ça il y a longtemps...) — ou quand une ultra-minorité fait la loi en se
faisant passer pour prescriptrice de doxa.
Il en avait été question le 20 décembre dans
Ce soir
ou Jamais,
où, si je me souviens bien, on avait soulevé les questions mais... Emmanuel
Pierrat s'était même montré cabotin — au lieu de répondre sur le fond.
Hier, Histoire de Monelle de Marcel Schwob, dans la Fiction de Mauvais Genres... « Celle qui est perdue sitôt trouvée »...
Célébrations de 2007, que choisir ? On a ces jours-ci du Walser partout (j'enregistre). Mes goûts me portent plutôt vers Madeleine de Scudéry, Pablo Picasso pour ses Demoiselles d'Avignon, Alfred Jarry qui partait. Mais aussi un petit pincement de tendresse pour des publications d'il y a cent ans : Arsène Lupin, gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc et Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux.
Super ! Génial ! J'espère que ce plan anagrammatique du métro de Paris fera le tour du monde ! En tout cas, je vois très bien comment s'amuser avec dans les cours de français. Merci à Gilles et à Philippe et à tous ceux qui font circuler l'information. J'ai des amis au métro Singer en dadaïste à qui ça devrait plaire...
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La justice s'acharne sur « Présumés innocents »,
par Édouard Launet, Libération du mercredi 20 décembre 2006.
« Imperturbablement, le juge d'instruction bordelais Jean-Louis Croizier
continue d'instruire le procès de l'art contemporain. Il y a un mois, le
magistrat mettait en examen Henry-Claude Cousseau, l'ancien directeur du
centre d'art contemporain de Bordeaux (CAPC), où l'exposition «Présumés
innocents» avait été présentée de juin à octobre 2000. Motif :
«diffusion d'images à caractère pédopornographique» et «corruption
de mineurs par exposition de documents portant atteinte à la dignité des
enfants». Hier, pour les mêmes motifs, Jean-Louis Croizier a mis en
examen les deux commissaires de l'exposition, Marie-Laure Bernadac et
Stéphanie Moisdon-Tremblay.
Artistes renommés. Le 25 octobre 2000, près d'un mois après
la fermeture de l'expo, une association agenaise de protection de l'enfance,
la Mouette, avait porté plainte contre les organisateurs, les artistes et
jusqu'aux organismes prêteurs : Centre Pompidou, musée d'Art moderne de la
Ville de Paris, Fonds national d'art contemporain, des fonds régionaux d'art
contemporain et plusieurs grands musées étrangers. Etaient présentées environ
200 oeuvres de 80 artistes contemporains parmi les plus renommés : Christian
Boltanski, Cindy Sherman, Annette Messager, Nan Goldin, Dan Graham, etc.
«Présumés innocents» visait à faire un bilan des rapports que l'art
contemporain avait entretenus avec l'enfance durant les trente dernières
années.
Hier, Marie-Laure Bernadac, désormais conservatrice au Louvre, et Stéphanie
Moisdon-Tremblay, critique d'art, se sont retrouvées à tour de rôle face au
juge, à commenter pendant près de trois heures la façon dont ont été
présentées diverses images d'artistes peu suspects de complaisance envers la
pédopornographie : l'Américain Robert Mapplethorpe (mort en 1989),
l'Américaine Nan Goldin, le Suisse Ugo Rondinone, l'Autrichienne Elke
Krystufek, etc. Lesquels sont exposés hors de France sans problème, mais
apparemment jugés «pornographiques» à Bordeaux. Elke Krystufek, mise en cause
pour une vidéo (dont le contenu présumé est contesté par les organisateurs),
est actuellement exposée au MAK (Museum für Angewandte Kunst) de Vienne, Ugo
Rondinone travaille dans une église de Venise.
«Confusion». Par ailleurs, il semble y avoir «une
confusion entre l'exposition et le catalogue : plusieurs des images
incriminées étaient présentes dans le second, mais pas dans la première», note
Stéphanie Moisdon-Tremblay. Qui dit : «J'ai le sentiment d'être face à
une énorme manipulation.» Vingt-cinq photos ont été mises en cause par
la Mouette. «Nous souhaitons un procès pour ouvrir le débat : est-ce que
l'on peut tout faire en termes d'art quand cela concerne les enfants ?» déclarait
Christine Maze, avocate de la Mouette, le mois dernier. Ce à quoi
Henry-Claude Cousseau répondait, dans les colonnes de Libération :
«Cette association se trompe de cible. Ce n'est pas aux artistes qu'il
faut s'en prendre, mais à la mercantilisation de l'image de l'enfant dans la
publicité et ailleurs.»
Soutien ministériel. Le ministre de la Culture avait réagi
dès la première mise en examen, soutenant Henry-Claude Cousseau, aujourd'hui
directeur de l'Ecole nationale des beaux-arts à Paris, «personnalité
respectée pour ses compétences et son sens de l'éthique». Le ministre
ajoutait, à propos de l'exposition : «L'objet était de mettre en relief
les agressions multiples dont les enfants peuvent être victimes, même si cela
peut choquer, et je note que des mesures avaient été prises pour restreindre
l'accès à certaines parties de l'exposition.»
Durant les quatre mois de l'expo, une signalétique de mise en garde avait été
affichée à l'entrée. Pour les dizaines de classes venues en visite, le
personnel avait imaginé un circuit permettant de contourner les documents
«sensibles». Parmi les dizaines de témoignages d'enseignants recueillis,
seuls deux ont émis des réserves. Pour les autres, l'appréciation est
enthousiaste, louant la pertinence des questions de société soulevées.
Six ans après la plainte, l'affaire est relancée. Des commissions rogatoires
internationales avaient été lancées afin de retrouver certaines des oeuvres
présentées lors de l'expo. En particulier, des enquêteurs se sont rendus à
Vienne chez Elke Krystufek, où aucune pièce incriminée n'a pu être retrouvée.
«Le dossier est vide, aucune oeuvre ne nous a été produite par le juge
d'instruction», commentait hier Me Emmanuel Pierrat, avocat des deux
commissaires.»
Commentaires
1. Le dimanche 7 janvier 2007 à 13:23, par brigetoun :
grand merci pour le Grand Cyrus, facile à consommer, et en fait on s'y embarque
2. Le dimanche 7 janvier 2007 à 15:53, par patapon :
Bonne année à tous deux ! Génial, le plan de métro: j’ai fait toute une ligne sans me tromper - preuve, s’il en était besoin, que je suis et serai toujours un Parisien !
3. Le dimanche 7 janvier 2007 à 18:35, par Berlol :
Cher Patapon, nos meilleurs vœux pour toi et les tiens ! Tu auras très bientôt un courriel spécial... Ta ligne sans faute, c'était laquelle ? Parce que moi aussi, j'en ai réussi de bonnes séries...
4. Le dimanche 7 janvier 2007 à 18:48, par patapon :
C’était Etoile- Nation (par Denfert) !
5. Le dimanche 7 janvier 2007 à 19:55, par Berlol :
Chapeau, oui, c'est une longue... de Soleil adulé téléchargé à Ô nanti !, par On rature derechef...
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