mardi 9 janvier 2007
Le Mont Fuji aurait pu avoir été enlevé que je ne le saurais même pas
Par Berlol, mardi 9 janvier 2007 à 23:54 :: General
C'est reparti pour un tour de calendrier ! Rien de tel que les obligations professionnelles pour bien le faire sentir. Aller rejouer le hamster dans une roue qui couine un peu plus chaque année... D'avoir lu, vu des centaines de personnes vieillir n'est rien à côté de le vivre soi-même. Et pourtant, ça n'a aucun intérêt. Je le reconnais. Entre ceux qui s'en foutent (parce que plus jeunes), ceux qui se moquent (parce que plus âgés) et ceux que ça réjouit (parce que le royaume des cieux les attend), il n'y a pas moyen d'en placer une sur cette sensation du vieillissement...
Une fois installé dans le shinkansen, je n'ai pas essayé de résister, j'ai mis mon masque d'enrhumé — ce que je suis un peu, mais c'est aussi pour qu'on ne me voie pas avec la bouche ouverte — et j'ai dormi tout le trajet. Le Mont Fuji aurait pu avoir été enlevé que je ne le saurais même pas. Ceci dit, il y a peu de chance...
Arrivé à la fac, j'ai découvert qu'il n'y avait pas de cours, aujourd'hui, qu'on
rattrapait ainsi un jour férié qu'on n'avait pas chômé (le 23 novembre,
veille de mon départ en France). Ça me laisse du temps, après le déjeuner
de retrouvailles avec David, pour imprimer et coller mes feuilles avant d'aller les déposer au bureau. De toute façon, il fallait que je vienne puisque c'était la date limite de dépôt des sujets d'examens.
Après, c'est boulot et une pause blogs. En tous sens, des nuées pas dénuées de sens... Avec un peu de musique indienne, ça le fait d'autant mieux.
Puis l'émission Metropolis
sur Arte (merci, Christine !),
surtout intéressant pour la Roumanie et la Bulgarie, et un dossier Beckett.
Dîner en compagnie de Frédéric Taddeï et ses invités d'hier
soir, sur France 3, au sujet de la littérature qui fait peur. Mais avant
d'y venir, une mise en bouche avec les réactions des éminents invités sur
la néologie de Ségolène Royal. La rabat-joietitude de Finkielkraut est
d'entrée d'une mauvaise foi consternante (en gros, le mot inventé serait
laid parce que pas nécessaire alors que ceux qu'inventait Barthes étaient
beaux et utiles, lol !). On voit tout de suite, parmi les autres, ceux
qui ont de l'humour et ceux qui ont déjà tous les boulons serrés. Même
l'avis de Todorov est un peu étriqué (que les politiques s'occupent de
politique et laissent l'invention de la langue aux écrivains). Quelque part,
ça me fait plaisir de voir que Taddeï savait qu'abracadabrantesque était de
Rimbaud, Éric Rochant avait l'air de l'ignorer... Chais pas si y va revenir,
celui-là...
Côté littérature, les propos les plus intéressants émanent sans conteste
de Pierre Bayard. C'est quelqu'un dont je me méfiais il y a quelques années,
peut-être parce que ses approches intellectuelles et littéraires me
séduisaient trop facilement, un peu comme Antoine Compagnon ou Philippe
Forest. Mais j'ai vaincu ça, une forme de vanité en moi, et appris à
reconnaître ses qualités.
La cerise, c'est quand même cet extrait, vers 54'30'' du Ce soir ou Jamais,
d'une bonne partie d'un sketch de Poiret
et Serrault, Le Prix littéraire Stéphane Brineville (1967).
Sketch à retrouver entier (semble-t-il, parce que je ne vais pas l'acheter,
non plus...) dans cet Invité
du Jeudi d'Anne Sinclair en 1981, avec Simone Signoret.