Le Mont Fuji aurait pu avoir été enlevé que je ne le saurais même pas
Par Berlol, mardi 9 janvier 2007 à 23:54 :: General :: #510 :: rss
C'est reparti pour un tour de calendrier ! Rien de tel que les obligations professionnelles pour bien le faire sentir. Aller rejouer le hamster dans une roue qui couine un peu plus chaque année... D'avoir lu, vu des centaines de personnes vieillir n'est rien à côté de le vivre soi-même. Et pourtant, ça n'a aucun intérêt. Je le reconnais. Entre ceux qui s'en foutent (parce que plus jeunes), ceux qui se moquent (parce que plus âgés) et ceux que ça réjouit (parce que le royaume des cieux les attend), il n'y a pas moyen d'en placer une sur cette sensation du vieillissement...
Une fois installé dans le shinkansen, je n'ai pas essayé de résister, j'ai mis mon masque d'enrhumé — ce que je suis un peu, mais c'est aussi pour qu'on ne me voie pas avec la bouche ouverte — et j'ai dormi tout le trajet. Le Mont Fuji aurait pu avoir été enlevé que je ne le saurais même pas. Ceci dit, il y a peu de chance...
Arrivé à la fac, j'ai découvert qu'il n'y avait pas de cours, aujourd'hui, qu'on
rattrapait ainsi un jour férié qu'on n'avait pas chômé (le 23 novembre,
veille de mon départ en France). Ça me laisse du temps, après le déjeuner
de retrouvailles avec David, pour imprimer et coller mes feuilles avant d'aller les déposer au bureau. De toute façon, il fallait que je vienne puisque c'était la date limite de dépôt des sujets d'examens.
Après, c'est boulot et une pause blogs. En tous sens, des nuées pas dénuées de sens... Avec un peu de musique indienne, ça le fait d'autant mieux.
Puis l'émission Metropolis
sur Arte (merci, Christine !),
surtout intéressant pour la Roumanie et la Bulgarie, et un dossier Beckett.
Dîner en compagnie de Frédéric Taddeï et ses invités d'hier
soir, sur France 3, au sujet de la littérature qui fait peur. Mais avant
d'y venir, une mise en bouche avec les réactions des éminents invités sur
la néologie de Ségolène Royal. La rabat-joietitude de Finkielkraut est
d'entrée d'une mauvaise foi consternante (en gros, le mot inventé serait
laid parce que pas nécessaire alors que ceux qu'inventait Barthes étaient
beaux et utiles, lol !). On voit tout de suite, parmi les autres, ceux
qui ont de l'humour et ceux qui ont déjà tous les boulons serrés. Même
l'avis de Todorov est un peu étriqué (que les politiques s'occupent de
politique et laissent l'invention de la langue aux écrivains). Quelque part,
ça me fait plaisir de voir que Taddeï savait qu'abracadabrantesque était de
Rimbaud, Éric Rochant avait l'air de l'ignorer... Chais pas si y va revenir,
celui-là...
Côté littérature, les propos les plus intéressants émanent sans conteste
de Pierre Bayard. C'est quelqu'un dont je me méfiais il y a quelques années,
peut-être parce que ses approches intellectuelles et littéraires me
séduisaient trop facilement, un peu comme Antoine Compagnon ou Philippe
Forest. Mais j'ai vaincu ça, une forme de vanité en moi, et appris à
reconnaître ses qualités.
La cerise, c'est quand même cet extrait, vers 54'30'' du Ce soir ou Jamais,
d'une bonne partie d'un sketch de Poiret
et Serrault, Le Prix littéraire Stéphane Brineville (1967).
Sketch à retrouver entier (semble-t-il, parce que je ne vais pas l'acheter,
non plus...) dans cet Invité
du Jeudi d'Anne Sinclair en 1981, avec Simone Signoret.
Commentaires
1. Le mardi 9 janvier 2007 à 14:57, par christine :
pareil pour moi, le hamster dans la roue qui couine ... nous devons être peu ou prou au même âge critique (je m'aperçois ce disant que je ne sais pas quel âge tu as, que ta fiche dans bn-opale plus est muette sur ce point et que même google sèche!)
et cette fois j'ai une citation de Proust à dégainer (pour faire plaisir à Dominique Fromentin) : " Il en est de la vieillesse comme de la mort. Quelques-uns les affrontent avec indifférence, non pas parce qu'ils ont plus de courage que les autres, mais parce qu'ils ont moins d'imagination. " (ça console peu mais ça flatte l'ego)
2. Le mardi 9 janvier 2007 à 15:55, par Berlol :
J'ai l'âge qu'avait Spinoza quand il est mort. Mais à sa différence, je n'ai pas encore écrit mon œuvre... Donc pas question de partir, je mets de l'huile dans ma roue qui couine.
3. Le mardi 9 janvier 2007 à 16:23, par christine :
c'est d'ailleurs ce que dit Proust juste après dans le Temps retrouvé ... mettons de l'huile, donc (car, si mes calculs sont exacts, je ne suis plus jeune que d'une poignée de semaines)
4. Le mercredi 10 janvier 2007 à 03:55, par brigetoun :
le concours des nuages m'a rappelé l'époque où à l'heure du déjeuner j'allais au Louvre pour regarder uniquement (ou presque) le traitement du ciel
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