Cours de lecture, ce matin, avec un texte sur la rémanence du franc dans l'esprit des Français. Quoi qu'en disent les économistes, qui s'autoproclament gens de confiance plus souvent qu'à leur tour, la majorité des Français a constaté que le passage à l'euro a accentué l'augmentation des prix. Cette inflation est évidente pour moi qui ne viens en France qu'une ou deux fois par an (et quelques autres dans mon cas avec qui j'en ai parlé) : à la différence de ceux qui ne les voient pas augmenter d'un ou deux centimes chaque quinzaine ou mois, je les vois faire des bonds d'euros à chaque semestre.
Je me souviens très bien qu'un bon restaurant coûtait dans les 100 à 120 francs. Or les mêmes menus sont aujourd'hui à 30 ou 35 euros. Il y a plus de 10 euros de différence !
Enfin bref, mes étudiants se sont très bien débrouillés. Sans avoir le texte (c'est exprès), ils l'ont écouté trois fois, ont pris progressivement des notes et en ont à peu près ramassé tout le contenu. Comme la plupart étaient avec moi à Orléans en février dernier, ils se souviennent, pour certains, d'en avoir entendu parler dans leur famille d'accueil. La boucle est bouclée.

Dans l'après-midi, beau soleil, je vais en vélo à la mairie d'arrondissement pour le renouvellement de ma carte d'étranger. Ça se passe sans problème, avec un employé d'une soixantaine d'années qui me dit avoir appris un peu de français quand il était à l'université — c'était pour pouvoir lire Le petit Prince, ajoute-t-il...

Détour par le supermarché Sapore (4 ou 5 km en plus) pour du vinaigre, du thé, un pot d'asperges en promo et quelques autres bricoles, dont du cantal pour T.
Quand je reviens, après des collines, j'ai chaud partout, sauf aux genoux, que j'ai, décidément, de plus en plus sensibles. C'est la première année que ça me fait ça (couinement de roue à l'oreille du hamster...).
Je remonte au bureau et m'occupe de courrier et d'émissions de radio.

Beau crépuscule.
Et enfin ! : séance au centre sportif (pour vélo statique et appareil de marches de montagne). Et coinçage du Picard au-delà de son champ de compétence : « La tendance paraît irréversible, surtout depuis le développement foudroyant d'Internet. Les "humanistes" se trouvent donc dans la situation traumatisante d'être réduits à une minorité parmi d'autres, alors qu'ils pensaient défendre les valeurs universelles et éternelles de la condition humaine. La chute est rude, la désillusion sévère.» (Georges Picard, Tout le monde devrait écrire, p. 89)
Faudrait qu'il s'approche de nos constellations pour voir comment combien pourquoi et par qui la littérature et le désintéressement survivent très bien — en attendant les nouveaux modèles socio-économiques...
D'ailleurs, sans le savoir, il en parle lui-même : « Ainsi j'ai l'espoir que l'intensité d'écriture et de lecture n'a rien à perdre à s'exercer dans une relative confidentialité partagée par quelques milliers d'amateurs. [...] C'est justement parce qu'il n'y a rien à attendre du médiatique et du social en général qu'écrire ressemble de mieux en mieux à une vocation désintéressée.» (Ibid., p. 90 et 91 — Or, je ne disais rien de différent au sujet des salons littéraires dans l'internet ou du littéréticulaire...)

À saisir :
Danièle Gasiglia et Arnaud Laster m'informent, avec leurs bons vœux, d'un très prochain Festival Hugo et Égaux, du 15 janvier au 7 février 2007, dont voici le programme (marche mieux avec Internet Explorer qu'avec Firefox...). Suis étonné de n'en avoir pas entendu parler auparavant, mais de toute façon, je ne pourrai pas y être.

L'analyse contrastive des ouvrages de Jacques Rancière (Politique de la littérature) et de Tzvetan Todorov (La Littérature en péril) dans le Tout arrive d'hier est très intéressante (enfin la première partie, parce que la seconde, ça craint un peu, comme à chaque fois que Tout arrive devient du sous Le Masque et la Plume...). Si j'en juge par ce que disait Todorov lundi soir dans Ce soir ou Jamais, d'ailleurs le plus souvent d'accord, à ma grande surprise, avec Alain Finkielkraut, il est vrai qu'il s'exprime avec nostalgie, voire qu'il serait « réac »... et non pas « réactionnaire » (ce sont les mots de Daniel Martin).
En revanche Rancière, comme toujours, à recommander pour vraiment réfléchir.

On a bien le droit de s'amuser... avant le Ce soir ou Jamais d'hier soir, plus sérieux car entièrement consacré au monde musulman et dans lequel on voit, entre des débats plutôt bien menés (et Taddeï sans cravate), qu'il y a du différend, du connivent, donc de la diversitude...