Des catastrophes posées comme des évidences
Par Berlol, mercredi 17 janvier 2007 à 23:59 :: General :: #518 :: rss
Entre ici et
là
blonds sourires de leur joie
gît quelque chose l'enfance
éveil enfui d'années entières
En moi gelées
lentement remonte
dix fois cent fois
sans que je comprenne quoi
ni mes drames derrière l'extase
Mais il est temps d'aller au présent. Et comme en pilotage automatique, pas absent, juste souple, donner cours, ranger courrier, manger si peu, assister réunion, parler, écouter, aider, écrire, se taire.
Les heures ont passé, quelques gouttelettes aussi, me revoici
au réticule. Pour revenir sur un Labyrinthe
paradoxalement si bien rangé... Merci Constance et Christine !
De la bravitude aux moulins renversés, c'est le miel du dernier ASI !
Pour la bravoure, c'est par ici : on commence trois semaines avec Lord Jim, d'après Conrad, sur France Culture (après deux semaines avec Robert, de Walser).
Au sport en fin d'après-midi, je pédale et transpire sans
compter en enchaînant des anges mineurs...
À la différence de nouvelles (Hemingway, Maupassant, etc.), le passage d'une
histoire à une autre, d'une séquence à une autre se fait sans pause de ma
part. Les incipits sont saisissants et propulsent le lecteur dans des
catastrophes posées comme des évidences, déjà pliées et quand même très
surprenantes, à chaque fois. Et puis Volodine me soulage, me décomplexe
(depuis des mois) en fissurant, déstabilisant, démolissant le réel et sa
sacro-sainteté – nous pouvons avec lui jouer littérairement à croire
à nos territoires oniriques sans que ce soient de débiles zones habitées par
des personnages de dessins animés.
« [...] méfiant quant à la nature du réel qu'on l'obligeait à parcourir, il défendait l'intégrité de ses espaces oinriques en y plaçant des pièges destinés aux indésirables, des glus métaphysiques, des nasses.» (Antoine Volodine, Des Anges mineurs, Seuil, 1999, p. 31)
Étrange coïncidence, la discussion de Ce
soir ou Jamais
d'hier, dans sa majeure partie (après l'interview de Sigourney Weaver,
mazette !) porte sur les reprises, le succès des reprises des chansons
d'il y a vingt ou quarante ans, de ce que nous font même les chansons les plus
débiles pour peu qu'elles aient été associées à des moments importants —
ou parfois même pas. C'est-à-dire un peu la même chose que ce que j'essayais
de comprendre, capter, sonder ce matin avec Blondie ou Captain & Tennille...
Et je ne l'ai pas fait exprès, j'avais vraiment choisi déjà ces deux liens
pour ce soir bien avant de voir l'émission.
Agnès Jaoui, je n'ai pas de mots tellement je l'admire. Frédéric Taddeï est
rayonnant. D'ailleurs depuis quelques jours — est-ce bien d'écrire ça
ici ? — je me suis surpris à m'exprimer comme lui... Port de tête,
gestes des mains, ton de voix, façon de donner la parole, mes étudiants n'y
voient que du feu. C'est une tendance chez moi, quand quelqu'un m'impressionne,
je deviens mimétique. Il y a une dizaine de personnes, comme ça, je pense,
que j'ai fréquentées ou observées quelques heures, et qui ont exercé sur
moi ce type d'influence pendant quelques jours... avant qu'elle soit
intégrée à moi-même, digérée, devienne une partie de moi — ou avant
qu'elle soit tout simplement oubliée.
Commentaires
1. Le mercredi 17 janvier 2007 à 13:28, par k :
je suis dans le moment là_pourquoi là_cet instant là je ne le sais pas
mais je suis dans le moment où je dois réecouter qui je suis_puisqu'elle en parle là_que je prends forme dans ses mots_que j'arrive à entrevoir_qui je suis_non sans douleur_ce mot là qui me définit_lol vAn steiN...........la suite làcorpsviande.canalblog.com...
2. Le jeudi 18 janvier 2007 à 03:52, par brigetoun ou brigitte célérier :
très joli aveu final. Nous en sommes tous plus ou moins là mais nous nous l'avouons rarement
Lord Jim est il le symbole du courage ou de la bravitude ?
3. Le jeudi 18 janvier 2007 à 13:43, par christine :
si bien rangé ... merci ! (je passe mon temps à me dire le contraire)
un peu excessive tout de même ton admiration fascinée pour Taddéï ! (même si j'aime bien son émission que je regardécoute tout en surfant quasiment tous les soirs : après quelques cafouillages, il a trouvé un ton, sait s'entourer d'invités intéressants et mélanger avec art les niveaux de langue et de cultures (ce que d'aucuns lui reprochent) )
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