Le dernier jour. Les derniers cours. De l'année universitaire. Avec des étudiants, et des vrais morceaux d'inquiétude dedans, rapport aux examens la semaine prochaine. Même pas eu de déjeuner.
Après quoi, je me décrasse le cerveau au milieu de la route, puis au Cabaret Voltaire...

J'avais demandé aux premières années de préparer des charades pour les faire en classe. Une dizaine étaient plutôt bien tournées (si-elle, crois-sent, chaud-col-a, etc.), en deux ou trois parties. Le jeu est pigé. Et puis une des miennes qui les a bien distraits :
Mon premier arrive quand l'eau est chaude
Mon second est le contraire de rapide
Mon troisième, c'est moi devant un verbe
Mon dernier est beaucoup mangé au Japon
Et mon tout est un magasin dangereux.

En dînant, C dans l'air sur le tabou ethnique (du 10 janvier 2007). Des invités s'exprimant de façon claire ; des prises de positions bien motivées ; mais des reportages pas toujours utiles au regard du niveau (élevé) du débat. Faut-il ou non compter la population selon ce qu'il est convenu d'appeler les origines ethniques, à l'instar de l'Angleterre qui le fait sans complexe ? Sauf que les termes eux-mêmes sont d'une subjectivité folle (et l'ethnicité pourrait bien n'être qu'un prétexte pour reparler de race). Sauf qu'il faut être naïf pour imaginer qu'une fois les catégories établies, personne n'aura jamais l'idée de les utiliser à mauvais escient (un mauvais escient selon nous aujourd'hui mais qui sera décrit et pensé comme un bon escient par celui qui le promouvra).

Autres catégories, mêmes risques de rangement :
« Combien de fois, par exemple, Michel Butor ne s'est-il pas évertué à renier l'école du Nouveau Roman, revendiquant la singularité des écrivains enrôlés dans l'écurie Lindon des années 50 ? Cas significatif qui a vu une mode se transformer efficacement en école, et l'école fournir son contingent de disciples, souvent plus dévots appliqués que romanciers inspirés. Cette sorte d'école est faite pour être brûlée. Néanmoins, elle symbolise le vaisseau amiral qui fera peut-être traverser l'océan des siècles à un équipage d'écrivains d'eau douce ramant dans l'ombre de trois ou quatre noms emblématiques.» (Georges Picard, Tout le monde devrait écrire, p. 124-125)