Allez ! Encore une page qui se tourne ! Celle de Bikun sous notre toit depuis deux semaines. Je l'accompagne jusqu'à la gare d'Iidabashi, avec valises et sac à dos, chargés de matériel photographique et informatique... Il restera encore une semaine au Japon avant de rentrer en France.
En bas de Kagurazaka, nous nous arrêtons (pour qu'il se détende le bras) devant la boutique fermée de Fujiya. Plus de Peko-chan-yaki, ni de choux à la crème : le scandale de l'usage industriel de laits périmés a contraint la firme à tout arrêter, production et vente. Nous nous interrogeons sur le sort des milliers d'employés qui ne sont pas responsables... Mais il n'en est question dans aucun article de presse. L'enquête a montré d'autres manquements graves aux règles d'hygiène et aux contrôles bactériologiques. La démission du PDG et les excuses publiques avec chialerie de regret devant troupeaux de caméras seront-elles utiles pour conserver les emplois et réorganiser une production saine ?

Les établis, — une autre planète — chronique radiophonique d'une étonnante page d'histoire (en trois Surpris par la nuit), ou comment de jeunes intellectuels petits-bourgeois se sont convaincus d'aller travailler en usine, et comment ils ont vécu cette expérience, dans les années 60-70, un temps d'idéologies et d'engagements, à tort et à raison.

« Les échanges les plus intéressants auxquels j'assiste ou que j'écoute à la radio me laissent souvent sur ma faim : il y manque le développement et la précision que je sais pouvoir trouver dans les livres des participants.» (Georges Picard, Tout le monde devrait écrire, p. 134)
Pas d'accord pour généraliser, systématiser une opposition conversation contre texte, émission contre livre — oral contre écrit, finalement. Pas d'accord non plus pour mettre toutes les émissions dans le même sac : il y a un monde entre Le Masque et la Plume, par exemple, et Jeux d'épreuves, pour rester dans le débat sur l'actualité des livres. L'une est faite pour spectaculariser l'escrime des chroniqueurs (et les rires sont là), l'autre pour parler posément des ouvrages.
Si on est misanthrope ou mélancolique au point que seul le commerce des livres soit supportable, il vaut peut-être mieux (se) l'avouer que de mettre un paravent dialectique pour accuser ailleurs.

Sortons une partie de l'après-midi pour aller à l'Office Depot d'Ichigaya, notamment pour acheter des cartouches d'imprimante car T. fait du recto-verso depuis hier soir. L'imprimante montre d'ailleurs des signes de fatigue, malgré le magasin arrière spécial. De plus, l'alerte de niveau d'encre a tendance à venir un peu trop tôt à notre goût — amer des cartouches à 4000 yens... On a commencé à retirer et remettre la même cartouche, et ça marche... Si on ajoute à cela le fait que je ne peux plus imprimer depuis deux semaines parce que mon ordinateur ne trouve pas l'imprimante, ça commence à faire beaucoup pour une machine neuve !
Par hasard, là, tout à l'heure, vers 23h45, T. me demande de réessayer pour pouvoir noter le message qui apparaît en bas à droite de mon écran quand ça refuse d'imprimer, histoire de se plaindre avec de quoi. Je m'exécute et... ça marche ! Ça imprime ! J'essaie alors avec mes notes de cours, puisque c'est avec ça que ça plantait la semaine dernière, et ça marche aussi !
À n'y rien comprendre... Je vais me coucher, tiens !