mercredi 24 janvier 2007
Aucun trou de balle dans mon paletot
Par Berlol, mercredi 24 janvier 2007 à 09:37 :: General
Tristesse et étonnement ce matin en remontant des liens entrants.
Je découvre les développements du contentieux
Cynthia 3000, suite au soutien que j'ai apporté à l'initiative libraire
de François Bon. Je pourrais ne pas en parler car cela ne représente pas
grand chose dans le web ou dans la vie, mais un des principes du JLR
est de tenir journal des événements littéréticulaires — et c'en est bien
un. Et puis ce serait vouloir cacher cela, comme si j'en avais honte... Ou
comme si j'avais des intérêts ou territoires à défendre, comme un
petit-bourgeois étouffe une affaire de mœurs... Non, regardez, lisez !
C'est même assez comique, dans le fond.
Car il s'agit maintenant d'une belle plante de haine et de mauvaise foi, qui
continue au gré des commentaires à produire ses fruits de médisance et
d'insulte, lâchés d'une très grande hauteur de vérité et de certitude.
Car ceux qui savent, savent qu'ils savent, et n'ont que mépris et invective
à l'égard de ceux qui ne savent pas comme eux, d'évidence (que Bon serait
mauvais, par exemple). Et voulant la vérité de la critique, ils s'acharnent
sur l'objet de leur haine, à grand renfort de Domecq, sans jamais expliquer
leurs motivations profondes — par exemple : pourquoi ils ont cessé un
jour d'apprécier François Bon, puisqu'ils s'accordent à dire qu'au
début c'était bien...
Une fois la surprise passée, je m'aperçois que je ne suis pas blessé. Je me relève, même. Aucun trou de balle dans mon paletot idéal. Un peu de tristesse, oui, encore une fois, par rapport à ce que j'ai déjà appelé des « souvenirs ». Mais surtout, donc, étonnement, effarement même, que de si insignifiantes choses (l'un utilise un programme marchand pour faire connaître et vendre les livres qu'il apprécie, l'autre édite à l'ancienne et vend sur son site — oui, vous remarquez, des deux côtés, on vend quelque chose, quand même...) prennent de telles proportions, un peu comme si on n'avait que ça à faire (ce dont je doute).
Il faut savoir que Cynthia
3000 n'a pas toujours eu ce beau prénom (et ce 3000 qui me fait toujours
sourire en pensant à Bran
Van 3000), qu'il s'agit du récent tandem éditorial (non masqué) formé
de Bartlebooth et Cel (et salué
ici à sa naissance). Le Préfet maritime n'est autre qu'Éric
Dussert, de l'Alamblog,
rencontré
le 1er décembre dernier au Colloque des Invalides (où les deux précédents
ont également été brièvement croisés). Le Commissaire Baillieu est pour
moi un nouvel anonyme, encore sans caractère (un commis). Quant à Anton,
c'est sans doute la personne qui signait autrefois Arte dans les commentaires,
toujours dans l'anonymat, et qui était un intime du JLR jusqu'au jour
du retournement de veste. Bartlebooth, Cel et Arte étaient ici chez eux, y
semant d'ailleurs de jolies pagailles, que je ne regrette pas (on dit que
c'est une de mes faiblesses), avant de se tourner brusquement contre moi, en
juin dernier, à
l'occasion d'une énième passe d'armes, déjà au sujet de François Bon.
Mais à part les affirmations tranchantes et les sentences à l'emporte-tête,
je n'ai jamais lu sur leurs sites respectifs d'analyse de texte, d'explication
détaillée de leur jugement. Comment font-ils ? Comment
savent-ils ?
Justement, je me posais aussi la question du pourquoi (le comment, je le
vois) — mais je ne reviendrai pas cent ans en arrière en séparant le fond
de la forme. Pourquoi un tel acharnement ? Et pourquoi sauraient-ils ces
vérités secrètes de la littérature, que j'ignorerais malgré les études
de lettres ?... Ou à cause des études, qui m'auraient spécieusement
fait croire, comme l'affirme Fienkielkraut, à une possible démocratisation
du jugement par l'école, par la pédagogie de la critique, alors qu'il n'y
aurait bien sûr qu'une et éternelle vérité, celle de l'élite, du bon
goût, du jugement sans réfléchir, qui s'hérite et ne s'apprend pas.
Oh oui, comme les études ont dû me tordre l'esprit ! Et me donner des
rêves d'accession ! Y compris par le virtuel ! Oh, les belles
places qu'il y avait à prendre dans le monde des lettres ! Je tendais
les mains vers elles ! (Sans jamais écrire un seul livre qui se
prétendrait littéraire, toutefois, non, pas la peine, avec le virtuel...)
Mais il me faut bien me rendre compte aujourd'hui — merci Anton et
Cynthia de m'ouvrir les yeux, de me les arracher, même ! Non, non, y'a
pas de mal, je n'en avais plus besoin, de toute façon, j'étais mauvais
depuis le début, et je me demande même comment vous avez pu vous prendre à
mon illusoire attrait... (Et vous vous le demandez aussi, vous le regrettez
même... Mais tant pis, toutes les traces sont là, pas effacées, il suffit
d'aller dans l'Index Nominum
et de vous y chercher... Ah ! on peut dire que vous vous y êtes bien
étalés...)
Oui, il me faut bien me rendre compte, comme dans un texte d'Antoine
Volodine ou
dans un rêve de Tchouang
Tseu, que je suis dans un monde onirique, à dix mille kilomètres ou à
dix mille ans, qui n'a rien à voir avec le monde réel — et les signes que
vous m'adressez obligeamment n'ont aucune chance de m'atteindre, hélas, trois
fois hélas !