Aucun trou de balle dans mon paletot
Par Berlol, mercredi 24 janvier 2007 à 09:37 :: General :: #525 :: rss
Tristesse et étonnement ce matin en remontant des liens entrants.
Je découvre les développements du contentieux
Cynthia 3000, suite au soutien que j'ai apporté à l'initiative libraire
de François Bon. Je pourrais ne pas en parler car cela ne représente pas
grand chose dans le web ou dans la vie, mais un des principes du JLR
est de tenir journal des événements littéréticulaires — et c'en est bien
un. Et puis ce serait vouloir cacher cela, comme si j'en avais honte... Ou
comme si j'avais des intérêts ou territoires à défendre, comme un
petit-bourgeois étouffe une affaire de mœurs... Non, regardez, lisez !
C'est même assez comique, dans le fond.
Car il s'agit maintenant d'une belle plante de haine et de mauvaise foi, qui
continue au gré des commentaires à produire ses fruits de médisance et
d'insulte, lâchés d'une très grande hauteur de vérité et de certitude.
Car ceux qui savent, savent qu'ils savent, et n'ont que mépris et invective
à l'égard de ceux qui ne savent pas comme eux, d'évidence (que Bon serait
mauvais, par exemple). Et voulant la vérité de la critique, ils s'acharnent
sur l'objet de leur haine, à grand renfort de Domecq, sans jamais expliquer
leurs motivations profondes — par exemple : pourquoi ils ont cessé un
jour d'apprécier François Bon, puisqu'ils s'accordent à dire qu'au
début c'était bien...
Une fois la surprise passée, je m'aperçois que je ne suis pas blessé. Je me relève, même. Aucun trou de balle dans mon paletot idéal. Un peu de tristesse, oui, encore une fois, par rapport à ce que j'ai déjà appelé des « souvenirs ». Mais surtout, donc, étonnement, effarement même, que de si insignifiantes choses (l'un utilise un programme marchand pour faire connaître et vendre les livres qu'il apprécie, l'autre édite à l'ancienne et vend sur son site — oui, vous remarquez, des deux côtés, on vend quelque chose, quand même...) prennent de telles proportions, un peu comme si on n'avait que ça à faire (ce dont je doute).
Il faut savoir que Cynthia
3000 n'a pas toujours eu ce beau prénom (et ce 3000 qui me fait toujours
sourire en pensant à Bran
Van 3000), qu'il s'agit du récent tandem éditorial (non masqué) formé
de Bartlebooth et Cel (et salué
ici à sa naissance). Le Préfet maritime n'est autre qu'Éric
Dussert, de l'Alamblog,
rencontré
le 1er décembre dernier au Colloque des Invalides (où les deux précédents
ont également été brièvement croisés). Le Commissaire Baillieu est pour
moi un nouvel anonyme, encore sans caractère (un commis). Quant à Anton,
c'est sans doute la personne qui signait autrefois Arte dans les commentaires,
toujours dans l'anonymat, et qui était un intime du JLR jusqu'au jour
du retournement de veste. Bartlebooth, Cel et Arte étaient ici chez eux, y
semant d'ailleurs de jolies pagailles, que je ne regrette pas (on dit que
c'est une de mes faiblesses), avant de se tourner brusquement contre moi, en
juin dernier, à
l'occasion d'une énième passe d'armes, déjà au sujet de François Bon.
Mais à part les affirmations tranchantes et les sentences à l'emporte-tête,
je n'ai jamais lu sur leurs sites respectifs d'analyse de texte, d'explication
détaillée de leur jugement. Comment font-ils ? Comment
savent-ils ?
Justement, je me posais aussi la question du pourquoi (le comment, je le
vois) — mais je ne reviendrai pas cent ans en arrière en séparant le fond
de la forme. Pourquoi un tel acharnement ? Et pourquoi sauraient-ils ces
vérités secrètes de la littérature, que j'ignorerais malgré les études
de lettres ?... Ou à cause des études, qui m'auraient spécieusement
fait croire, comme l'affirme Fienkielkraut, à une possible démocratisation
du jugement par l'école, par la pédagogie de la critique, alors qu'il n'y
aurait bien sûr qu'une et éternelle vérité, celle de l'élite, du bon
goût, du jugement sans réfléchir, qui s'hérite et ne s'apprend pas.
Oh oui, comme les études ont dû me tordre l'esprit ! Et me donner des
rêves d'accession ! Y compris par le virtuel ! Oh, les belles
places qu'il y avait à prendre dans le monde des lettres ! Je tendais
les mains vers elles ! (Sans jamais écrire un seul livre qui se
prétendrait littéraire, toutefois, non, pas la peine, avec le virtuel...)
Mais il me faut bien me rendre compte aujourd'hui — merci Anton et
Cynthia de m'ouvrir les yeux, de me les arracher, même ! Non, non, y'a
pas de mal, je n'en avais plus besoin, de toute façon, j'étais mauvais
depuis le début, et je me demande même comment vous avez pu vous prendre à
mon illusoire attrait... (Et vous vous le demandez aussi, vous le regrettez
même... Mais tant pis, toutes les traces sont là, pas effacées, il suffit
d'aller dans l'Index Nominum
et de vous y chercher... Ah ! on peut dire que vous vous y êtes bien
étalés...)
Oui, il me faut bien me rendre compte, comme dans un texte d'Antoine
Volodine ou
dans un rêve de Tchouang
Tseu, que je suis dans un monde onirique, à dix mille kilomètres ou à
dix mille ans, qui n'a rien à voir avec le monde réel — et les signes que
vous m'adressez obligeamment n'ont aucune chance de m'atteindre, hélas, trois
fois hélas !
Commentaires
1. Le mardi 23 janvier 2007 à 18:32, par Manu :
Dommage que vous n'ayez pas eu le temps de prendre un verre en décembre dernier. Cela aurait peut-être permis de lever certains malentendus... On ne peut pas tout régler dans le virtuel. Une bonne vieille rencontre réelle fait parfois du bien. Ceci dit, te rejeter essentiellement parce que tu es l’ami de leur ennemi, c’est un peu bête de leur part...
2. Le mardi 23 janvier 2007 à 19:10, par Berlol :
Oui, peut-être, mais j'avais un déjeuner ailleurs, déjà prévu. Trop bête la vie...
3. Le mercredi 24 janvier 2007 à 01:56, par brigetoun :
puis je vous faire remarquer que l'on peut renverser la proposition et que c'est peut être leur monde qui est hors sol, comme un beau petit vase suspendu, où bien sûr la vie peut être dure ce qui ne les autorise pas à juger les autres, qui font avec la vie telle qu'elle est (et aux pauvres ilotes qui se mèlent de s'intéresser aussi avec les moyens qui sont les leurs à la littérature) - un beau monde légitime où l'on ne peut se tromper, ce qui les amènera d'ailleurs à des affrontements internes
4. Le mercredi 24 janvier 2007 à 02:26, par christine :
j'évitais jusqu'alors de me mêler à cette querelle, passionnante du point de vue psychologique mais pas vraiment sur le fond (trouvé-je) mais je voudrais saluer ce beau billet ... très littéraire jusque dans ses pointes de mauvaise foi (celle de Grégory et Céline n'est pas mal non plus, si candide qu'elle en devient elle aussi littéraire à défaut de convaincre)
ma lecture de ta zone de commentaires n'ayant pas été suffisamment assidue lors du contentieux initial, j'ai du mal à imaginer ce qui motive une si tenace rancune de la part de tes anciens hôtes : j'ai même essayé il y a quelque temps de passer une lampe de spéléologue pour tenter de reconstituer la fresque via ton index, mais elle est restée lacunaire par manque de temps
peut-être devrais-tu envisager, pour les néophytes, un résumé des épisodes précédents de ce Dallas réticulaire ; à moins que, comme très souvent les rancunes irréductibles, celle-ci n'ait aucune explication ?..
5. Le mercredi 24 janvier 2007 à 03:07, par vinteix :
Certains ont apparemment beaucoup de temps à perdre... ou de fiel en stock... N'ayant fait que survoler le débat, autant par manque d'intérêt, de temps que par lassitude, il ne m'a pas semblé que l'affaire semblait si importante (mais peut-être me trompe-je... ou bien y-a-t-il des intérêts cachés...) au point de soulever de telles passions, explications et un tel acharnement sur telle ou telle personne... en outre, je trouve un peu ridicule cette guéguère picrocholesque, "au nom d'un amour de la littérature", qui reste en dehors...
6. Le mercredi 24 janvier 2007 à 05:51, par Berlol :
Temps ou fiel, vous avez raison, il y en a qui passent en ce moment même avec leur lampe de spéléo. Je vois ça au nombre de connexions de certaines adresses IP qui visitent d'affilée 30 ou 40 pages différentes du JLR, ce qui est tout à fait inhabituel. Mais ne t'y trompe pas, Vinteix, il y a souvent de l'universel dans le pichrocolin.
Merci, Christine, pour l'appréciation. C'est d'ailleurs aussi pour cela que je laisse les commentaires ouverts — ou tout simplement que j'autorise les commentaires — car nombre de stimuli qui me font écrire viennent de l'extérieur, et pas toujours dans la joie.
Ce que je rappellerai à ceux qui s'isolent, c'est que les tours d'ivoire ne mènent nulle part.
7. Le mercredi 24 janvier 2007 à 13:23, par Cynthia 3000 :
Quel bel article, Berlol ! Méchamment revanchard et malhonnête, à l’objectif de pourrissement.
Es-tu sûr de toi lorsque tu dis que notre article « ne représente pas grand-chose dans le web ou dans la vie » ? Parce qu’on dirait, malgré ta branlante justification, que c’est une affaire de la plus haute importance (autre que simplement « littéréticulaire »), qui t’amène à consacrer exceptionnellement une note entière à ce seul sujet, allant jusqu’à bouleverser les habitudes également horaires de ton journal (l’événement n’attend pas ! surtout quand il a déjà 5 jours…).
Malin en retournement rhétorique, tu voudrais faire croire que c’est en n’en parlant pas que tu étoufferais cet « événement » alors même que c’est justement et bien évidemment ce que tu t’escrimes à faire ici en en parlant : étouffer les questions et réflexions que l’article pose, détourner le propos, miner l’objectivité d’ensemble en allant chercher des « motivations » ridicules, ramener tout à ton JLR. Et ne parlons pas de ces intérêts dont tu te dédouanes, nous ne tomberons pas dans tes travers suppositoires.
Pour le reste, d’une bêtise à couper le souffle, on en a assez de répondre point par point à tes questions quand tu ne t’attaches qu’à tirer de nos explications des interprétations fumeuses et quand toi-même évite soigneusement de te frotter au plus dérangeant.
Le ridicule de tes argumentations et de tes piètres moyens pour tenter de nous enfoncer atteint de tels sommets que nous ne nous attarderons pas plus ici.
En attendant, nous nous adressons cette fois-ci à tes lecteurs, allez en effet voir dans le JLR comme le conseille Berlol, les pas si récentes histoires qu’il ressort ne sont pas sans intérêt, quoique l’ensemble soit probablement quasi illisible : beaucoup de commentaires et des enchaînements qui se perdent. Le mieux est de relire le plus gros de la page de décembre 2005 (déjà !). Tes méthodes, Berlol, sont aussi nulles qu’elles se voudraient lumineuses.
8. Le jeudi 25 janvier 2007 à 05:14, par vinteix :
Pour parler d'autre chose... et en continuité avec ta citation de Picard, l'autre jour, et ce que nous disions à gros traits de l'écrit et de l'oral, trouvé hier, citée par "ton ami" Meschonnic, cette phrase superbe de Cicéron :
"Il y a même quand on parle une sorte de chant plus obscur."
De quoi méditer... infiniment...
9. Le jeudi 25 janvier 2007 à 15:56, par Berlol :
Où cite-t-il cela ? Tu as une référence précise ?
10. Le jeudi 25 janvier 2007 à 17:19, par christine :
www.parages.ens.fr/confer...
(google dixit)
11. Le jeudi 25 janvier 2007 à 18:50, par vinteix :
Voilà, c'est ça, c'est le lien donné par Christine, qui m'a pris de vitesse.
12. Le jeudi 25 janvier 2007 à 19:00, par Berlol :
Bon sang, mais c'est bien sûr ! J'aurais dû googler ! Je croyais que c'était audio, une citation orale, en fait... Merci à vous deux !
13. Le jeudi 25 janvier 2007 à 23:36, par vinteix :
doitashimashite
14. Le vendredi 26 janvier 2007 à 20:50, par le consul :
Bien sûr que la polémique engagée par Cynthia 3000 est pleine de coups bas, et pas toujours d'un très haut niveau... mais ce qui m'aurait paru plus inquiétant c'est qu'il n'y eut pas de débat ou de proposition de débat ; car il faut tout de même l'avouer ce que fait Bon mérite débat, explications... car il ne faut pas oublier que si Bon en est là aujourd'hui c'est grâce aux "vrais" libraires... je me souviens de mon libraire de Tours (oui, là où habite François Bon) qui ne laissait pas sortir un de ses clients sans un livre de françois Bon, qui les avait tous en rayon et toujours... L'énorme succès de Michel Quint vient d'un libraire de Lille (oui, il y en avait un...) et on pourrait multiplier les exemples... ce qui me choque dans le geste de Bon c'est de ne plus faire confiance aux libraires, et l'excuse -- ceux qui habitent dans loin... n'en est pas une, malheureusement ou heureusement... ensuite c'est donner beaucoup d'importance au geste de Bon, car quoi ceux qui lisent les livres qu'il conseille, ceux qui vont sur son site, ceux qui le suivent, sont des lecteurs qui vont dans les librairies, et qui sont près à faire des kilomètres pour trouver les livres qu'ils veulent lire... pas sur que parce qu'il aurait des piles de françois Bon, d'Olivier Cadiot, d'emmanuelle Pireyre, d'Arno Bertina dans les "supermarchés", ils se vendraient mieux. je rappelle que c'était ce que pensaient les créateurs de la librairie La Cécilia, (oui je parle d'un temps...) qui s'allièrent aux éditions Verdier et qui pesait qu'en proposant des piles de Verdier, ils vendraient... Cette idée ne dura pas, et les librairies fermèrent (Tours, Lille... tiens on retrouve les mêmes endroits) et puis n'oublions pas que nous sommes tout de même dans une habitude qui veut que "Si tu vends beaucoup, c'est pas bien ce que tu fais... mais si tu es poète maudit, on t'applaudit", et j'en veux pour exemple le livre de Littell, dont je me demande régulièrement s'il n'avait pas un peu moins vendu, serait il si critiqué par certains...
15. Le vendredi 26 janvier 2007 à 23:47, par vinteix :
pour le coup, je ne suis vraiment pas dans le coup, puisque je n'ai lu aucun (à commencer par François Bon) des auteurs cités ci-dessus...
mais bon, c'est aussi parce que je lis très peu de "romans" contemporains...
16. Le samedi 27 janvier 2007 à 01:55, par le consul :
arghh pas "pesait", mais "pensaient"....
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.