jeudi 1 février 2007
Balancés dans les gémonies...
Par Berlol, jeudi 1 février 2007 à 23:59 :: General
Journée un peu morose dans le monde
réel, plombée par les corrections de copies. Sauf
le déjeuner avec David, bien sûr, toujours haut en
couleur (il se prépare à partir pour
Orléans dans une quinzaine de jours avec un
collègue et la trentaine d'étudiants
sélectionnés, comme il l'a
déjà fait il y a deux ans et comme je l'ai fait
l'an dernier...).
Heureusement qu'il y a le monde réticulaire ! Avec tous ces
commentaires aux billets des trois derniers jours, comme si le sujet du
livre et de la lecture revenait aux esprits (en évitant de
parler des libraires et des éditeurs — maintenant
que je les ai balancés dans les gémonies...). Aussi
avec l'enregistrement d'un coup de six épisodes de Lord
Jim sur France Culture. Une œuvre
littéraire que je n'avais pas lue et que je
découvre de cette façon... Est-ce
nécessairement moins bien que par la lecture du
livre ? Si l'on répond que non, eh bien, cela fait
une voie de plus pour la littérature. Retour à
l'oral, beau double bind...
Et ce soir, le diptyque formé par deux Ce soir ou Jamais :
celui de mardi sur la science,
l'écologie, la SF, et celui de mercredi sur les salauds
de riches. Je dis diptyque parce que la
complémentarité est étonnante.
Je remarque, malgré la qualité
évidente de ces deux dernières
éditions, que l'émission a tendance à
se réduire à un unique grand débat,
alors qu'il y avait dans les premiers mois une diversité de
formats et de modules : entretien individuel, discussion à
deux ou trois, déplacement du Taddeï vers le
maquillage, etc. L'occasion de focalisations diverses qui avaient leur
raison et qui étaient utiles pour maintenir l'attention,
alors que le débat unique, en une seule
coulée, peut vite être lassant... Et vient alors
la tentation de réduire l'écran et d'aller voir
dans la fenêtre de courrier ou de commentaires du blog s'il y
a du nouveau...
Entre temps, nouveau saut de chat botté vers la
belle T., et fin d'un livre-univers, avec toujours la tristesse de
quitter, ici non pas des amis (quoique... Scheidmann, Gompo,
Mardirossian...), mais un recoin où la forme de ma
pensée s'était lovée... et dont elle
se souviendra...
« Les
vieilles rampaient en cercle dans les environs, elles
étaient démantelées et
amnésiques, incapables maintenant de refermer les phalanges
ou la bouche sur mes peaux afin d'en ruminer le suc. Sans plus
d'émotion ni de nostalgie elles tournaient lentement autour
de moi, immortelles, impropres à la prolongation de
leur vie mais ne sachant pas comment mourir [...] Malgré sa
métamorphose et en dépit de la progression du
néant autour de lui, Will Scheidmann avait
continué, en effet, à dire chaque jour une
histoire, sans doute parce qu'il n'avait rien d'autre à dire
ni à faire [...]
Cette
nuit-là, ce 16 octobre-là, je lui
suggérai de baptiser son prochain tas Des
anges mineurs.
C'était un titre que j'avais autrefois utilisé
pour un romånce, dans d'autres circonstances et dans un autre
monde, mais il me semblait que cela s'accordait bien avec cette somme
que Scheidmann était en train d'achever, ce dernier
tas.» (Antoine Volodine, Des Anges mineurs,
p. 201-202)