Lever à 6 heures pour finaliser les notes du cours de l'Institut sur La Télévision, principalement p. 64-73, c'est-à-dire la séquence des recherches informatiques à la BPI, dont le narrateur dit qu'elle se place 3 ou 4 ans avant le temps de référence, soit quand il a arrêté la télé, au sein du séjour à Berlin. C'est donc entre 1990 et 1992 qu'il est allé chercher le texte d'Alfred de Musset, s'adressant à des bibliothécaires qui n'ont pas vocation à connaître le contenu des œuvres, c'est vrai, mais qui avaient tendance à croire un peu trop en leurs outils informatiques (en l'occurrence, une disquette avec « tout Musset », soi-disant, ce qui n'était pas le cas, puisqu'il n'y avait pas Le Fils du Titien). Bonne occasion d'évoquer le Centre Pompidou alors qu'on fête maintenant son 30e anniversaire (j'aurais bien aimé voir le film documentaire d'Alain Fleischer, sur France 5 le 1er février...).
Dans la micro-étude textuelle, on retrouve intacte l'aptitude de Toussaint à nous faire rire avec des dialogues où seuls un ou deux mots sont répétés sur divers tons.  On s'amuse également — comique involontaire, cette fois — de l'évocation du « gros ordinateur central » de la bibliothèque, qui doit tenir dans un portable bas de gamme d'aujourd'hui. Mais derrière, c'est une interrogation sur les limites de la logique machinique et informatique de l'époque (corpus et mode de consultation de catalogue d'avant le web), sans condamnation cependant.
Au-delà, puisqu'on commence à voir un dessein plus grand derrière le narrateur, je suggère — même si je ne suis pas historien — que le choix d'un sujet impliquant Charles Quint lorsqu'on est soi-même à Berlin très peu de temps après la chute du Mur n'est peut-être pas anodin. En effet, Charles Quint (Karl V.) représente l'avènement historique, par les alliances familiales européennes puis par les guerres, d'un empire germanique, au XVIe siècle, et qui restera dans la fantasmatique allemande, se reformera dans la Prusse du XIXe siècle, jusqu'à la dernière métastase du IIIe Reich — qui voit sa fin véritable dans la chute du Mur et la réunification d'une Allemagne pacifique et pleinement désireuse de se limiter à ses frontières...
Comme dans un mobile en équilibre, le poids de sérieux de tout cela est précédé par un plus grand ridicule : ce souvenir de la BPI et cette évocation de Musset prennent place dans un parc où le narrateur s'est déshabillé parce qu'il fait très chaud et que c'est tout nu qu'il devra saluer deux personnes qui passent par là par hasard — et qui sont bien habillées : un écrivain célèbre et le président de la fondation qui lui a attribué sa bourse (p. 58-62).

Joie de retrouver Éric de Kyoto pour passer voir T. (qui arrose au champagne la bonne marche de son séminaire privé), puis aller déjeuner au Saint-Martin, qu'il découvre enfin et où nous retrouvons Laurent et Bill. Conversation assez animée puisque politique, mais inrendable à l'écrit.

Retour à l'Institut pour voir Moulin Rouge ! (B. Luhrmann, 2001). Un très mauvais film, dans lequel le grotesque et le carnavalesque rencontrent le cartoonesque et le patchwork pop sans jamais réussir à fusionner ou produire de l'émotion. Le prétexte historique est tellement malmené que le tout se traîne dans une vulgarité sans nom. Je ne comprends pas ce que ce film fait dans une sélection de films sur Paris.
Ça m'a même donné mal à la tête et il faudra un demi-litre de thé au jasmin et un nabé au dîner pour en venir à bout...

Des blogs. Une simple impulsion vers Einstürzende Neubauten, puis vers Silo, et je replonge dans YouTube une bonne heure.
Dans Motorcade, un excellent morceau du groupe Magazine, vers 2'50'', on voit la charleston de droite tomber... ce qui ne dérange absolument rien.