lundi 5 février 2007
Molle du genou
Par Berlol, lundi 5 février 2007 à 23:59 :: General
De l'agrégat à l'opinion.
Train très tôt ce matin, lecture de Luc Lang, avec intérêt, et je vois le Mont Fuji.
À quelques minutes de l'arrivée, ayant regardé sur mon horaire le côté de la descente, je viens me positionner devant la porte de droite. Un Japonais est à la porte de gauche, qui sait ou ne sait pas de quel côté est la descente. Arrivent deux mamies qui regardent à gauche et à droite, et choisissent la gauche. D'autres personnes arrivent, qui s'alignent toutes dans le même sens, alors même qu'un message par haut-parleur annonce la descente à droite, peut-être pas assez fort. Quand le train entre en gare, je suis seul du bon côté, évidemment, et derrière, petit à petit, tout le monde se retourne...
Que dire de cette micro-histoire ? Sinon qu'un instinct grégaire a amené deux personnes à en suivre une première, au détriment d'un étranger, spontanément douteux. Et qu'une fois l'agrégat commencé, les nouveaux arrivants font de plus en plus — automatiquement — confiance au groupe établi, sans même voir qu'il existe une autre solution.
Bien sûr, personne n'est fautif ni coupable de quoi que ce soit. Ce n'est qu'un tropisme. Mais je peux le considérer comme un bon schéma de ce qui se produit dans un groupe quand il est question d'opinion, surtout quand ce groupe est notoirement sous-informé ou inattentif.
« La nuit fut froide sur le plancher de tôle du pick-up. Au petit matin, des traînées de givre annonçaient la fin de l'été. J'avale dans le premier snack un jus noir qui fume dans le verre de polystyrène compressé, ça sent l'orge grillé et l'aspartame. Je quitte le lac baigné d'une lumière blanche et coupante, je continue sur la 93 en direction de Kalispell, la dernière ville avant l'arrivée dans le glacier Waterton et la réserve blackfeet. C'est une région touristique et je croise de nombreux camping-cars. Le nom est d'ailleurs peu approprié puisque ce sont des pullmans climatisés à quatre ou six roues, conçus pour soixante-seize passagers, qui sont aménagés en résidence pour des couples voyageurs, leurs enfants et leur chien de garde. Ils sont noir et chrome, rouges, aluminium, ils transportent une antenne satellite, une salle de bains et de profonds sofas en cuir ; ils ont des baies vitrées ornées de stores vénitiens.» (Luc Lang, 11 Septembre mon amour, Ed. Stock, 2003, p. 44-45)
Ai reçu ma dernière commande d'Amazon. Des dévédés, des livres, dont le Bergounioux commandé par la très brève Librairie Tiers Livre, La Fin du monde en avançant.
Et aussi un courrier, ce matin, d'une personne, qui signe Yasmine, m'écrivant avoir également acheté des livres via cette librairie — et n'avoir pas compris les attaques ni la fermeture.
« [...] je suis tombée sur la page du Tiers-Livre, je suis passée par le portail qui mène vers Amazon et je me suis offert avec réjouissance des livres de Bergounioux (que je ne connais pas du tout), de Echenoz, Sebald, Volodine, des livres pour la grammaire et l'orthographe — j'en étais et en suis ravie — alors qu'elle n'a pas été ma déconvenue de vaguement comprendre que cette manière de pouvoir se procurer des livres avait été abandonnée suite à je ne sais quelles pressions et vieux réflexes égoïstes qui auraient eu raison de cette entreprise. C'est regrettable, bien dommage. C'est idiot. Je ne comprends pas.»
Ici c'est jour des trois réunions. Ça prend la journée entière (et la tête). La dernière, façon O.K. Corral, où je me vois bien en Burt Lancaster... Ai réussi à enregistrer le Surpris par la nuit consacré en urgence à Philippe Lacoue-Labarthe, mais pas pu l'écouter. De même que Du Jour au lendemain du 24 janvier avec Charles Juliet (Nota Bene : ce soir, c'est Pierre Bayard).
En revanche, j'ai lu. Un Matricule des anges, le 78, de novembre-décembre 2006. En retard, je sais. Article sur Alan Pauls qui publie un essai sur Borges (Le Facteur Borges, chez Bourgois) — ça, c'est pour Vinteix. Dossier sur Arno Bertina, qui publie Anima Motrix (chez Verticales), je vais le commander. « Je voulais quelqu'un qui arrive à être plus fort que ses chiens, plus fort que sa mauvaise conscience et qui arriverait à accéder à un véritable sentiment de culpabilité, puisque la mauvaise conscience empêche de se sentir coupable. Je voulais que mon personnage bouffe ses chiens.» (A. Bertina, Matricule 78, p. 21 — ça, c'est encore pour François Bon.) Article sur L'Épave d'Yves Ravey, je viens de le recevoir. Page sur Tout le monde devrait écrire, de Georges Picard, lu avec grand profit. Article intitulé Sulfureuses confessions, sur la réédition d'Alias de Maurice Sachs (paru en 1935), pour l'histoire littéraire et « l'apprentissage de la perversion.» Très intéressant dossier sur Julien Blaine, son Bye-bye la perf (chez Al Dante, si ça se trouve encore...), occasion d'un retour sur sa carrière. Il y aurait beaucoup à citer mais je retiens seulement qu'il mentionne son travail régulier avec... Étienne Brunet ! Tiens !... m'étonné-je... Mais, vérification faite, il ne s'agit pas de notre collègue niçois, participant de l'ILF 2005 et admiré pour ses multiples études littéraires informatisées, et notamment pour sa concordance de Balzac en ligne depuis plus de dix ans... Article sur Henri Thomas, le « méconnu capital » (p. 47) — ça, c'est pour notre collègue Patrice. Éric Dussert joue la provo et l'antiphrase (p. 48) pour ne pas parler de Maurice Blanchard, car tout le monde devrait déjà connaître — autant dire que je n'aime pas ce ton qui suppose l'élitisme et rejette toute possibilité d'apprendre. Fin comique (p. 51) sur un dialogue imaginaire, On signe !, entre Alan Fink et Michael Onf, je vous laisse découvrir qui ils sont et sur quel sujet... — Bravo, Gilles Magniont.
Des films reçus, je regarde ce soir Total Khéops (A. Bévérini, 2002, d'après le roman de Jean-Claude Izzo). Une bonne distraction, sans plus. Une tension sensible quoiqu'un peu molle du genou. Un rôle de baroudeur faussement méchant pour Robin Renucci. En revanche, les acteurs ne sont pas tous bons, notamment parmi les seconds rôles marseillais...
Train très tôt ce matin, lecture de Luc Lang, avec intérêt, et je vois le Mont Fuji.
À quelques minutes de l'arrivée, ayant regardé sur mon horaire le côté de la descente, je viens me positionner devant la porte de droite. Un Japonais est à la porte de gauche, qui sait ou ne sait pas de quel côté est la descente. Arrivent deux mamies qui regardent à gauche et à droite, et choisissent la gauche. D'autres personnes arrivent, qui s'alignent toutes dans le même sens, alors même qu'un message par haut-parleur annonce la descente à droite, peut-être pas assez fort. Quand le train entre en gare, je suis seul du bon côté, évidemment, et derrière, petit à petit, tout le monde se retourne...
Que dire de cette micro-histoire ? Sinon qu'un instinct grégaire a amené deux personnes à en suivre une première, au détriment d'un étranger, spontanément douteux. Et qu'une fois l'agrégat commencé, les nouveaux arrivants font de plus en plus — automatiquement — confiance au groupe établi, sans même voir qu'il existe une autre solution.
Bien sûr, personne n'est fautif ni coupable de quoi que ce soit. Ce n'est qu'un tropisme. Mais je peux le considérer comme un bon schéma de ce qui se produit dans un groupe quand il est question d'opinion, surtout quand ce groupe est notoirement sous-informé ou inattentif.
« La nuit fut froide sur le plancher de tôle du pick-up. Au petit matin, des traînées de givre annonçaient la fin de l'été. J'avale dans le premier snack un jus noir qui fume dans le verre de polystyrène compressé, ça sent l'orge grillé et l'aspartame. Je quitte le lac baigné d'une lumière blanche et coupante, je continue sur la 93 en direction de Kalispell, la dernière ville avant l'arrivée dans le glacier Waterton et la réserve blackfeet. C'est une région touristique et je croise de nombreux camping-cars. Le nom est d'ailleurs peu approprié puisque ce sont des pullmans climatisés à quatre ou six roues, conçus pour soixante-seize passagers, qui sont aménagés en résidence pour des couples voyageurs, leurs enfants et leur chien de garde. Ils sont noir et chrome, rouges, aluminium, ils transportent une antenne satellite, une salle de bains et de profonds sofas en cuir ; ils ont des baies vitrées ornées de stores vénitiens.» (Luc Lang, 11 Septembre mon amour, Ed. Stock, 2003, p. 44-45)
Ai reçu ma dernière commande d'Amazon. Des dévédés, des livres, dont le Bergounioux commandé par la très brève Librairie Tiers Livre, La Fin du monde en avançant.
Et aussi un courrier, ce matin, d'une personne, qui signe Yasmine, m'écrivant avoir également acheté des livres via cette librairie — et n'avoir pas compris les attaques ni la fermeture.
« [...] je suis tombée sur la page du Tiers-Livre, je suis passée par le portail qui mène vers Amazon et je me suis offert avec réjouissance des livres de Bergounioux (que je ne connais pas du tout), de Echenoz, Sebald, Volodine, des livres pour la grammaire et l'orthographe — j'en étais et en suis ravie — alors qu'elle n'a pas été ma déconvenue de vaguement comprendre que cette manière de pouvoir se procurer des livres avait été abandonnée suite à je ne sais quelles pressions et vieux réflexes égoïstes qui auraient eu raison de cette entreprise. C'est regrettable, bien dommage. C'est idiot. Je ne comprends pas.»
Ici c'est jour des trois réunions. Ça prend la journée entière (et la tête). La dernière, façon O.K. Corral, où je me vois bien en Burt Lancaster... Ai réussi à enregistrer le Surpris par la nuit consacré en urgence à Philippe Lacoue-Labarthe, mais pas pu l'écouter. De même que Du Jour au lendemain du 24 janvier avec Charles Juliet (Nota Bene : ce soir, c'est Pierre Bayard).
En revanche, j'ai lu. Un Matricule des anges, le 78, de novembre-décembre 2006. En retard, je sais. Article sur Alan Pauls qui publie un essai sur Borges (Le Facteur Borges, chez Bourgois) — ça, c'est pour Vinteix. Dossier sur Arno Bertina, qui publie Anima Motrix (chez Verticales), je vais le commander. « Je voulais quelqu'un qui arrive à être plus fort que ses chiens, plus fort que sa mauvaise conscience et qui arriverait à accéder à un véritable sentiment de culpabilité, puisque la mauvaise conscience empêche de se sentir coupable. Je voulais que mon personnage bouffe ses chiens.» (A. Bertina, Matricule 78, p. 21 — ça, c'est encore pour François Bon.) Article sur L'Épave d'Yves Ravey, je viens de le recevoir. Page sur Tout le monde devrait écrire, de Georges Picard, lu avec grand profit. Article intitulé Sulfureuses confessions, sur la réédition d'Alias de Maurice Sachs (paru en 1935), pour l'histoire littéraire et « l'apprentissage de la perversion.» Très intéressant dossier sur Julien Blaine, son Bye-bye la perf (chez Al Dante, si ça se trouve encore...), occasion d'un retour sur sa carrière. Il y aurait beaucoup à citer mais je retiens seulement qu'il mentionne son travail régulier avec... Étienne Brunet ! Tiens !... m'étonné-je... Mais, vérification faite, il ne s'agit pas de notre collègue niçois, participant de l'ILF 2005 et admiré pour ses multiples études littéraires informatisées, et notamment pour sa concordance de Balzac en ligne depuis plus de dix ans... Article sur Henri Thomas, le « méconnu capital » (p. 47) — ça, c'est pour notre collègue Patrice. Éric Dussert joue la provo et l'antiphrase (p. 48) pour ne pas parler de Maurice Blanchard, car tout le monde devrait déjà connaître — autant dire que je n'aime pas ce ton qui suppose l'élitisme et rejette toute possibilité d'apprendre. Fin comique (p. 51) sur un dialogue imaginaire, On signe !, entre Alan Fink et Michael Onf, je vous laisse découvrir qui ils sont et sur quel sujet... — Bravo, Gilles Magniont.
Des films reçus, je regarde ce soir Total Khéops (A. Bévérini, 2002, d'après le roman de Jean-Claude Izzo). Une bonne distraction, sans plus. Une tension sensible quoiqu'un peu molle du genou. Un rôle de baroudeur faussement méchant pour Robin Renucci. En revanche, les acteurs ne sont pas tous bons, notamment parmi les seconds rôles marseillais...