samedi 10 février 2007
Trilogie grand écart, triangle de compensations
Par Berlol, samedi 10 février 2007 à 23:58 :: General
Même programme horaire qu'hier, cette fois dans une petite salle d'une
cinquantaine de candidats. Avantage notable, on contrôle la climatisation
— pour l'éteindre (c'est d'ailleurs la première fois qu'il
fait si doux en cette période, personne n'est enrhumé, la surveillance
ne se transforme pas en bain viral). Carnet & crayon, très petits,
pour ne pas avoir l'air de faire autre chose que surveiller. Mais aujourd'hui,
c'est pour constituer un alphabet amusant à l'intention des étudiants
de 1ère année (eh bien, des trucs qui se mangent ou se boivent
commençant par un "i" ou un "u", c'est plutôt duraille à
trouver ! Je ne vous dis que ça...).
Après ça, pour me changer les idées, radio. Un quart d'heure de France Info. Idem de Rire & Chansons. Et puis France Culture. Ma trilogie habituelle. Trilogie grand écart, triangle de compensations...
Comme il en a été question en divers endroits, sans qu'on veuille citer précisément les propos, je suis aller l'écouter par moi-même. No comment (pour l'instant).
Jean-Claude Milner : « J'ai ma thèse sur ce que veut dire "héritiers" chez Bourdieu : "héritiers", c'est les juifs...
Catherine Clément : — Ah vous croyez ?...
Jean-Claude Milner : — Je crois que c'est un livre antisémite.
Alain Finkielkraut : — Ah bon, oh la la, oh la laaa, écoutez...» (Extrait, à la fin, du Répliques du 13 janvier 2007)
Revenons à nos moutons.
Je découvre la Journée d'étude des URFIST du 31 janvier, Évaluation et validation de l'information sur Internet, avec vidéos, textes et présentations. Ce qu'on peut appeler une VRAIE mise en ligne ! Bravo !
J'écoute notamment, au sujet de Wikipédia, Laure Endrizzi. J'apprends pas mal de choses. Les anti-wikipédia devraient tout de même écouter. Quitte à reprendre leurs arguments ensuite.
Si ça intéresse quelqu'un, pendant qu'on y est, j'ai reçu hier l'annonce de mise en ligne des Actes du colloque de Rennes de 2002, sur Écritures en ligne : pratiques et communautés (l'ensemble en pdf) sous la direction de Brigitte Chapelain, qui avait été une hôtesse impeccable. C'est d'ailleurs à cette occasion que j'avais rencontré — dans la réalité — Philippe De Jonckheere. D'autres personnes aussi, mais lui notamment, quoique brièvement. J'y parlais pour la première fois anonym@t et bénévol@t...
En dînant en écoutant le Ce soir ou Jamais de jeudi, avec Ariane Mnouchkine et Régis Jauffret. Bon et bref, en effet.
Frédéric Taddeï : « Aussi bien Les Éphémères que Microfictions sont des récits qui n'ont pas de centre. Et je me dis : Internet non plus n'a pas de centre. Nous sommes tous égaux sur Internet. Est-ce que ça n'est pas pour ça, justement, que de plus en plus d'artistes pourraient être tentés de nous raconter des histoires de cette façon-là ? Comme ça, de prendre des fragments, des individus, des moments donnés, les mettre bout à bout pour raconter la foule, pour raconter l'humanité ?
Ariane Mnouchkine : — Je ne sais pas. peut-être qu'il y a influence. Moi, je n'ai pas l'impression que c'est Internet qui nous a influencés. En fait, vous savez, c'est difficile de dire honnêtement par quoi nous sommes influencés. Peut-être aussi que c'est une sorte de maturation. Peut-être que moi j'ai fait cette proposition aux comédiens parce que j'avais l'âge que j'ai maintenant et pas l'âge que j'avais il y a vingt ans. Peut-être que l'on sent aussi l'éphémère, on sent aussi ceux qui sont les instants précieux, les moments qu'il ne faut surtout pas surtout pas ne pas vivre, ou ce qu'il faut éviter dans telle petite crise [?], duel qui s'installe comme ça en quelques secondes et qui n'apportera à notre vie... rien.
Régis Jauffret : — Juste un petit mot, là-dessus. Je pense en réalité que s'il y a beaucoup de fragments à l'heure qu'il est, soit dans le théâtre, soit dans le cinéma, soit dans la littérature, je pense que c'est beaucoup plus, euh, pour le coup, dramatique qu'on ne l'imagine. C'est parce que, en réalité, le sens, on l'a perdu ; la logique, on la connaît pas. Et ça, je pense que c'est grave parce que... on est un peu comme des enfants perdus dans cette époque. C'est-à-dire qu'on voit des choses, on voit des petites scènes qui s'éclairent, des petits éclairs, des petits flashs, et on n'arrive pas vraiment à relier les choses les unes aux autres. Dans le roman, dans le théâtre, dans le cinéma, il y a quand même quelque chose qui a un rapport avec la narration globale, c'est-à-dire de tout arriver à enfiler ses perles sur une même corde, sur un même fil, et je crois qu'on l'a perdu, le fil, on n'a plus que les perles. Et ça, je crois que plus maintenant, aujourd'hui. Je ne suis pas en train de jeter un anathème, j'ai toujours un langage un peu dur, mais je veux dire aujourd'hui, presque, qu'un artiste honnête, finalement, en est réduit aux miettes et en est réduit aux fragments. C'est un peu comme si les rivières de diamants n'étaient plus à notre portée, on n'a plus qu'une volée de diamants. C'est-à-dire que vous allez voir votre fiancée, au lieu de lui offrir un écrin, bah vous lui jetez une poignée de diamants à la figure. Voilà c'est un peu l'impression que me donne l'époque, actuellement, et la situation de l'art, telle qu'elle est. Je pense que c'est une situation générale de l'art, pour moi.»
Avant préparation de ce billet, actualisation de celui d'hier en fonction des contributions aux PSIEB (propositions sur les statuts identitaires de l'écrit dans les blogs) apportées dans les commentaires. Quatrième catégorie et façonnage du HIM (halo identitaire multimédia) — et du HER (halo d'expansion réticulaire). À suivre. À votre bon cœur...
Tiens, Le Tigre est de retour...
Après ça, pour me changer les idées, radio. Un quart d'heure de France Info. Idem de Rire & Chansons. Et puis France Culture. Ma trilogie habituelle. Trilogie grand écart, triangle de compensations...
Comme il en a été question en divers endroits, sans qu'on veuille citer précisément les propos, je suis aller l'écouter par moi-même. No comment (pour l'instant).
Jean-Claude Milner : « J'ai ma thèse sur ce que veut dire "héritiers" chez Bourdieu : "héritiers", c'est les juifs...
Catherine Clément : — Ah vous croyez ?...
Jean-Claude Milner : — Je crois que c'est un livre antisémite.
Alain Finkielkraut : — Ah bon, oh la la, oh la laaa, écoutez...» (Extrait, à la fin, du Répliques du 13 janvier 2007)
Revenons à nos moutons.
Je découvre la Journée d'étude des URFIST du 31 janvier, Évaluation et validation de l'information sur Internet, avec vidéos, textes et présentations. Ce qu'on peut appeler une VRAIE mise en ligne ! Bravo !
J'écoute notamment, au sujet de Wikipédia, Laure Endrizzi. J'apprends pas mal de choses. Les anti-wikipédia devraient tout de même écouter. Quitte à reprendre leurs arguments ensuite.
Si ça intéresse quelqu'un, pendant qu'on y est, j'ai reçu hier l'annonce de mise en ligne des Actes du colloque de Rennes de 2002, sur Écritures en ligne : pratiques et communautés (l'ensemble en pdf) sous la direction de Brigitte Chapelain, qui avait été une hôtesse impeccable. C'est d'ailleurs à cette occasion que j'avais rencontré — dans la réalité — Philippe De Jonckheere. D'autres personnes aussi, mais lui notamment, quoique brièvement. J'y parlais pour la première fois anonym@t et bénévol@t...
En dînant en écoutant le Ce soir ou Jamais de jeudi, avec Ariane Mnouchkine et Régis Jauffret. Bon et bref, en effet.
Frédéric Taddeï : « Aussi bien Les Éphémères que Microfictions sont des récits qui n'ont pas de centre. Et je me dis : Internet non plus n'a pas de centre. Nous sommes tous égaux sur Internet. Est-ce que ça n'est pas pour ça, justement, que de plus en plus d'artistes pourraient être tentés de nous raconter des histoires de cette façon-là ? Comme ça, de prendre des fragments, des individus, des moments donnés, les mettre bout à bout pour raconter la foule, pour raconter l'humanité ?
Ariane Mnouchkine : — Je ne sais pas. peut-être qu'il y a influence. Moi, je n'ai pas l'impression que c'est Internet qui nous a influencés. En fait, vous savez, c'est difficile de dire honnêtement par quoi nous sommes influencés. Peut-être aussi que c'est une sorte de maturation. Peut-être que moi j'ai fait cette proposition aux comédiens parce que j'avais l'âge que j'ai maintenant et pas l'âge que j'avais il y a vingt ans. Peut-être que l'on sent aussi l'éphémère, on sent aussi ceux qui sont les instants précieux, les moments qu'il ne faut surtout pas surtout pas ne pas vivre, ou ce qu'il faut éviter dans telle petite crise [?], duel qui s'installe comme ça en quelques secondes et qui n'apportera à notre vie... rien.
Régis Jauffret : — Juste un petit mot, là-dessus. Je pense en réalité que s'il y a beaucoup de fragments à l'heure qu'il est, soit dans le théâtre, soit dans le cinéma, soit dans la littérature, je pense que c'est beaucoup plus, euh, pour le coup, dramatique qu'on ne l'imagine. C'est parce que, en réalité, le sens, on l'a perdu ; la logique, on la connaît pas. Et ça, je pense que c'est grave parce que... on est un peu comme des enfants perdus dans cette époque. C'est-à-dire qu'on voit des choses, on voit des petites scènes qui s'éclairent, des petits éclairs, des petits flashs, et on n'arrive pas vraiment à relier les choses les unes aux autres. Dans le roman, dans le théâtre, dans le cinéma, il y a quand même quelque chose qui a un rapport avec la narration globale, c'est-à-dire de tout arriver à enfiler ses perles sur une même corde, sur un même fil, et je crois qu'on l'a perdu, le fil, on n'a plus que les perles. Et ça, je crois que plus maintenant, aujourd'hui. Je ne suis pas en train de jeter un anathème, j'ai toujours un langage un peu dur, mais je veux dire aujourd'hui, presque, qu'un artiste honnête, finalement, en est réduit aux miettes et en est réduit aux fragments. C'est un peu comme si les rivières de diamants n'étaient plus à notre portée, on n'a plus qu'une volée de diamants. C'est-à-dire que vous allez voir votre fiancée, au lieu de lui offrir un écrin, bah vous lui jetez une poignée de diamants à la figure. Voilà c'est un peu l'impression que me donne l'époque, actuellement, et la situation de l'art, telle qu'elle est. Je pense que c'est une situation générale de l'art, pour moi.»
Avant préparation de ce billet, actualisation de celui d'hier en fonction des contributions aux PSIEB (propositions sur les statuts identitaires de l'écrit dans les blogs) apportées dans les commentaires. Quatrième catégorie et façonnage du HIM (halo identitaire multimédia) — et du HER (halo d'expansion réticulaire). À suivre. À votre bon cœur...
Tiens, Le Tigre est de retour...