Trilogie grand écart, triangle de compensations
Par Berlol, samedi 10 février 2007 à 23:58 :: General :: #542 :: rss
Même programme horaire qu'hier, cette fois dans une petite salle d'une
cinquantaine de candidats. Avantage notable, on contrôle la climatisation
— pour l'éteindre (c'est d'ailleurs la première fois qu'il
fait si doux en cette période, personne n'est enrhumé, la surveillance
ne se transforme pas en bain viral). Carnet & crayon, très petits,
pour ne pas avoir l'air de faire autre chose que surveiller. Mais aujourd'hui,
c'est pour constituer un alphabet amusant à l'intention des étudiants
de 1ère année (eh bien, des trucs qui se mangent ou se boivent
commençant par un "i" ou un "u", c'est plutôt duraille à
trouver ! Je ne vous dis que ça...).
Après ça, pour me changer les idées, radio. Un quart d'heure de France Info. Idem de Rire & Chansons. Et puis France Culture. Ma trilogie habituelle. Trilogie grand écart, triangle de compensations...
Comme il en a été question en divers endroits, sans qu'on veuille citer précisément les propos, je suis aller l'écouter par moi-même. No comment (pour l'instant).
Jean-Claude Milner : « J'ai ma thèse sur ce que veut dire "héritiers" chez Bourdieu : "héritiers", c'est les juifs...
Catherine Clément : — Ah vous croyez ?...
Jean-Claude Milner : — Je crois que c'est un livre antisémite.
Alain Finkielkraut : — Ah bon, oh la la, oh la laaa, écoutez...» (Extrait, à la fin, du Répliques du 13 janvier 2007)
Revenons à nos moutons.
Je découvre la Journée d'étude des URFIST du 31 janvier, Évaluation et validation de l'information sur Internet, avec vidéos, textes et présentations. Ce qu'on peut appeler une VRAIE mise en ligne ! Bravo !
J'écoute notamment, au sujet de Wikipédia, Laure Endrizzi. J'apprends pas mal de choses. Les anti-wikipédia devraient tout de même écouter. Quitte à reprendre leurs arguments ensuite.
Si ça intéresse quelqu'un, pendant qu'on y est, j'ai reçu hier l'annonce de mise en ligne des Actes du colloque de Rennes de 2002, sur Écritures en ligne : pratiques et communautés (l'ensemble en pdf) sous la direction de Brigitte Chapelain, qui avait été une hôtesse impeccable. C'est d'ailleurs à cette occasion que j'avais rencontré — dans la réalité — Philippe De Jonckheere. D'autres personnes aussi, mais lui notamment, quoique brièvement. J'y parlais pour la première fois anonym@t et bénévol@t...
En dînant en écoutant le Ce soir ou Jamais de jeudi, avec Ariane Mnouchkine et Régis Jauffret. Bon et bref, en effet.
Frédéric Taddeï : « Aussi bien Les Éphémères que Microfictions sont des récits qui n'ont pas de centre. Et je me dis : Internet non plus n'a pas de centre. Nous sommes tous égaux sur Internet. Est-ce que ça n'est pas pour ça, justement, que de plus en plus d'artistes pourraient être tentés de nous raconter des histoires de cette façon-là ? Comme ça, de prendre des fragments, des individus, des moments donnés, les mettre bout à bout pour raconter la foule, pour raconter l'humanité ?
Ariane Mnouchkine : — Je ne sais pas. peut-être qu'il y a influence. Moi, je n'ai pas l'impression que c'est Internet qui nous a influencés. En fait, vous savez, c'est difficile de dire honnêtement par quoi nous sommes influencés. Peut-être aussi que c'est une sorte de maturation. Peut-être que moi j'ai fait cette proposition aux comédiens parce que j'avais l'âge que j'ai maintenant et pas l'âge que j'avais il y a vingt ans. Peut-être que l'on sent aussi l'éphémère, on sent aussi ceux qui sont les instants précieux, les moments qu'il ne faut surtout pas surtout pas ne pas vivre, ou ce qu'il faut éviter dans telle petite crise [?], duel qui s'installe comme ça en quelques secondes et qui n'apportera à notre vie... rien.
Régis Jauffret : — Juste un petit mot, là-dessus. Je pense en réalité que s'il y a beaucoup de fragments à l'heure qu'il est, soit dans le théâtre, soit dans le cinéma, soit dans la littérature, je pense que c'est beaucoup plus, euh, pour le coup, dramatique qu'on ne l'imagine. C'est parce que, en réalité, le sens, on l'a perdu ; la logique, on la connaît pas. Et ça, je pense que c'est grave parce que... on est un peu comme des enfants perdus dans cette époque. C'est-à-dire qu'on voit des choses, on voit des petites scènes qui s'éclairent, des petits éclairs, des petits flashs, et on n'arrive pas vraiment à relier les choses les unes aux autres. Dans le roman, dans le théâtre, dans le cinéma, il y a quand même quelque chose qui a un rapport avec la narration globale, c'est-à-dire de tout arriver à enfiler ses perles sur une même corde, sur un même fil, et je crois qu'on l'a perdu, le fil, on n'a plus que les perles. Et ça, je crois que plus maintenant, aujourd'hui. Je ne suis pas en train de jeter un anathème, j'ai toujours un langage un peu dur, mais je veux dire aujourd'hui, presque, qu'un artiste honnête, finalement, en est réduit aux miettes et en est réduit aux fragments. C'est un peu comme si les rivières de diamants n'étaient plus à notre portée, on n'a plus qu'une volée de diamants. C'est-à-dire que vous allez voir votre fiancée, au lieu de lui offrir un écrin, bah vous lui jetez une poignée de diamants à la figure. Voilà c'est un peu l'impression que me donne l'époque, actuellement, et la situation de l'art, telle qu'elle est. Je pense que c'est une situation générale de l'art, pour moi.»
Avant préparation de ce billet, actualisation de celui d'hier en fonction des contributions aux PSIEB (propositions sur les statuts identitaires de l'écrit dans les blogs) apportées dans les commentaires. Quatrième catégorie et façonnage du HIM (halo identitaire multimédia) — et du HER (halo d'expansion réticulaire). À suivre. À votre bon cœur...
Tiens, Le Tigre est de retour...
Après ça, pour me changer les idées, radio. Un quart d'heure de France Info. Idem de Rire & Chansons. Et puis France Culture. Ma trilogie habituelle. Trilogie grand écart, triangle de compensations...
Comme il en a été question en divers endroits, sans qu'on veuille citer précisément les propos, je suis aller l'écouter par moi-même. No comment (pour l'instant).
Jean-Claude Milner : « J'ai ma thèse sur ce que veut dire "héritiers" chez Bourdieu : "héritiers", c'est les juifs...
Catherine Clément : — Ah vous croyez ?...
Jean-Claude Milner : — Je crois que c'est un livre antisémite.
Alain Finkielkraut : — Ah bon, oh la la, oh la laaa, écoutez...» (Extrait, à la fin, du Répliques du 13 janvier 2007)
Revenons à nos moutons.
Je découvre la Journée d'étude des URFIST du 31 janvier, Évaluation et validation de l'information sur Internet, avec vidéos, textes et présentations. Ce qu'on peut appeler une VRAIE mise en ligne ! Bravo !
J'écoute notamment, au sujet de Wikipédia, Laure Endrizzi. J'apprends pas mal de choses. Les anti-wikipédia devraient tout de même écouter. Quitte à reprendre leurs arguments ensuite.
Si ça intéresse quelqu'un, pendant qu'on y est, j'ai reçu hier l'annonce de mise en ligne des Actes du colloque de Rennes de 2002, sur Écritures en ligne : pratiques et communautés (l'ensemble en pdf) sous la direction de Brigitte Chapelain, qui avait été une hôtesse impeccable. C'est d'ailleurs à cette occasion que j'avais rencontré — dans la réalité — Philippe De Jonckheere. D'autres personnes aussi, mais lui notamment, quoique brièvement. J'y parlais pour la première fois anonym@t et bénévol@t...
En dînant en écoutant le Ce soir ou Jamais de jeudi, avec Ariane Mnouchkine et Régis Jauffret. Bon et bref, en effet.
Frédéric Taddeï : « Aussi bien Les Éphémères que Microfictions sont des récits qui n'ont pas de centre. Et je me dis : Internet non plus n'a pas de centre. Nous sommes tous égaux sur Internet. Est-ce que ça n'est pas pour ça, justement, que de plus en plus d'artistes pourraient être tentés de nous raconter des histoires de cette façon-là ? Comme ça, de prendre des fragments, des individus, des moments donnés, les mettre bout à bout pour raconter la foule, pour raconter l'humanité ?
Ariane Mnouchkine : — Je ne sais pas. peut-être qu'il y a influence. Moi, je n'ai pas l'impression que c'est Internet qui nous a influencés. En fait, vous savez, c'est difficile de dire honnêtement par quoi nous sommes influencés. Peut-être aussi que c'est une sorte de maturation. Peut-être que moi j'ai fait cette proposition aux comédiens parce que j'avais l'âge que j'ai maintenant et pas l'âge que j'avais il y a vingt ans. Peut-être que l'on sent aussi l'éphémère, on sent aussi ceux qui sont les instants précieux, les moments qu'il ne faut surtout pas surtout pas ne pas vivre, ou ce qu'il faut éviter dans telle petite crise [?], duel qui s'installe comme ça en quelques secondes et qui n'apportera à notre vie... rien.
Régis Jauffret : — Juste un petit mot, là-dessus. Je pense en réalité que s'il y a beaucoup de fragments à l'heure qu'il est, soit dans le théâtre, soit dans le cinéma, soit dans la littérature, je pense que c'est beaucoup plus, euh, pour le coup, dramatique qu'on ne l'imagine. C'est parce que, en réalité, le sens, on l'a perdu ; la logique, on la connaît pas. Et ça, je pense que c'est grave parce que... on est un peu comme des enfants perdus dans cette époque. C'est-à-dire qu'on voit des choses, on voit des petites scènes qui s'éclairent, des petits éclairs, des petits flashs, et on n'arrive pas vraiment à relier les choses les unes aux autres. Dans le roman, dans le théâtre, dans le cinéma, il y a quand même quelque chose qui a un rapport avec la narration globale, c'est-à-dire de tout arriver à enfiler ses perles sur une même corde, sur un même fil, et je crois qu'on l'a perdu, le fil, on n'a plus que les perles. Et ça, je crois que plus maintenant, aujourd'hui. Je ne suis pas en train de jeter un anathème, j'ai toujours un langage un peu dur, mais je veux dire aujourd'hui, presque, qu'un artiste honnête, finalement, en est réduit aux miettes et en est réduit aux fragments. C'est un peu comme si les rivières de diamants n'étaient plus à notre portée, on n'a plus qu'une volée de diamants. C'est-à-dire que vous allez voir votre fiancée, au lieu de lui offrir un écrin, bah vous lui jetez une poignée de diamants à la figure. Voilà c'est un peu l'impression que me donne l'époque, actuellement, et la situation de l'art, telle qu'elle est. Je pense que c'est une situation générale de l'art, pour moi.»
Avant préparation de ce billet, actualisation de celui d'hier en fonction des contributions aux PSIEB (propositions sur les statuts identitaires de l'écrit dans les blogs) apportées dans les commentaires. Quatrième catégorie et façonnage du HIM (halo identitaire multimédia) — et du HER (halo d'expansion réticulaire). À suivre. À votre bon cœur...
Tiens, Le Tigre est de retour...
Commentaires
1. Le samedi 10 février 2007 à 12:29, par Euphrate :
«Tiens, Le Tigre est de retour...»
Pas encore... Jeudi 15 seulement.
2. Le samedi 10 février 2007 à 15:01, par montour :
Le séisme de la place Monge, quoique discret, prendrait-il sa source ici, pays de tremblements de terre - ou ailleurs, dans la région parisienne?
3. Le samedi 10 février 2007 à 15:40, par Berlol :
Je ne te suis pas, là, Montour... De quel séisme parles-tu ? Milner ? les URFIST ? Le Tigre ?
Pour Euphrate : oui, j'ai bien vu la date, mais le 10 ou le 15, ça ne change pas grand chose, faut se préparer !
Enfin nota bene : je ne suis pas tellement d'accord avec l'accroche un peu niaise de Taddeï sur l'égalité dans l'internet. Mais les deux invités s'en sortent tellement bien qu'on se demande si ce n'est pas provo-niais exprès !... (Qu'est-ce que je ne ferais pas pour le défendre, celui-là...)
4. Le samedi 10 février 2007 à 19:32, par Berlol :
J'ai trouvé !...
Le discret séisme de la place Monge, par Bruno Smolarz (Le Monde du 10 février).
« C'est un événement qui aurait pu passer inaperçu, et dont personne n'aurait vraiment pris la mesure jusqu'au jour, proche ou lointain, où un thésard, boursier d'une prestigieuse université, Waseda, McGill-Queen ou Reykjavik, arpentant le quartier des Arènes de Lutèce afin de reconstituer la topographie sentimentale et obsessionnelle de Claude Simon (écrivain français Prix Nobel de littérature à peu près inconnu des lecteurs parisiens), aurait découvert le pot aux roses, poussé les hauts cris et alerté la communauté scientifique internationale : le kiosque à journaux de la place Monge, monument de la culture française, du kitsch parisien, témoin de l'atmosphère conviviale d'un quartier aux allures de village et dernier bastion de promotion du papier imprimé agonisant ; ce symbole du savoir, de l'information et de la rumeur, immortalisé dans les pages inoubliables du Jardin des Plantes et de la Bataille de Pharsale ; le kiosque, donc, et il fallait bien se rendre à la douloureuse évidence, avait disparu.
Ou, du moins, il n'était plus au même emplacement. Car, levant son regard myope, et scrutant l'horizon à travers l'épaisseur de ses verres embrumés provoqués par la tristesse de la situation, le chercheur étranger en littérature française aurait probablement fini par remarquer, au milieu du trottoir, une construction plus vaste, plus lumineuse, ressemblant vaguement à un stand de tir de la Foire du Trône, avec ses pin-up vulgairement aguichantes, ses portraits de têtes à claque et ses réclames accrocheuses aux titres dégoulinants de sang.
Il eût fallu, donc, attendre l'improbable publication d'un essai sur "la géographie subjective du 5e arrondissement de Paris dans l'oeuvre de Claude Simon", adaptation d'un travail universitaire rédigé en japonais, en anglais du Canada (seul pays anglophone où l'on enseigne encore le français) ou en islandais, pour se rendre compte de la perte irréparable d'un repère essentiel à la compréhension de la littérature française, et par conséquent universelle, de la fin du XXe siècle. Et heureusement, le kiosquier lui-même, boulimique lecteur de livres autant que de journaux, m'avait plus ou moins innocemment demandé dans laquelle de ses oeuvres, en dehors du Jardin des Plantes, Claude Simon avait parlé du kiosque à journaux de la place Monge.
C'est en relisant le passage de la Bataille de Pharsale décrivant la place, retrouvé grâce à l'époustouflante érudition de la communication de Michel Bernard intitulée "Le Jardin des plantes ou l'hypotypose de la place Monge" (www.fabula.org) que je me suis aperçu des transformations subies par la place : le déplacement et le changement du kiosque, l'installation d'une fontaine tibérienne où viennent flotter les canettes de bière, et même la modification des enseignes des commerces alentour, qui non seulement en dénaturent le charme, mais rendent également caduques et obsolètes les "descriptions animées, vives et frappantes, qui mettent pour ainsi dire la chose (décrite) sous les yeux" (définition de l'hypotypose, d'après Littré, cité par Michel Bernard) qu'en fit l'un des plus grands écrivains de tous les temps.
C'est ainsi qu'un nouveau pan du patrimoine matériel et esthétique de l'humanité disparaît, sinon sous les eaux, du moins dans l'indifférence quasi générale (à l'exception du thésard patagon, du kiosquier et de son acolyte, de l'érudit susmentionné, et de quelques passants anonymes dont votre serviteur).
La légende familiale veut en effet que ma grand-mère maternelle ait tenu un kiosque à journaux, près de la gare de Lyon, dans les années 1930. Ce pedigree, et l'attachement que je voue à la lecture quotidienne ou hebdomadaire de journaux et magazines sur papier non glacé, ainsi qu'à l'existence de petits commerces indépendants de proximité, me fait regretter la disparition programmée des kiosques à journaux, camouflée par un déplacement et un agrandissement qui sont comme de la poudre aux yeux pour tenir encore quelques secondes à l'échelle de l'éternité, alors même que les torchons gratuits et les promesses non tenues envahissent la place (au propre comme au figuré) avant de s'envoler au moindre coup de vent.
En guise de conclusion, et pour paraphraser la conclusion d'une récente chronique de Francis Marmande (Le Monde du 8 février) : "Kiosquiers, dégagez, on vous dit !"»
5. Le samedi 10 février 2007 à 22:37, par vinteix :
assez duraille en effet ! je parle des lettres "i" et "u" pour l'alphabet alimentaire... J'avais bien une boisson pour "u"... mais comment dire, plutôt réservée à quelques am@teurs très avertis...
6. Le dimanche 11 février 2007 à 00:34, par brigetoun ou brigitte célérier :
je n'avais plus vu Ariane depuis longtemps. Drole et assez formidable de la découvrir s'assumant comme "grand mère" intelligente et elle est magnifique.
Pour les kiosques et pas seulement celui de Simon : bravo pour l'épitaphe ci-dessus, parfois la modernité est glaçante ; j'espère seulement que les nouveaux sont plus confortables pour les kiosquiers les consolant ainsi de leur précarité aggravée
7. Le dimanche 11 février 2007 à 00:49, par vinteix :
...donc pas pour les étudiants de 1ère année.
Bon, ça suffit. Je suis très en retard... par rapport à l'émission "Ce soir ou Jamais de jeudi" et je viens seulement de regarder celle intitulée « Critiques et artistes : je t'aime moi non plus ! » dont tu parlais l'autre jour. C'est vrai qu'"on s'y amuse bien mais on n'y apprend pas grand chose", comme tu disais. Et ça commençait très très mal pour moi par cette phrase de Taddéi : "Tous les critiques sont des écrivains" !!!!
Au final, une enfilade de platitudes et de généralités dans ce genre.
8. Le dimanche 11 février 2007 à 04:14, par vinteix@alias vinteix :
tout le monde se dévoile ici maintenant !
9. Le dimanche 11 février 2007 à 08:21, par christine :
igname : se mange en Afrique
10. Le lundi 12 février 2007 à 05:33, par Berlol :
Pour être à jour et tout à fait complet sur les propos de Milner dans Répliques, j'ajoute un lien vers cet important article de Patrick Champagne et Henri Maler, sur le site Acrimed le 31 janvier.
11. Le mardi 13 février 2007 à 16:31, par olivier :
Les propos de Milner sont graves et donnent une idée de "l'ambiance" actuelle en France!!
Comment oser affirmer que Bourdieu était antisémite?? Bien sûr, une fois l'homme dans l'incapacité de contredire... Personne de son vivant n'a osé une telle attaque et une telle bassesse...
Milner ou une autre façon de détourner les mots et de leur faire dire n'importe quoi!!! Une autre avancée de la lepénisation des esprits... Et le pire, chez ceux qui devraient être les premiers à en combattre les méfaits... des intellectuels et des linguistes de premier plan (le fait qu'ils soient juifs ne devrait même pas en rajouter sur leur vigilance...) Mais visiblement personne n'est à l'abri du populisme... C'est d'autant plus inquiétant avec les élections qui s'annoncent...
12. Le mercredi 10 octobre 2007 à 03:49, par philippe boisnard :
Commentaire que je reproduis ici suite au lien laissé par tef, sur un article de L-C.
Ici, on voit avec Régis Jauffret en quel sens il pose une certaine forme de vérité de ce que devrait vivre la conscience humaine : un fil construit qui permette de s'orienter.
La peur, depuis longtemps, c'est cet espèce de tourbillon dans lequel la pensée d'un coup serait perdue, serait prise, serait en quelque sorte en-dehors d'elle-même. On retrouve cela chez Kant notamment, la question du Wirbel.
Si pour une part cette forme de perte de soi, peut en effet être analysée comme préjudiciable à certaines procédures intentionnelles, et comme liées à des stratégies de manipulation [là aussi toujours du très ancien : Socrate qui est pris par l'argumentation désordonnée de Lysias dans le Phèdre et qui parle de vertige, qui se sent dépossédé de son sens critique], toutefois, cette critique ne doit pas préjuger d'une quelconque vérité de ce que devrait être la pensée humaine.
Jauffret se lamente (avec son histoire de collier de diamant, d'écrin = il est dans les bornes du mythe) de cette perte du fil. Mais est-ce que l'existence de la conscience ne s'apparente pas justement aux fragmentaires, aux parcellaires ? Est-ce que ce que nous appelons même la trame narrative n'est pas déjà ouverte de part en part par des lignes qui lui échappent.
Le fil est le résultat d'une réduction, d'un comme si, d'une abstraction, il n'est pas la vie, il en est le squelette, le schéma littéralement parlant.
Toutefois attention, alors, à la logique de fragment il me semble. On pourrait se complaire aux exercices formels de fragmentation, sans réfléchir que la conscience produit par elle-même la trame. Et elle continue cela.
L'abstraction de la trame, du fil est aussi corrélative de la conscience qui sans cesse se réfléchit, se met en miroir, s'ouvre à son devenir ou à son passé. La trame certes est lieu de croisements mais elle est aussi réduction des croisements dans la possibilité de l'unité synthétique du vécu. Nous ne sommes pas âne de Buridan, mais bien conscience de soi.
Alors qu'est-ce que suppose Jauffret et qui le conduit à une certaine forme d'erreur : ce qu'il appelle sens, n'est plus le sens que pose pour leur existence les individus. Comme l'énonçait il y a de cela déjà presque 30 ans Lyotard, le sens n'est plus celui de méta-récit (la culture, la vérité, la politique, la société, la famille, l'école), mais il est fragmenté en d'infinis micro-sens que l'individu trouve ou produit, dans lesquels il s'insère ou bien dans lesquels on l'insère.
Jauffret parle en moderne, or nous sommes dans une ère post-moderne où la conscience constitue sa propre vérité de vécu.
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