Dernière journée de surveillances des concours d'entrée, aucun problème à signaler. La prise de notes m'a mené dans une direction imprévue — attention. Dans un moment où je somnolais, j'ai eu clairement la sensation d'être traversé par des images d'œuvres littéraires qui devenaient des personnages de langage... Pas les vraies figures des auteurs aperçues ici ou là, non, vraiment des images d'œuvres dans mon souvenir, faites de ton, de rythme, de poids de personnages, de thématiques, d'époques, le tout en bouillie fulgurante sans queue ni tête, du Deguy, du Sollers et du Butor, de l'Angot aussi, et d'autres inidentifiables — en quelques secondes... Du coup, halluciné, j'ai dégainé mon carnet et gratté.
Puis revu, remixé durant des cents pas. Et mis au net dans cette combinatoire maintenant. Attention, il est encore temps de quitter cette page...

Je somnolais tout deguysé
Ma tête bergounioulée s'emmichonnait
Dans l'émazure gracquée d'une porte-fenêtre
J'avais maldorormi dans un canapé flaubertible
Rimbaudant un verre de simonade
Mon bon esprit s'échenozait
Je me sentais parti en volodinade
Je faillis bien m'eschonnicquer salvayrement
Plus d'air dans les jarrynes — c'était cendrarsant
Des idées beckettes se vestraient dans le chevillardage
Méensi, massérament désarrauté, j'étais au paillardi
De durassiques angotements me robbegrillaient
Beau de l'air de rien, vers une fin butorable
Sur des pentes moïées...

J'avais prévenu...

Pour Cendrars, c'était — Merci à Grapheus Tis qui le notulait... — ce matin la dernière diffusion, par le canal des Sentiers de la création, des 13 entretiens de 1950 compilés en 4h30 ! Et j'ai bien réussi, de justesse, l'enregistrement (sur deux ordinateurs pour plus de sûreté). Je viens de m'en écouter 1h30 exquise de liberté de ton, de pieds de nez institutionnels, de refus des castes et des recettes, et de petits et grands règlements de comptes.
(Si quelqu'un est intéressé, qu'il le dise, je mets en ligne temporairement avec un lien, on télécharge et puis c'est marre...) Tiens ! Quand j'irai pas bien, je mettrai ça !
Bizarrement, je retrouve un peu de ce ton drôle, dilettante et désabusé dans les billets de David Foenkinos... On va me dire que je suis fou.

Dans le Mariem's blog, Un j'aime / j'aime pas bien sympathique — et tellement vrai !