L'envie intacte de n'avoir rien (d'autre) à faire
Par Berlol, mardi 13 février 2007 à 23:49 :: General :: #545 :: rss
Je fais court.
Expérience avec une machine qui, pour la première fois, me permet de renouveler mon carnet de banque sans aller à l'agence ni rien demander à personne. J'ai juste à appuyer sur un bouton et à enfiler le carnet achevé. La dernière fois que j'ai changé de carnet, il y a peut-être un an et demi, ça m'avait pris plus d'une heure, vélo + attente + guichet...
Doit-on se plaindre de toutes les améliorations techniques, au prétexte qu'elle font perdre des emplois ? Ou se concentrer sur le meilleur moyen d'accompagner les changements en créant de l'emploi dans de nouveaux secteurs ?
Ou bien cela nous échappe-t-il toujours ? — Alors que l'on prétend maîtriser et modeler la société...
Dans le train, reprise des découpages d'émissions de France Culture (des centaines d'émissions enregistrées sur MD jusqu'en 2002 ou 2003, récemment repiquées des minidiscs dans l'ordinateur et qui doivent être découpées en documents distinctifs...). Des jours sur Rimbaud tout début 2001, et moins d'une semaine après, hélas, une nuit entière en hommage à Louis-René des Forêts. À ce stade du travail, je ne réécoute pas intégralement, bien sûr, mais ça me redonne l'envie intacte de n'avoir rien (d'autre) à faire. Je suis content que cet enthousiasme littéraire, qui fait le sel de ma vie, soit compris et accepté par quelques personnes.
Plus tard. Pour la grâce absolue de quelques secondes a capella... j'ai renoncé à aller écouter une conférence à l'autre bout de la ville (alors que tout était prêt). Les voix me retournent, me rétament. Certaines voix. Et je me dis que ce n'est plus la peine de sortir. Que personne n'arrivera plus à rien avec moi après ça.
Sauf Taddeï (d'hier soir), bien sûr ! Une première partie sur Molière point trop polémique, axée sur la jubilation théâtrale et les messages pour aujourd'hui. Une deuxième partie sur le (dé)couplage génie et folie, assez intéressante (Van Gogh, Artaud, Camille Claudel, un peu toujours les mêmes, mais qui, justement, n'étaient pas si fous — ils souffraient surtout). Accueillant surtout — il faut voir l'émission au moins pour cela — un Mathieu Dessertine jouant en profondeur quelques minutes d'Une Saison en enfer... (Que je regrette bien de ne pas pouvoir voir.)
Proposer cela, thèmes, performances, discussions longues et argumentées à la télévision française il y a encore six mois, on aurait dit que c'était impossible. Il y a trois mois, on pronostiquait la disparition de Ce soir ou Jamais avant les fêtes de fin d'année. Et aujourd'hui ? Ça roule plus que jamais ! On dirait même que Frédéric Taddeï lit le JLR ! (Si c'est le cas, je le salue !) En effet, il a réintroduit les différents formats de discussion (à 4, à 9, à 2) en se déplaçant sur le plateau...
Je salue également la justesse de tout le billet de Patrick Bazin, qui a vu comme moi l'émission de mercredi dernier, celle que j'appelais la nullissime. Et pas seulement parce qu'il y avait Sollers... C'est surtout ce qu'il dit tranquillement du livre, de l'âge du livre, que je trouve juste, à envisager calmement.
Expérience avec une machine qui, pour la première fois, me permet de renouveler mon carnet de banque sans aller à l'agence ni rien demander à personne. J'ai juste à appuyer sur un bouton et à enfiler le carnet achevé. La dernière fois que j'ai changé de carnet, il y a peut-être un an et demi, ça m'avait pris plus d'une heure, vélo + attente + guichet...
Doit-on se plaindre de toutes les améliorations techniques, au prétexte qu'elle font perdre des emplois ? Ou se concentrer sur le meilleur moyen d'accompagner les changements en créant de l'emploi dans de nouveaux secteurs ?
Ou bien cela nous échappe-t-il toujours ? — Alors que l'on prétend maîtriser et modeler la société...
Dans le train, reprise des découpages d'émissions de France Culture (des centaines d'émissions enregistrées sur MD jusqu'en 2002 ou 2003, récemment repiquées des minidiscs dans l'ordinateur et qui doivent être découpées en documents distinctifs...). Des jours sur Rimbaud tout début 2001, et moins d'une semaine après, hélas, une nuit entière en hommage à Louis-René des Forêts. À ce stade du travail, je ne réécoute pas intégralement, bien sûr, mais ça me redonne l'envie intacte de n'avoir rien (d'autre) à faire. Je suis content que cet enthousiasme littéraire, qui fait le sel de ma vie, soit compris et accepté par quelques personnes.
Plus tard. Pour la grâce absolue de quelques secondes a capella... j'ai renoncé à aller écouter une conférence à l'autre bout de la ville (alors que tout était prêt). Les voix me retournent, me rétament. Certaines voix. Et je me dis que ce n'est plus la peine de sortir. Que personne n'arrivera plus à rien avec moi après ça.
Sauf Taddeï (d'hier soir), bien sûr ! Une première partie sur Molière point trop polémique, axée sur la jubilation théâtrale et les messages pour aujourd'hui. Une deuxième partie sur le (dé)couplage génie et folie, assez intéressante (Van Gogh, Artaud, Camille Claudel, un peu toujours les mêmes, mais qui, justement, n'étaient pas si fous — ils souffraient surtout). Accueillant surtout — il faut voir l'émission au moins pour cela — un Mathieu Dessertine jouant en profondeur quelques minutes d'Une Saison en enfer... (Que je regrette bien de ne pas pouvoir voir.)
Proposer cela, thèmes, performances, discussions longues et argumentées à la télévision française il y a encore six mois, on aurait dit que c'était impossible. Il y a trois mois, on pronostiquait la disparition de Ce soir ou Jamais avant les fêtes de fin d'année. Et aujourd'hui ? Ça roule plus que jamais ! On dirait même que Frédéric Taddeï lit le JLR ! (Si c'est le cas, je le salue !) En effet, il a réintroduit les différents formats de discussion (à 4, à 9, à 2) en se déplaçant sur le plateau...
Je salue également la justesse de tout le billet de Patrick Bazin, qui a vu comme moi l'émission de mercredi dernier, celle que j'appelais la nullissime. Et pas seulement parce qu'il y avait Sollers... C'est surtout ce qu'il dit tranquillement du livre, de l'âge du livre, que je trouve juste, à envisager calmement.
Commentaires
1. Le mardi 13 février 2007 à 09:43, par alain :
Merci pour la grâce.
Tant de souvenirs brusquement dans la voix de Véronique Sanson.
Merci.
2. Le mardi 13 février 2007 à 16:07, par christine :
je ne sais pas si Taddéï lit ton blog, mais je trouve qu'il traite la blogosphère un peu à la légère (10 minutes ce soir sur l'influence des blogs sur la politique, avant le journal et de passer aux choses sérieuses dans la deuxième partie, et avec Alexandre Jardin, en ligne depuis 8 jours) ... mais c'est peut-être (sans doute) par dépit de ne pouvoir t'inviter parce que tu es trop loin
3. Le mercredi 14 février 2007 à 07:53, par Philippe De Jonckheere :
P, tu auras remarquer que Louis-René des Forêts nous a quittés dans une nuit du 27 au 28 décembre.
Amicalement
Phil
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