Matinée calme ici tandis que sur un minuscule îlot artificiel deux collègues et trente étudiants galèrent pour quitter terre quand les vents ne leur sont pas propices. Ainsi le départ du groupe pour Orléans est passé de 10 heures à 19 heures, pour revenir à 17h45 — heure à laquelle, je crois, ils ont finalement décollé. Les attendra-t-on encore à Roissy pour les emporter jusqu'à la Loire et leurs familles d'accueil ?
[Oui, puis-je répondre le lendemain, en ajoutant cette spéciale dédicace pour David qui vient de voir Aznavour dans sa dernière tournée au Japon...]

Je voulais mettre en ligne la conférence de Benjamin Stora d'hier soir mais un bruit parasite rend l'enregistrement pénible à écouter — alors que le propos est de très grande qualité. En effet, j'avais posé l'appareil sur une partie de mon manteau alors qu'il était attaché autour de mon cou. Et le minuscule déplacement de l'appareil sur le tissu, quand je respirais, a été enregistré sous forme d'un craquement régulier. J'ai joint Manu pour lui demander s'il connaissait un logiciel capable de nettoyer cela — un peu comme pour numériser les vieux vynils... Il m'a conseillé Audacity, que j'ai téléchargé et installé. Mais pas encore eu le temps de voir si ce que je veux faire est possible... Si j'arrive à quelque chose d'audible, je le mettrai en ligne ultérieurement.

On s'est d'ailleurs retrouvé au restaurant de Kanda, exceptionnellement un jeudi (sortie d'où j'ai ramené quelques photos), pour continuer sur ce sujet. Et d'autres, plus personnels.
Ou sur l'explosion de la haine dans les commentaires...
Au fond, ce sont des gens qui veulent nuire parce qu'ils souffrent, sans s'en rendre compte, car trop fiers ou trop malades pour se l'avouer. Mais leur propre temps de vie passé à insulter, attaquer, s'inventer des positions qui ne tiennent pas debout, leur constance dans une haine qu'ils ont fixée sur des riens, ainsi que les ressources langagières et technologiques qu'ils sont capables de mettre en œuvre, tout cela est plus parlant que leur prétendue défense d'une absolue liberté d'expression. Le plus pathétique, c'est, je crois, leur tentative réitérée d'attirer d'autres lecteurs dans leur camp. Et puis, comme ça ne marche pas, de se mettre à impliquer tout le monde dans leurs invectives — comme dans deux commentaires que j'ai retirés, copie de mémoire l'un de l'autre à plus d'une heure de distance (ce qui en dit long aussi...).

Mais d'où vient toute cette haine ? D'où tout ce discord ?
D'en bas, toujours d'en bas, comme je le suggérais déjà dans Je rentre à la meschon. De broutilles, de ressentiments malsains, de minuscules vexations, probablement pas originaires de mes pages, d'ailleurs (ce serait me donner beaucoup d'importance que de le croire), mais qui y trouvent un terreau, un cocon, nonobstant le fait que le même haineux peut aller semer ses graines dans différents lieux virtuels, et ainsi se vautrer, se repaître de sa fange multilocale.
M'a fait repenser à cette chanson des Rita Mitsouko qui disait, à propos de la haine, « Faut bien qu'on la mette quelque part ! » ou « Faut qu'elle se répande »...
Terreau, cocon, disais-je, parce qu'ici Y'a d'la joie ?... Pas si sûr.
Voilà en tout cas l'image que je me fais de ces personnes qui réclament la tolérance maximale alors que leur parole véhicule une forme de terreur visant à faire taire — ce dont ils se défendent en répondant qu'il est possible de leur répondre sur le même ton, à la même hauteur... Or c'est justement ce que je ne veux pas. Je n'entre pas dans le jeu de la haine... parce que je n'en ressens pas, que je ne veux pas mettre mon doigt dans l'engrenage du ressentiment.
« Promène-toi comme un jasmin au milieu de tous ! » (Giono) n'est pas ma devise par hasard !

Étant en retard d'une demi-heure, nous renonçons, T. et moi, à voir La Bataille d'Alger (Pontecorvo, 1966) à l'Institut. Rentrés à la maison, nous partons à l'aventure, en dévédés mais comme des lecteurs du XIXe siècle qui auraient accumulé plusieurs semaines de journaux pour lire d'un coup tout le feuilleton...
Pendant que les nouveaux maîtres de l'abri devenaient esclaves d'un ordinateur vieux de près de trente ans sur lequel il fallait appuyer toutes les 108 minutes, j'appuyais moi aussi, durant six épisodes, sur les touches d'un ordinateur pour contrôler les remontées de bile de la Rome antique. Le parallèle m'a beaucoup amusé et j'ai ramassé pas mal d'informations sur le forcené.

Allez ! — (pendant ce temps) — Le Tigre, un nouveau tour de piste !