Les isotopies perforent les diégèses
Par Berlol, mercredi 21 février 2007 à 23:54 :: General :: #554 :: rss
Commençons par nous amuser avec quelques brèves
de campagne de l'Acrimed (c'est pas tous les jours qu'on y rigole...).
Méthodologie èmpétroite.
Parmi les propositions du Web 2.0, je viens d'établir à mon usage une nouvelle chaîne de récupération d'émissions radio, plus rapide. On sait (ou pas, peu importe) que j'enregistre depuis des années des émissions de France Culture à partir du site internet de la station avec le logiciel Total Recorder, ce qui me permet d'obtenir par exemple une version mp3 d'un Du Jour au lendemain qui pèse dans les 9 Mo. J'ai récemment testé le site Podemus, auquel je me suis inscrit. Il me signale les nouveaux podcasts des émissions sélectionnées dans mon profil (paramétrable un peu comme Netvibes), dont Du Jour au lendemain (DJAL), via le fil RSS que récupère ma page Bloglines. Cela m'évite en particulier d'utiliser l'usine I-Tunes... Cliquant donc de la page Bloglines pour ouvrir la page Podemus, je peux télécharger directement, en une trentaine de secondes, le DJAL d'hier soir, avec Jean-Luc Nancy, qui pèse quand même 37 Mo (en stéréo, 128 kBit/s, 48000 Hz — de la folie, des conditions de grande musique en auditorium, qu'aucun de nos appareils courants ne restitue). Il ne me reste ensuite qu'à ouvrir ce document avec Total Recorder, à vérifier que c'est ce qui est prévu, que c'est audible et à le sauver avec un nom bien de chez moi en descendant ces paramètres à mono, 32 kBit/s et 24000 Hz, ce qui est amplement suffisant pour une excellente qualité sonore. Après trente secondes de conversion, je récupère un DJAL de 9 Mo. J'ai gagné plus de 30 minutes et je peux l'écouter quand je veux, le copier dans mon baladeur, etc. Voili voilou...
Et après ça, j'ai tout mon temps pour écouter — au casque, s'il vous plaît — l'Autofictionnons de Radio Campus Paris. Ça fait trois semaines que je l'ai trouvée, cette radio, et ça me ramène au temps des radios libres, quand des gens proposaient de la vraie musique nouvelle, et pas un bombardement promotionnel. Une ambiance Voix du lézard, pour ceux à qui ça dit quelque chose. C'est peut-être pour ça que je me suis fait couper les cheveux plus courts... Va savoir.
Quelqu'un du service du personnel, un fonctionnaire des impôts, un
employé de la mairie d'arrondissement, un collègue qui se porte
garant, mon épouse, et des agents municipaux de l'immigration, c'est
tous ces gens-là qu'il faut que je dérange ces jours-ci pour
établir mon dossier de renouvellement de visa, avec demande de conversion
en visa permanent.
Retourné vers onze heures au bâtiment où j'avais fait établir mon précédent visa, il y a trois ans, je me suis retrouvé le bec dans l'eau. Ils ont déménagé depuis deux ans et demi ! On me donne un plan, on m'explique gentiment. Comme il y a du soleil, j'y vais à pied, longeant le parc du château. Je suis obligé de retirer mon écharpe. Puis, deux cents mètres plus loin, d'ouvrir ma veste. J'arrive au nouvel Immigration Bureau vers 11h40, chaleur torride dans le hall d'attente, bondé. Je demande les documents dont j'ai besoin — pas besoin de faire la queue pour cela — et je m'éclipse. Je reviendrai déposer mon dossier un autre jour, quand j'aurai les pièces fournies par les personnes à déranger...
Jusque là tout va bien.
Dans le métro, j'avance considérablement Pique-nique dans ma tête. Ne suis pas loin du dessert... Cependant, je ne peux plus décemment expliquer ce qui s'y passe. Les lecteurs que mes commentaires et les réactions de JFP attireront seraient privés du plaisir de la découverte par soi-même. Tout ce que je peux dire, c'est que le soleil, il a tapé, que les isotopies perforent les diégèses... Et que ça vaut vraiment le coup.
J'y reviendrai peut-être, mais sans rien dévoiler.
De retour au bureau après quelques courses en ville et un rapide déjeuner, ayant expédié quelques tâches courantes, j'ai pu rouvrir le livre entamé hier. (Je lis souvent plusieurs livres, très différents, qui n'avancent pas au même rythme, pour des raisons que j'ignore.)
Je ne sais rien d'un homme quand je sais qu'il s'appelle jacques, que Laure Limongi a publié en 2004 chez Al Dante est un livre étrange, sans doute du genre que MM. Todorov & Picard ne voient pas dans le paysage littéraire. Leurs yeux ne discriminent pas cela parmi les forêts environnantes. Mais d'autres yeux l'ont vu et bien vu, déjà longtemps avant moi.
Ce qui tout de suite m'entraîne, c'est la brillance excitante du mot constellation. Mot que j'ai aimé en étudiant un peu de sciences, que j'ai retrouvé chez des poètes, puis passionnément dans des peintures de Joan Miró que Claude Simon couronnait du texte Femmes (alias La Chevelure de Bérénice), mot que je me plais encore à employer pour qualifier nos réticulations conniventes, à quelques-uns.
« Une constellation est un système. Une constellation est un groupe. La cohérence n'y est pas une notion majeure. D'ailleurs ni majeur ni mineur. Juste des tonalités intermédiaires. Composition à aggraver. Une constellation est un système. Parfois dilatoire. Elle peut s'inscrire dans un alphabet ou un bestiaire. Peu importe le conditionnement, le flacon. Ce qui compte, c'est l'incrustation.
Une constellation est une mélodie. Fragmentée. Démembrée. Sans accords évidents. Aux refrains incertains. Chaque espace en mesure cadencée par ses lois propres. Au total, ça fera bien une symphonie. Un alphabet ou un bestiaire. Une palette retranchée. Ou comment travailler avec et contre le fil de l'eau, le vent, le bleu du ciel. [...] »
(Laure Limongi, Je ne sais rien d'un homme quand je sais qu'il s'appelle jacques, Éd. Al Dante, 2004, p. 5)
Et aujourd'hui même, dans son blog, elle écrit :
« Les Babyloniens décrivaient la constellation comme composée de deux poissons poussant un œuf géant.»
Méthodologie èmpétroite.
Parmi les propositions du Web 2.0, je viens d'établir à mon usage une nouvelle chaîne de récupération d'émissions radio, plus rapide. On sait (ou pas, peu importe) que j'enregistre depuis des années des émissions de France Culture à partir du site internet de la station avec le logiciel Total Recorder, ce qui me permet d'obtenir par exemple une version mp3 d'un Du Jour au lendemain qui pèse dans les 9 Mo. J'ai récemment testé le site Podemus, auquel je me suis inscrit. Il me signale les nouveaux podcasts des émissions sélectionnées dans mon profil (paramétrable un peu comme Netvibes), dont Du Jour au lendemain (DJAL), via le fil RSS que récupère ma page Bloglines. Cela m'évite en particulier d'utiliser l'usine I-Tunes... Cliquant donc de la page Bloglines pour ouvrir la page Podemus, je peux télécharger directement, en une trentaine de secondes, le DJAL d'hier soir, avec Jean-Luc Nancy, qui pèse quand même 37 Mo (en stéréo, 128 kBit/s, 48000 Hz — de la folie, des conditions de grande musique en auditorium, qu'aucun de nos appareils courants ne restitue). Il ne me reste ensuite qu'à ouvrir ce document avec Total Recorder, à vérifier que c'est ce qui est prévu, que c'est audible et à le sauver avec un nom bien de chez moi en descendant ces paramètres à mono, 32 kBit/s et 24000 Hz, ce qui est amplement suffisant pour une excellente qualité sonore. Après trente secondes de conversion, je récupère un DJAL de 9 Mo. J'ai gagné plus de 30 minutes et je peux l'écouter quand je veux, le copier dans mon baladeur, etc. Voili voilou...
Et après ça, j'ai tout mon temps pour écouter — au casque, s'il vous plaît — l'Autofictionnons de Radio Campus Paris. Ça fait trois semaines que je l'ai trouvée, cette radio, et ça me ramène au temps des radios libres, quand des gens proposaient de la vraie musique nouvelle, et pas un bombardement promotionnel. Une ambiance Voix du lézard, pour ceux à qui ça dit quelque chose. C'est peut-être pour ça que je me suis fait couper les cheveux plus courts... Va savoir.
Quelqu'un du service du personnel, un fonctionnaire des impôts, un
employé de la mairie d'arrondissement, un collègue qui se porte
garant, mon épouse, et des agents municipaux de l'immigration, c'est
tous ces gens-là qu'il faut que je dérange ces jours-ci pour
établir mon dossier de renouvellement de visa, avec demande de conversion
en visa permanent.Retourné vers onze heures au bâtiment où j'avais fait établir mon précédent visa, il y a trois ans, je me suis retrouvé le bec dans l'eau. Ils ont déménagé depuis deux ans et demi ! On me donne un plan, on m'explique gentiment. Comme il y a du soleil, j'y vais à pied, longeant le parc du château. Je suis obligé de retirer mon écharpe. Puis, deux cents mètres plus loin, d'ouvrir ma veste. J'arrive au nouvel Immigration Bureau vers 11h40, chaleur torride dans le hall d'attente, bondé. Je demande les documents dont j'ai besoin — pas besoin de faire la queue pour cela — et je m'éclipse. Je reviendrai déposer mon dossier un autre jour, quand j'aurai les pièces fournies par les personnes à déranger...
Jusque là tout va bien.
Dans le métro, j'avance considérablement Pique-nique dans ma tête. Ne suis pas loin du dessert... Cependant, je ne peux plus décemment expliquer ce qui s'y passe. Les lecteurs que mes commentaires et les réactions de JFP attireront seraient privés du plaisir de la découverte par soi-même. Tout ce que je peux dire, c'est que le soleil, il a tapé, que les isotopies perforent les diégèses... Et que ça vaut vraiment le coup.
J'y reviendrai peut-être, mais sans rien dévoiler.
De retour au bureau après quelques courses en ville et un rapide déjeuner, ayant expédié quelques tâches courantes, j'ai pu rouvrir le livre entamé hier. (Je lis souvent plusieurs livres, très différents, qui n'avancent pas au même rythme, pour des raisons que j'ignore.)
Je ne sais rien d'un homme quand je sais qu'il s'appelle jacques, que Laure Limongi a publié en 2004 chez Al Dante est un livre étrange, sans doute du genre que MM. Todorov & Picard ne voient pas dans le paysage littéraire. Leurs yeux ne discriminent pas cela parmi les forêts environnantes. Mais d'autres yeux l'ont vu et bien vu, déjà longtemps avant moi.
Ce qui tout de suite m'entraîne, c'est la brillance excitante du mot constellation. Mot que j'ai aimé en étudiant un peu de sciences, que j'ai retrouvé chez des poètes, puis passionnément dans des peintures de Joan Miró que Claude Simon couronnait du texte Femmes (alias La Chevelure de Bérénice), mot que je me plais encore à employer pour qualifier nos réticulations conniventes, à quelques-uns.
« Une constellation est un système. Une constellation est un groupe. La cohérence n'y est pas une notion majeure. D'ailleurs ni majeur ni mineur. Juste des tonalités intermédiaires. Composition à aggraver. Une constellation est un système. Parfois dilatoire. Elle peut s'inscrire dans un alphabet ou un bestiaire. Peu importe le conditionnement, le flacon. Ce qui compte, c'est l'incrustation.
Une constellation est une mélodie. Fragmentée. Démembrée. Sans accords évidents. Aux refrains incertains. Chaque espace en mesure cadencée par ses lois propres. Au total, ça fera bien une symphonie. Un alphabet ou un bestiaire. Une palette retranchée. Ou comment travailler avec et contre le fil de l'eau, le vent, le bleu du ciel. [...] »
(Laure Limongi, Je ne sais rien d'un homme quand je sais qu'il s'appelle jacques, Éd. Al Dante, 2004, p. 5)
Et aujourd'hui même, dans son blog, elle écrit :
« Les Babyloniens décrivaient la constellation comme composée de deux poissons poussant un œuf géant.»
Commentaires
1. Le mercredi 21 février 2007 à 17:26, par Lionel Dersot :
Franchement, à postériori, l'obtention du visa permanent n'est qu'une formalité avec son cortège de paperasses, de questions jugées stupides ou au bord de l'indécence - il y a des formules toutes faites langue de bois pour y répondre - et pas de fonctionnaire acâriatre au guichet. Mais bon, on est favorisé côté couleur de peau et passeport d'origine, et tant qu'on n'a tué personne et payé ses impôts, ça n'est juste qu'une procédure. On m'avait annoncé au moins 6 mois d'attente pour la réponse que j'ai reçue un mois après. C'est déjà du passé. Ca ira bien.
2. Le mercredi 21 février 2007 à 20:52, par Berlol :
Merci de tes encouragements. Pas d'angoisse particulière pour l'instant. Juste le dossier à constituer...
3. Le jeudi 22 février 2007 à 02:17, par brigetoun :
pour le coup, j'ai envie de lire Laure Limongi.
Pour les logiciels et les conversions de fichiers cela outrepasse par trop mes possibilités
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