Ce pli n'était pas innocent...
Par Berlol, jeudi 22 février 2007 à 17:50 :: General :: #555 :: rss
Thé au jasmin contre léger mal de tête. Ça
passe.
Au centre de sport pour remettre ça à sa place. Et finir
en beauté en quarante transpirantes minutes le roman de Jean-François
Paillard.
« Mort-né ? Je considère ce pli sur le drap du lit. Je pense à cette ville. À cette ville entière qui a fini par pousser dans ma tête. Une ville monstre. Une ville quadrillée de parois de cinq mètres de haut qui jaillissaient sans cesse du sol pour me couper en deux : s'acharner ou laisser tomber ? révéler ou enfouir ? dire ou ne pas dire ? Soudain, j'ai comme un déclic. Je dis : D'accord. Je dis : Tu as raison, j'arrête. Je dis : Je laisse tomber. Et une grande sérénité se fait en moi. Ma femme se lève : Allez viens. Viens, me dit-elle. Elle pose sa main sur ma main : Viens te préparer. On va finir par être en retard chez Christian et Sophie » (Pique-nique dans ma tête, p. 218-219)
C'est marrant mais il y a deux semaines j'avais tout de suite pensé que ce pli n'était pas innocent... Qu'il était même structurant. Or le fait d'avoir repéré cela n'a pas enrayé mon plaisir de lire, ne m'a aucunement privé des surprises de l'intrigue. Bien au contraire, ayant pris ce pli pour ce qu'il était, une mise en abyme des possibles narratifs, j'étais en éveil pour les voir advenir, ces possibles.
Et maintenant désolé — tant c'était bien — que ce soit fini.
Après déjeuner, soleil et plus de 15 °C, je vais en (vrai) vélo à la mairie d'arrondissement pour des pièces à apporter au dossier de visa permanent (certificat de résidence et relevés d'imposition) — obtenues en moins de dix minutes.
Retour et affaires courantes jusqu'au soir.
Bonne nouvelle par courriel, de source officielle, aujourd'hui, pour les Français travaillant au Japon :
« La prise en compte coordonnée des périodes d'assurance effectuées dans les deux Etats est l’une des principales avancées de l’accord en ce qui concerne l’assurance vieillesse. En effet, alors que le droit à pension est acquis auprès du régime français dès le premier trimestre cotisé, il suppose au Japon une durée de cotisation minimale de 25 ans, à défaut de laquelle l’intéressé ne perçoit qu’un capital forfaitaire de montant réduit. L'accord permettra donc aux ressortissants français de réunir plus facilement la condition de durée d'assurance de 25 ans exigée par le régime japonais, grâce à la comptabilisation des périodes d'assurance effectuées en France pour l'ouverture des droits, la prestation versée par le régime japonais, selon les règles de la législation japonaise, étant ensuite ramenée à une prestation prorata temporis correspondant aux périodes prises en compte et rémunérées par le seul régime japonais. Ce droit à une pension de retraite à la charge d'un régime japonais ne privera d’ailleurs pas l'assuré de ses droits à pension de retraite à la charge d'un régime français. Les périodes d'assurance seront de la même façon totalisée par le régime français, le montant de la pension lui-même ne correspondant qu’aux seules périodes validées par le régime français.»
Ce qui signifie que les années durant lesquelles j'ai travaillé et cotisé en France avant de venir au Japon pourront compter dans mon total de 25 ans, ce qui réduit d'autant les années qui me restent à faire pour avoir simplement, au Japon, le droit à une retraite (dont le montant dépendra ensuite de ce que j'aurai cotisé au total, si je comprends bien).
Il avait déjà été question de cette convention, quand elle était en préparation, le 4 février 2004 (c'est sur la longueur qu'on voit l'intérêt de tenir un journal).
Au centre de sport pour remettre ça à sa place. Et finir
en beauté en quarante transpirantes minutes le roman de Jean-François
Paillard.« Mort-né ? Je considère ce pli sur le drap du lit. Je pense à cette ville. À cette ville entière qui a fini par pousser dans ma tête. Une ville monstre. Une ville quadrillée de parois de cinq mètres de haut qui jaillissaient sans cesse du sol pour me couper en deux : s'acharner ou laisser tomber ? révéler ou enfouir ? dire ou ne pas dire ? Soudain, j'ai comme un déclic. Je dis : D'accord. Je dis : Tu as raison, j'arrête. Je dis : Je laisse tomber. Et une grande sérénité se fait en moi. Ma femme se lève : Allez viens. Viens, me dit-elle. Elle pose sa main sur ma main : Viens te préparer. On va finir par être en retard chez Christian et Sophie » (Pique-nique dans ma tête, p. 218-219)
C'est marrant mais il y a deux semaines j'avais tout de suite pensé que ce pli n'était pas innocent... Qu'il était même structurant. Or le fait d'avoir repéré cela n'a pas enrayé mon plaisir de lire, ne m'a aucunement privé des surprises de l'intrigue. Bien au contraire, ayant pris ce pli pour ce qu'il était, une mise en abyme des possibles narratifs, j'étais en éveil pour les voir advenir, ces possibles.
Et maintenant désolé — tant c'était bien — que ce soit fini.
Après déjeuner, soleil et plus de 15 °C, je vais en (vrai) vélo à la mairie d'arrondissement pour des pièces à apporter au dossier de visa permanent (certificat de résidence et relevés d'imposition) — obtenues en moins de dix minutes.
Retour et affaires courantes jusqu'au soir.
Bonne nouvelle par courriel, de source officielle, aujourd'hui, pour les Français travaillant au Japon :
« La prise en compte coordonnée des périodes d'assurance effectuées dans les deux Etats est l’une des principales avancées de l’accord en ce qui concerne l’assurance vieillesse. En effet, alors que le droit à pension est acquis auprès du régime français dès le premier trimestre cotisé, il suppose au Japon une durée de cotisation minimale de 25 ans, à défaut de laquelle l’intéressé ne perçoit qu’un capital forfaitaire de montant réduit. L'accord permettra donc aux ressortissants français de réunir plus facilement la condition de durée d'assurance de 25 ans exigée par le régime japonais, grâce à la comptabilisation des périodes d'assurance effectuées en France pour l'ouverture des droits, la prestation versée par le régime japonais, selon les règles de la législation japonaise, étant ensuite ramenée à une prestation prorata temporis correspondant aux périodes prises en compte et rémunérées par le seul régime japonais. Ce droit à une pension de retraite à la charge d'un régime japonais ne privera d’ailleurs pas l'assuré de ses droits à pension de retraite à la charge d'un régime français. Les périodes d'assurance seront de la même façon totalisée par le régime français, le montant de la pension lui-même ne correspondant qu’aux seules périodes validées par le régime français.»
Ce qui signifie que les années durant lesquelles j'ai travaillé et cotisé en France avant de venir au Japon pourront compter dans mon total de 25 ans, ce qui réduit d'autant les années qui me restent à faire pour avoir simplement, au Japon, le droit à une retraite (dont le montant dépendra ensuite de ce que j'aurai cotisé au total, si je comprends bien).
Il avait déjà été question de cette convention, quand elle était en préparation, le 4 février 2004 (c'est sur la longueur qu'on voit l'intérêt de tenir un journal).
Commentaires
1. Le jeudi 22 février 2007 à 08:36, par jenbamin :
au rayon émissions France Cul : la deuxième partie du "Tout arrive" de ce midi n'était pas mal du tout, voire bien (comme quoi, tout arrive !), avec Olivier Cadiot et Philippe Forest (Forrest ?) comme invités. Quant à la première partie, au sujet du "livre" (encore lui !) à l'ère du numérique, no comment.
2. Le jeudi 22 février 2007 à 15:45, par Berlol :
Merci, j'y vais tout de suite !
3. Le vendredi 23 février 2007 à 00:29, par jfp :
Merci pour cette lecture attentive et bienveillante... La suite donc (si j'arrive au bout, si le Rouergue accepte - Sylvie gracia, qui dirige la collection "La Brune" et Danielle Dastugue, directrice du Rouergue, que je remercie ici, car au fond, sans elles, j'aurais sûrement abandonné cette absurde idée d'écrire des romans - et si l'édition permet encore cela) d'ici deux trois ans sans doute...
4. Le vendredi 23 février 2007 à 00:45, par brigetoun :
mais moi qui ne l'ai pas lu, si je le fais, ce dont j'ai très envie, je pense que je vais attendre les passages surlignés par Berlol et chercher s'ils déclenchent en moi les mêmes réactions. Souvent agréable d'ailleurs cette façon de lire
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